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Trail. C’est « inespéré » : le Breton Rémi Gillie signe une magnifique performance au Chianti ultra en Italie... |
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Rémi Gillie à l’arrivée samedi de la Chianti ultra en Italie. © Rémi Gillie
Rémi Gillie, ultra-traileur installé à Plouër-sur-Rance, dans les Côtes-d’Armor, s’est une nouvelle fois distingué ce week-end en prenant la 7e place de la Chianti ultra, en Italie. Une performance d’autant plus remarquable qu’il a connu une préparation tronquée.
Rémi Gillie n’avait pas beaucoup de certitudes avant le départ du Chianti Ultra, samedi en Italie. Et pourtant, deux jours après sa 7e place, le traileur de Plouër-sur-Rance (Côtes d’Amor) savoure une performance inespérée
, arrachée au mental plus qu’avec les jambes.
Aligné sur les 120 km (5 200 m de dénivelé), le Costarmoricain termine à 1 h 20 du vainqueur Thomas Cardin, auteur d’un chrono impressionnant en 9 h 58’ 38’’. Je n’étais même pas sûr de finir
, confie-t-il. J’avais une blessure au genou et j’ai connu une préparation très perturbée.
« Une autre souffrance »
Privé de course à pied pendant plusieurs semaines, l’ergothérapeute de 39 ans a compensé par du vélo. J’ai serré les dents assez tôt. À mi-course, j’ai trouvé un rythme que je pouvais tenir malgré la douleur, et je m’y suis accroché jusqu’au bout.
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Sur un parcours assez roulant - il termine avec une moyenne de 10,6 km/h -, loin des sentiers techniques de la Diagonale des Fous, l’effort est différent, mais tout aussi exigeant. On court tout le temps, ou presque. Les descentes se font à fond, donc, musculairement, c’est très sollicitant. Et mentalement, c’est usant : on n’est jamais seul, il faut toujours rester dans l’allure.
Habitué aux profils plus cassants, le Breton découvre une autre forme de difficulté. Techniquement, c’est moins dur qu’une Diagonale, mais c’est une autre souffrance. Il n’y a pas de répit. Dès qu’on ralentit, on le paye immédiatement.
Au-delà du classement, cette 7e place valide aussi sa progression. J’ai le sentiment d’avoir franchi un cap depuis l’an dernier. Là, même sans avoir les jambes de rêve, j’arrive à maintenir un certain niveau. C’est vraiment encourageant pour la suite.
D’autant que Gillie compose avec un statut d’amateur, jonglant entre son métier et des semaines d’entraînement oscillant entre 8 et 12 heures.
La suite de sa saison est déjà bien définie. Le Costarmoricain vise deux courses : le Val d’Aran en juillet, avant un retour attendu sur les sentiers réunionnais. En octobre, il retrouvera la Diagonale des Fous, où il avait déjà pris une remarquable 7e place en 2025. J’aimerais prendre plus de plaisir cette fois car j’ai fini dans le dur l’année dernière. Cette fois, je veux être acteur du début à la fin.
S’il y parvient, une bonne surprise l’attend peut-être au bout des 180 km.