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Mondial 2014 : Reportage : les Brésiliens soulagés après la victoire

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photo les cœurs auriverde ont été mis à rude épreuve. © (photo : giuseppe cacace / afp) 3

Les cœurs auriverde ont été mis à rude épreuve. © (Photo : Giuseppe Cacace / AFP)

Les supporters brésiliens s'attendaient à une rencontre disputée contre leurs voisins chiliens, mais n'imaginaient pas un tel scénario. Ambiance sur la plage de Copacabana.

Vincent Boucher, Rio de Janeiro, le 28 juin 2014

Les cœurs auriverde ont été mis à rude épreuve et le soulagement pouvait se voir sur leurs visages à la fin du match. Le Brésil est passé tout près du drame national, craint depuis le début de la Coupe du monde. Mais au terme d'un match spectaculaire, le Brésil a obtenu sa qualification à l'issue de la séance des tirs au but face au Chili (3-2).

Ce match Brésil-Chili alimentait les conversations depuis quelques jours déjà dans les botecos (bars de quartier), files de supermarchés, machines à café et foyers brésiliens. Tout le monde craignait cette équipe chilienne qui se présentait euphorique après son premier tour réussi. S'il y avait un match à ne pas manquer cette semaine, c'était celui-ci.

Une véritable vague jaune

Programmé le samedi, il ne pouvait qu'attirer les foules. À Rio de Janeiro, le point de rencontre des supporters est sur la célèbre plage de Copacabana. Ce samedi, comme lors de chaque match du Brésil dans cette Coupe du monde, le quartier a vu débarquer une véritable vague jaune. Les vuvuzelas, sifflets et klaxons ont résonné entre les immeubles des rues donnant accès au sable fin.

La  plage de Copacabana noire de monde.
La plage de Copacabana noire de monde. | (Photo : Vincent Boucher)

Jusqu'à la mi-temps, des flux incessants de supporters sortaient de la station de métro Cardeal Arcoverde et venaient prendre possession du front de mer de la carte postale de la cité carioca. Les rues se vidaient au même rythme que les bars faisaient le plein. Le Brésil était prêt, prêt à pousser ses onze représentants vers le Hexa (sixième titre).

Visages fermés

Les visages brésiliens étaient fermés, la tension perceptible. Seuls les Chiliens semblaient profiter de l'événement avec sérénité et mettaient l'ambiance sur le sable de Copacabana aux sons et rythmes de leurs chants traditionnels tels que le désormais très célèbre : "Chi chi chi, lê lê lê, viva Chile !" Les brésiliens observaient, sans réaction.

Le ciel carioca lui aussi faisait grise mine, bouché par une brume qui annonçait un temps orageux. Un mauvais présage ? Les brésiliens, bien qu'inquiets, ne voulaient pas céder au pessimisme et c'est leur optimisme à toute épreuve qui prenait le dessus. Cette Coupe du monde est leur Coupe du monde et hors de question de la laisser à qui que ce soit. Le brésilien est, par nature, fier de son pays et de ses couleurs. l'hymne national était chanté par tout un peuple et faisait passer les premiers frissons. Le match démarrait.

Les Brésiliens tendus.
Les Brésiliens tendus. | (Photo : Vincent Boucher)

Un scénario dramatique, avec une "happy end"

Il ne fallait pas longtemps pour que Neymar et compagnie ne permettent aux supporters de s'enflammer. Quelques occasions des hommes de Felipão (Felipe Scolari, coach de la Seleção) annonçaient la couleur et le public chavirait dans le bonheur quand David Luiz envoyait la balle au fond des filets pour l'ouverture du score. Une grande clameur s'élevait de Copacabana. Les drapeaux s'agitaient. Tout un pays criait sa joie.

