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Préparation impactée, défaite en silence et avenir incertain : comment les inondations chamboulent la vie d’Angers Sco... |
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La Baumette est encre inondée en ce début de semaine. © Philippe Naudin
Alors qu’Angers Sco s’est incliné à huis clos contre Lille (1-0), ce dimanche 22 février pour le compte de la 23e journée de Ligue 1, les inondations touchant Angers et sa région, qui ont chamboulé son approche du match, vont aussi impacter les semaines à venir.
Alors que le Sco s’est incliné à huis clos contre Lille, ce dimanche 22 février, les inondations n’ont pas fini d’impacter son quotidien. Retour et projection sur une séquence inédite et problématique.
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Avant : « Forcément, ça a été une semaine compliquée »
Alors que la montée des eaux a considérablement modifié la vie des Angevins depuis la semaine dernière, le Sco n’a pas échappé à ces conséquences. Dès mardi dernier, le 17 février, pour la reprise de l’entraînement après la défaite à Lorient, le terrain principal de la Baumette était déjà sous l’eau. Alexandre Dujeux et son groupe se sont donc entraînés sur le terrain du bas, mardi et mercredi.
Mais jeudi, le centre d’entraînement était quasiment intégralement sous l’eau. Même le bâtiment. Le groupe professionnel a donc migré sur le synthétique de Salpinte, où une petite partie du matériel de musculation a été acheminée, pour le travail hors terrain. Jordan Lefort et ses partenaires se sont entraînés deux jours de suite sur le terrain du quartier de La Roseraie. La dernière séance, samedi à la veille de la réception de Lille, a eu lieu au stade Raymond-Kopa. Forcément, ça a été une semaine compliquée, retrace Alexandre Dujeux. On s’est entraîné sur plusieurs sites différents, sur plusieurs surfaces différentes. Je n’ai pas envie de m’apitoyer sur notre sort, il y a des gens qui ont des problèmes bien plus importants à gérer que nous avec les inondations. Mais pour les repères, ce n’est pas évident.
Pendant : « L’ambiance était un peu aseptisée »
C’est un spectacle auquel on ne s’habitue pas vraiment. Quasiment cinq ans après la dernière rencontre en tout petit comité, époque Covid et déjà contre Lille, le Sco a rejoué un match à huis clos. Le fait qu’il n’y ait pas de public, ça ne m’arrangeait pas du tout, r elance le coach angevin. L’ambiance était un peu aseptisée. On essaye de l’oublier, rester dans notre bulle, mais en faire abstraction, c’est impossible.
Ce match à vide a permis de se rendre compte que le capitaine lillois Benjamin André parle beaucoup, notamment aux arbitres, et que la tension est montée au fur et à mesure que le match avançait. Le football, c’est mieux quand il y a du public, assure le coach lillois Bruno Génésio. Bon, peut-être que pour nous, les entraîneurs, c’est mieux car au moins, les joueurs nous entendent. Quand il y a 50 000 personnes, on crie, on gesticule, mais 9 fois sur 10, les joueurs n’entendent rien.
Je ne me suis pas restreint, reprend Alexandre Dujeux. J’ai dit ce que j’avais à dire. Je communiquais avec mes joueurs, même si le banc d’en face entendait tout.
Reste une interrogation : ce huis clos a-t-il eu un impact sur le déroulement du match, alors que le Sco n’a jamais réussi à trouver la clé offensivement ? C’est difficile à dire, convient le technicien ardennais. Sur le supplément d’âme, pour nous pousser dans les dernières minutes, évidemment. Ça n’aurait pas tout réglé mais ça aurait pu nous donner des forces supplémentaires…
Hervé Koffi, lui, aurait aimé qu’Olivier Giroud tire son penalty face à du public : Ça aurait pu le déconcentrer et me donner un peu plus de force, se demande le gardien. L’ambiance et la chaleur du public nous ont manquées. Il y avait quelques supporters dehors pour nous pousser, mais ça n’a pas suffi.
Après : « Comment on va faire de longues semaines comme ça ? »
Si la problématique de ce match à huis clos est maintenant derrière, il en reste quelques-unes, pour Angers Sco. Depuis ce dimanche, la décrue s’est amorcée, mais lentement. En ce début de semaine, la Baumette a encore les pieds dans l’eau. La situation est critique
, disait Jérôme Negroni en fin de semaine dernière à propos du centre d’entraînement, puisqu’au-delà des terrains, des systèmes électriques et autres sont endommagés
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La Baumette est encre inondée en ce début de semaine. Philippe Naudin
Ainsi, pour préparer le déplacement à Monaco ce samedi 28 février, le groupe professionnel va s’entraîner au stade Raymond-Kopa. C’est important pour nous
, assure Alexandre Dujeux, alors que la suite est encore floue. Quand les Angevins pourront-ils retrouver leurs terrains d’entraînement ? Difficile à dire, d’autant qu’on ne sait pas encore s’ils sont dégradés. D’où l’inquiétude du coach : Sur la durée, ça peut être préjudiciable. La Baumette, on y a tous nos repères. Cette semaine, ce n’est pas encore trop un problème. Mais c’est plutôt à moyen terme, comment on va faire pour s’entraîner de longues semaines comme ça ?