|
Rugby. Un club amateur sanctionné après avoir brûlé son trophée... |
1
Le Bouclier remis au champion d'Auvergne de 2e série. © Capture écran
Après avoir commis le sacrilège suprême en brûlant son bouclier de champion d'Auvergne de 2e série, le club de rugby amateur de Chamalières a été sanctionné.
L'histoire a fait grand bruit, portée par la caisse de résonance des réseaux sociaux. Sans doute trop de bruit, pour une blague de rugbymen en bordée, certes un peu douteuse mais au final pas bien grave.
L'histoire
Après avoir remporté le titre de champion d'Auvergne de 2e série (l'équivalent de la 9e division nationale), le club de Chamalières a fait un barbecue avec le Bouclier, décerné comme trophée.
Dans le milieu de l'ovalie c'est un sacrilège car aussi petite soit la division où le titre a été remporté, un Bouclier à l'image du Brennus remporté par le vainqueur du Top14, s'apparente au Saint Graal. C'est l'objectif de tous rugbymen.
Alors la vision de ce Bouclier à moitié carbonisé a choqué la planète ovale. Le buzz a été énorme, les sites d'infos ont pris le relais. Tous condamnant un peu plus cet acte odieux et barbare.
Une bringue d'anthologie
Sauf que cet emballement est aussi excessif que de brûler le « bout de bois ». Les valeurs du rugby n'ont pas été bafouées comme beaucoup le déplorent.
Sur le site Rugbynistère, un joueur du club explique non sans humour ce qui s'est passé. Une brigue d'anthologie pour fêter le titre, « qui s’est prolongée pour les plus résistants lors d’un dimanche ensoleillé propice à la pétanque et au rosé d’Anjou ».
Le Bouclier avait souffert durant la nuit. « Le trophée n’avait pas fière allure au petit jour. On peut être maladroit quand on est fatigué. Nous savions déjà à ce moment-là qu’il nous faudrait faire refaire le tout, à nos frais, dans la semaine, afin de présenter le bouclier à l’ensemble du club qui fête par ailleurs cette année ses 50 ans. Bouclier cassé, bouclier réparé. L’histoire aurait pu s’en arrêter là. Et, quitte à remplacer l’objet, les joueurs présents ont décidé d’offrir une « belle mort » à ce bout de bois, qui a fini sa première vie dans un barbecue. Jamais les saucisses n’ont eu meilleur goût. Ce n’est pas très intelligent, sûrement très con, mais ça se voulait potache avant tout. » Voilà, cela ne partait donc pas d'une mauvaise intention.
Le club sanctionné
Dans un communiqué, le comité a décidé de prendre des sanctions suite à ce « geste indécent pour une majorité qui ne comprend, ni n'admet qu'on puisse ainsi oublier qu'un bouclier est avant tout le symbole d'un sport qui a comme slogan "école de rugby, école de la vie" [...] et qu'on ne peut pas le traiter comme un déchet ».
Il demande au club de prendre des sanctions en interne et d'assumer les frais liés aux dégâts occasionnés. Vengeur, le comité a aussi décidé que « le nom du club de Chamalières ne sera pas gravé sur la plaque des vainqueurs du bouclier de 2e série des Champions d’Auvergne pour la saison 2015-2016, ni cité dans les publications officielles du Comité. »
Gueule de bois
Une sanction un peu lourde qui ne fait que souffler sur les braises de la polémique sur laquelle les réseaux sociaux ont eu un effet de loupe. Les fêtards l'ont appris à leurs dépens. Aujourd'hui le Bouclier a été réparé par un des joueurs ébéniste, mais les rugbymen et le club de Chamalières ont la gueule de bois.