Une joie de courte durée puisque, avant la pause, le Chili égalisait. Douche froide à Copacabana. Tout le monde se figeait. Tout le monde ou presque car les Chiliens, eux, exultaient et reprenaient leurs chants de plus belle. La mi-temps était calme et quand l'arbitre sifflait le coup d'envoi de la seconde période, la brume commençait à disparaître. Le Christ Redempteur, dans les nuages durant toute la première période, redevenait visible. Les brésiliens ne le savaient pas encore mais ils allaient avoir besoin de lui.

Durant toute la seconde période et les prolongations, les Chiliens mettaient au défi les brésiliens de rivaliser avec leurs chansons. Si sur la pelouse du stade de Belo Horizonte, les débats semblaient penchés légèrement en faveur des joueurs auriverde, sur le sable fin de Copacabana les Chiliens gardaient l'avantage, au nez et à la barbe de milliers de brésiliens regroupés. Seuls quelques supporters désinhibés entonnaient des "sou brasileiro, com muito orgulho e muito amor" (je suis brésilien, avec beaucoup de fierté et d'amour).

"Julio César est notre sauveur"

Le match devenait alors dramatique quand l'arbitre sifflait la fin de la rencontre, invitant les deux équipes à se départager aux penalties. La tension était à son maximum. Les Chiliens ne se taisaient pas malgré tout, au contraire des brésiliens, stressés. La Seleção n'avait jamais été aussi près de quitter sa Coupe. L'heure était grave. Les regards tendus. Les visages fermés. De nombreux supporters, des deux camps, se remettaient alors à Dieu et se mettaient à prier. La décision allait venir de là-haut, de ce Christ qui depuis si longtemps se dresse comme un protecteur du peuple carioca. Il ne pouvait l'abandonnait. Pas maintenant.

Lors des tirs aux buts, les Chiliens étaient tendus aussi.
Lors des tirs aux buts, les Chiliens étaient tendus aussi. | (Photo : Vincent Boucher)

Comme lors de chaque séance de tirs au but, un des joueurs enfile la tunique du sauveur. Qui allait-il être cette fois-ci ? Neymar de nouveau ? Le premier indice apparaissait dès le premier tir du Chili. Julio Cesar, le gardien brésilien, gagnait son duel et allait être le sauveur de tout un pays. Une belle histoire quand on sait que le choix de l'entraîneur du Brésil de lui faire confiance avait été très critiqué. "Julio César s'est rédempté de la Coupe du Monde 2010 quand il avait mal joué contre la Hollande. Il a appris de cette défaite-là. Ceux qui nous ont sauvés, ce ne sont pas les joueurs brésiliens, c'est notre gardien de but, Julio César", confessait Klaus, avec la bénédiction de sa femme Katia. Une opinion partagée par Gabriel, jeune ingénieur carioca : "je trouve qu'on n’aurait pas dû devoir passer par les penalties mais, vu qu'on a dû passer par là, on a pu compter sur Julio César, un très grand gardien."

Fair-play chilien

À peine le penalty décisif marqué par le Brésil, les Chiliens fuyaient rapidement la plage de Copacabana, évitant ainsi de répondre aux provocations de certains brésiliens, alcoolisés, bien décidés à leur faire regretter leur culot d'avoir donné de la voix durant toute la rencontre. D'ailleurs, au moment où les filets tremblaient une dernière fois dans le stade de Belo Horizonte, du sable, de l'eau, des cannettes de bière vides et autres déchets se mettaient à voler en direction du principal groupe de supporters chiliens.

Un manque de fair-play local qui ne laissait pas pour autant les chiliens rancuniers. "Tout le monde a eu l'occasion de gagner le match. ça s'est joué aux penalties et donc à la chance. On le respecte. Maintenant, on va supporter le Brésil. C'est sa Coupe, c'est chez lui, il doit la gagner", affirmait Juan, chilien résident à Rio. Si le Brésil venait à remporter son quart de finale contre la Colombie, c'est tout un continent, sauf l'Argentine peut-être, qui devrait être derrière le pays organisateur.

 
Ouest-France  

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