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Saint-Barthélemy-d’Anjou. Jardins d’expression : nos trois coups de cœur... |
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Le jardin « Ma maison d’extérieure » par des étudiants du Centre de formation professionnelle et de promotion agricole du Fresne, de Sainte-Gemmes-sur-Loire. © CO – Laurent COMBET
Durant l’été, découvrez les 18 expressions de jardins concoctés par des étudiants pour le concours « Jardins d’expression » de la communauté urbaine d’Angers, au cœur du domaine de Pignerolle à Saint-Barthélemy-d’Anjou. Le jardin gagnant sera reproduit l’été prochain sur la place du Ralliement à Angers.
+++ Saint-Barthélemy-d’Anjou. Les jardins éphémères de Pignerolle fêtent leur 7e édition
Sans être juré mais simple promeneur, notre regard a été attiré plus spécialement par trois réalisations : Condordia, Ma maison d’extérieure et Le rêve de Gaia.
Concordia, pour une harmonie
« Concordia » est un espace créé par Melting Paysage, association d’étudiants d’Agrocampus Ouest. Pour eux, la ville de demain sera végétalisée avec de nombreuses herbes plus ou moins folles entre les pavés ou sur les bords des trottoirs. Ces étudiants nous demandent de dépasser nos habitudes (sans doute celles des rues immaculées, à coups de désherbant nocif). L’image est là : vous passez deux colonnes d’eau et un portique de bois, sorte de Torii japonais imagé, séparant l’environnement profane (la ville d’hier) et l’enceinte sacrée (le jardin symbole de demain). Vous êtes dans le jardin où nature et humain s’harmonisent, où les plantes se veulent volatiles et légères, donnant cette impression reposante, cette envie de flâner dans un « construit-déconstruit » autour d’un tuyau rouge…
Ma maison d’extérieur, le jardin pièce de vie
Beaucoup plus construit, le jardin « Ma maison d’extérieure » laisse d’autant plus pantois le visiteur. Là, le jardin est comme caché dans une maison qui rejette tout ce qui a fait ces quarante dernières années : le bois de lit et ses tables de nuit, la télé en bakélite, les rideaux brodés aux fenêtres… Tout ce qui doit être oublié, pour ces étudiants du Centre de formation professionnelle et de promotion agricole du Fresne à Sainte-Gemmes-sur-Loire, se trouve en façade de cette maison. Mais une fois passé la porte, vous entrez dans un jardin extraordinaire où le végétal a repris sa liberté, abolissant les contraintes que nous lui avons créées. Le tuffeau et l’ardoise (une belle arrête de mur) se mêlent à l’eau vagabonde, à l’odeur d’humus, à l’impression de sous-bois. Un retour aux sources remarqué : le jardin devient pièce de vie. Il a les atouts des paysages angevins.
Le Réveil de Gaia ou la revanche de la nature
Comme pour les deux précédents, l’idée de la nature qui reprend ses droits est au cœur du Réveil de Gaia, un jardin présenté par un groupe de l’université d’Angers, fac de lettres, langues et sciences humaines. La beauté sculpturale de Gaia vous accueille dès l’entrée de ce sanctuaire. Ses formes généreuses soulignent l’épanouissement des plantes alentour. Les vestiges d’une maison de bois s’offrent en fond de jardin. Son toit de bambou est envahi de plantes tentaculaires. Le visiteur emprunte le cheminement de graviers blancs tels les cailloux versés sur le chemin par le Petit Poucet. Car oui, on doit se sentir humble dans cette nature. Les arbrisseaux sont nombreux. La perspective toujours coupée à bon escient. Les sens sont en éveil.
Ces jardins sont visibles tout l’été dans le potager du château de Pignerolle. Entrée gratuite.