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Mondial de football féminin. Melissa Plaza : « Footballeuses, émancipez-vous »... |
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Mélissa Plaza, ex-internationale de football © Frédérique Bréhaut
À quelques jours de l’ouverture du Mondial féminin, l’ex internationale, l’ardente Melissa Plaza endosse le maillot féministe qui valorise la place des joueuses professionnelles et des sportives en général.
En pleine préparation du Mondial, les Bleues ont interrompu leur séjour à Clairefontaine afin de céder la place à l’équipe de France masculine avant un match amical. Que vous inspire cet épisode ?
Mélissa Plaza : « C’est éclairant. Didier Deschamps a tranché la polémique en disant : « Il n’y a pas de débat ». Il a raison, puisque la question du choix ne s’est même pas posée. Il était logique que les filles installées à Clairefontaine depuis deux semaines en préparation de leur Mondial qui commence vendredi, vident les lieux au profit des garçons avant leur match amical. Vous imaginez l’inverse ? »
La politique des clubs change-t-elle ? Dans votre livre « Pas pour les filles ? » (Robert Laffont) vous racontez votre stupéfaction à votre arrivée à Lyon devant les moyens mis à disposition des joueuses de l’OL
« Si l’attention portée à l’élite progresse, ce n’est pas le cas des clubs. Le fossé financier se creuse encore entre Lyon et les autres. Le premier dirigeant à s’être intéressé au foot féminin fut Louis Nicollin, à Montpellier. Mais Jean-Michel Aulas, président de l’OL, a d’emblée tapé vite et fort. Il a pressenti la notoriété supplémentaire que pouvaient lui apporter les filles. À juste raison puisque le club vient de remporter son 14e titre consécutif. Aulas a compris que les résultats des garçons allaient pâlir dans un championnat dominé par des équipes plus puissantes. Grâce aux féminines, la lumière reste sur son club. Il y met les moyens et les filles le lui rendent bien. »
Les footballeuses pro gagnent-elles en confiance ?
« Il subsiste toujours chez les joueuses cette volonté de donner encore davantage. L’équipe de France offre un confort inédit, avec ce corollaire : « A nous de ne pas décevoir cette confiance », un sentiment moins présent chez les garçons qui n’interrogent pas leur légitimité. Ils ont toujours bénéficié des moyens ! Les footballeuses entendent cette petite voix qui leur dit : « Ne nous décevez pas car nous faisons beaucoup pour vous. » C’est difficile de ne pas tomber dans ce piège, au foot ou ailleurs. Se sentir redevable est dangereux car à vouloir trop bien faire, on risque de se planter. »
Propos recueillis par Frédérique Bréhaut
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