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Segré. Une famille algérienne sur le point d’être expulsée... |
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Samedi 11 mai à Segré, une manifestation de soutien à trois familles menacées d’expulsion, dont une famille algérienne, avait rassemblé des habitants et des élus sur le parvis de l’Hôtel de Ville. © Photo Archives CO – Marie-Hélène MORON
L’étau se resserre autour de la famille algérienne déboutée du droit d’asile et qui vit à Segré depuis plusieurs années. Des habitants et des professeurs se mobilisent pour éviter les expulsions des parents et de leurs trois enfants.
Le 11 mai, des habitants et des élus manifestaient leur soutien à trois familles étrangères vivant depuis plusieurs années à Segré, déboutées du droit d’asile et menacées d’expulsion. Depuis, la situation s’est dégradée. « La chasse aux migrants est ouverte sur Segré »,
dénonce le Collectif segréen pour la libre circulation des personnes. Il cite la famille tchétchène, en France depuis dix ans, qui sera expulsée début juillet vers la Pologne. La famille kosovare va être expulsée de son logement. « Maintenant, c’est au tour de la famille algérienne »
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« Les enfants apeurés toute la journée »
Arrêté et placé en garde à vue il y a deux semaines, Mohammed, le père, a reçu une « Obligation à quitter le territoire français (OQTF) sans délai ». Depuis, il se cache pour ne pas être expulsé. À sa recherche, des gendarmes se sont présentés à son domicile à Segré, mercredi 12 juin. La maman Malika étant partie faire des courses, les trois enfants n’ont pas ouvert. « Les gendarmes menacent d’enfoncer la porte. Au retour de la mère, ils l’embarquent devant les enfants en les laissant seuls »
, rapporte le collectif. Alae, 14 ans, Naoufel, 12 ans et Mounir, 4 ans, « resteront sans nouvelles, apeurés toute la journée »
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Prise d’un malaise, Malika est emmenée à l’hôpital d’Angers. Le collectif détaille la situation : « Reconnue ayant besoin de soins, les gendarmes la ramènent à Segré où elle subit un interrogatoire sur sa situation administrative »
. Elle est sous le coup d’une OQTF depuis l’an dernier. Libérée à 18 heures, elle est désormais assignée à résidence. Elle doit pointer en gendarmerie chaque jour, et ne doit pas quitter son domicile entre 17 heures et 19 heures.
Selon le collectif, « jamais les gendarmes ne sont intervenus de cette façon à Segré ».
Porte-parole, Roland Briend déplore : « Ils ont été violents inutilement. Ce n’est pas une terroriste »
. Toute la famille « est au bout du rouleau et
peut être expulsée à tout moment ; le père d’un côté et la mère et les enfants de l’autre »
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Arrivée en France en novembre 2014, cette famille espérait faire une demande de régularisation à l’automne prochain. À la suite d’un contrôle routier, le père sans papiers s’était vu signifier le 30 avril une OQTF et était depuis assigné à résidence. C’est désormais toute la famille qui cherche un moyen d’éviter l’expulsion.
Le service social de Segré-en-Anjou-Bleu agit à son niveau pour « ces personnes qui sont installées à Segré » : « Les élus sont toujours attentifs à leur situation »
. Le Collectif segréen pour la libre circulation des personnes devait solliciter une audience auprès de la sous-préfète de Segré Marie-Mauffret-Vallade, et organiser un rassemblement de soutien vendredi 21 juin, à 18 heures. La représentante de l’État nous a indiqué être d’accord « sur le principe d’un rendez-vous […] mais impossible cette semaine »
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