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Quand la concurrence est rude, il faut savoir s'affirmer... |
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Sacha Clémence a su saisir sa chance en marquant face à Tours, vendredi. © Georges Mesnager
Angers-Sco. Sacha Clémence n'a jamais connu une concurrence aussi forte qu'à Angers-Sco. Il commence à s'y faire, à l'accepter. Son but face à Tours vendredi prouve qu'il est sur la bonne voie pour glaner davantage de temps de jeu.
Les exemples d'Ismaël Keïta et de Charles Diers font foi. À Angers-Sco, un joueur peut avoir le statut de remplaçant ou de réserviste, en raison d'une méforme ou tout simplement parce qu'il est barré par meilleur que lui, puis obtenir quelques semaines plus tard un temps de jeu beaucoup plus conséquent car il a su montrer au staff qu'on pouvait lui faire confiance.
C'est ce qu'espère un joueur comme Sacha Clémence. Dans le dispositif actuel, son poste de prédilection est celui d'attaquant de pointe. Sauf que la place de titulaire est déjà occupée par un certain Jonathan Kodjia, meilleur buteur de L2. « Au début, je ne m'attendais pas à ce qu'il y ait autant de concurrence, reconnaît Sacha Clémence. Jonathan enchaîne les buts, c'est logique que ce soit lui le titulaire en pointe. »
« Je me suis toujours battu »
Sauf absence du goalador, le joueur de 26 ans se retrouve donc à occuper le flanc droit de l'attaque. Son poste à Carquefou. « À mon goût, je défends peut-être un peu trop, explique Sacha Clémence. Ce qui fait que je suis trop bas. Un défaut qu'il faut que je corrige, afin de pouvoir être plus frais pour les courses offensives. » Suffisant pour expliquer la différence de rendement avec ses onze buts inscrits la saison passée en National ? « À Carquefou, j'avais le rythme, j'enchaînais les matches. »
S'il a démarré la saison comme titulaire, son temps de jeu s'est vite réduit. Pour se limiter à des bouts de matches. Ce qui en est ressorti ? Des difficultés à faire la différence sur les côtés, mais de la générosité pour harceler les défenseurs, ainsi que de belles qualités de conservation de balle. Un rôle d'attaquant-pivot, qu'il a parfaitement exécuté contre Orléans, pendant la suspension de Jonathan Kodjia. Ce fameux Kodjia qui ne laisse que des miettes, comme peut en témoigner Jérémy Blayac.
Mais Clémence n'est pas du genre à s'en contenter. Le meilleur exemple ? Sa blessure à son arrivée à Carquefou, il y a quatre ans. Une luxation de la rotule l'éloigne des terrains pendant un an. Beaucoup auraient lâché. Derrière : six mois d'arrêt pour des blessures musculaires. Deux saisons réussies plus tard (l'une à Locminé en CFA 2, l'autre à Carquefou), le voilà en Ligue 2. « Je me suis toujours battu : je reviens de loin, donc je sais que tout est possible, explique celui qui fut formé chez les Girondins de Bordeaux. Il faut saisir ta chance quand on te la donne. »
Un discours en accord avec celui de son coach. « Quand un joueur n'est pas titulaire, il a des opportunités de se montrer à l'entraînement ou lorsqu'il entre en court de match. À lui de savoir en profiter », disait Stéphane Moulin, il y a peu. Vendredi, Clémence a montré qu'il avait bien retenu le message. Entré en jeu à la 64e minute, il s'est distingué en inscrivant un but dans le temps additionnel. Bien servi dans la profondeur par Gaël Angoula, sa demi-volée croisée, frappe le poteau avant d'entrer.
« Ce but, c'est important pour la confiance, mais ce n'est pas une finalité », lance Clémence. C'est déjà un pas supplémentaire pour taper dans l'oeil du coach. Un Stéphane Moulin qui n'a pas été insensible à ses efforts : « Outre son but, il a fait une très bonne entrée. Je pense que ça peut développer quelque chose pour lui. Et tout ce qui est bon pour lui est bon pour nous. »