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OM - Angers Sco. « On est content de l’avoir avec nous » : à Angers, Hervé Koffi fait l’unanimité... |
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Depuis son arrivée à Angers, Hervé Koffi séduit. © Jérôme Fouquet / Ouest-France
Encore excellent et décisif contre Lorient, ce dimanche 26 octobre, le gardien Hervé Koffi réalise un très bon début de saison dans le but d’Angers Sco, au point d’avoir fait oublier son prédécesseur Yahia Fofana. Il tentera de confirmer sa belle forme à Marseille, ce mercredi 29 octobre (21 h 05), pour le compte de la 10e journée de Ligue 1, dans un stade où il a une revanche à prendre.Ligue 1. Marseille – Angers, ce soir (21 h 05). Encore excellent et décisif contre Lorient, le gardien réalise un excellent début de saison, au point d’avoir fait oublier son prédécesseur Yahia Fofana.
Au Sco, avec les gardiens, c’est un peu tout l’un ou tout l’autre. Il y a eu des couacs, notamment en 2021-2022, quand Gérald Baticle avait utilisé tour à tour Paul Bernardoni, Danijel Petkovic et Anthony Mandréa sans qu’aucun ne s’impose vraiment. L’année d’après, la situation n’était pas plus claire, entre Bernardoni et Yahia Fofana. Mais il y a aussi eu des gardiens qui sont entrés dans le cœur des supporters : Ludovic Butelle lors de son premier passage (2014-janvier 2016), ou encore Fofana, ces deux dernières saisons.
Après seulement trois mois sous le maillot du Sco, Hervé Koffi est à ranger dans cette caste-là . Une fois encore, il a été célébré par Kopa, dimanche contre Lorient. « C’est important pour moi et pour le groupe, expliquait-il dimanche soir. Ça fait plaisir de les voir derrière nous, pour nous pousser à aller chercher ce maintien le plus vite possible. On a des supporters en or. » Sans doute pensent-ils la même chose du Burkinabé. C’est en tout cas l’avis d’Alexandre Dujeux : « Son début de saison est très positif, on est content de l’avoir avec nous ».
« Il est décisif dans les moments clés »
Pourtant, le challenge n’était pas simple : il fallait passer derrière Yahia Fofana, auteur d’une grande saison dernière en L1. Mais, après neuf journées, il semblerait qu’Hervé Koffi soit parti sur de meilleures bases, comme le racontent quelques statistiques de son exercice actuel face à celles de l’Ivoirien, l’an passé : il encaisse moins de buts (1,3 contre 1,5 par match), en évite plus (0,68 contre 0,39), réalise plus d’arrêts (4,3 contre 4,1) et stoppe plus de penalties (2/4 contre 0/4).
Il est aussi le gardien de L1 qui a réalisé le plus d’arrêts cette saison (37). « Hervé est l’un de mes chouchous, sourit l’ancien gardien et entraîneur du poste à Lyon, Rémy Vercoutre, désormais consultant pour Ligue 1 +. Hormis l’accident à Strasbourg, je trouve que le Sco a une bonne défense et il y est pour beaucoup, car il est décisif dans des moments clés. »
À ce propos, comment ne pas penser à ses deux penalties arrêtés cette saison, à Metz alors que le Sco était mené 1-0, et contre Lorient, quand son équipe venait d’ouvrir le score. « Sur les penalties, j’avais un peu perdu la main, mais ces derniers temps, je l’ai retrouvée », raconte-t-il.
Depuis son arrivée en Europe, en 2017 à Lille, Hervé Koffi est précédé d’une flatteuse réputation. Qu’il a confirmé en Belgique, où il a fait le bonheur de Charleroi (2021-2024), mais un peu moins en France, au Losc (6 matches entre 2017 et 2019) et à Lens (6 matches en 2024-2025).
Entraîneur des gardiens des Dogues à l’époque, Franck Mantaux dresse le portrait de son ancien poulain : « Il a de l’amplitude sur sa ligne et dans les airs. Dans ses interventions, il y va toujours avec détermination et vivacité. Il a une vitesse gestuelle très importante. » Rémy Vercoutre embraye : « Il donne l’impression de prendre beaucoup de place, car c’est un gardien qui avance, il ne subit pas les actions, va au-devant du danger plutôt que d’attendre que l’attaquant frappe. Et il a une super gestion des espaces derrière sa défense, sur les centres et les ballons en profondeur. » Face à Lorient, il a excellé dans les airs, soulageant sa défense d’éventuelles situations chaudes. « Il lit très bien le jeu. Sans ses sorties, c’est peut-être l’attaquant qui aurait repris le ballon », salue son coach.
Face à ce concert de louanges, une question se pose : pourquoi Koffi, 29 ans, n’a pas vu sa carrière décoller plus tôt en France ? Franck Mantaux a son avis : « Hervé a parfois quelques sauts de concentration. Quand il est trop en confiance, il se disperse et il a quelques gestes parasites dans son jeu qui le desservent. » Une analyse qui ne s’est que très peu vérifiée depuis son arrivée à Angers, si ce n’est sur une relance complètement manquée occasionnant un but, à Strasbourg (0-5).
Son péché mignon, qui paye quand elles sont bien exécutées, mais peut aussi se retourner contre lui. « Comme il est joueur, il faut accepter de temps en temps qu’il puisse perdre un ballon », esquive Dujeux. « Oui, il prend des risques, mais je trouve que son jeu au pied nous apporte dans les ressorties de balle, apprécie Jordan Lefort. Contre Lorient, sur le but de Prosper (Peter), une des premières passes de la séquence de 28, c’est Hervé qui trouve Louis (Mouton) dans l’interligne. Cette passe, il fallait la tenter. Et elle a créé le décalage. »
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À Marseille ce mercredi, Hervé Koffi aura une nouvelle occasion de confirmer sa bonne forme. Et de prendre une revanche personnelle puisque le Vélodrome est un mauvais souvenir : pour sa seule venue, en 2018 avec Lille, il en avait pris cinq (5-1). « Mais ce n’est plus la même chose, certifie-t-il. Désormais, c’est une autre histoire de ma carrière. » Une belle histoire.