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Mondial 2014 : « Les mains du dieu » Romero ont délivré l’Argentine... |
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Sergio Romero, en arrêtant deux tirs au but en demi-finale, est devenu le héros de tout un peuple. © Epa/MaxPPP
24 ans après Goycochea, Sergio Romero, en arrêtant deux tirs au but en demi-finale, est devenu le héros de tout un peuple. Et pourtant, il a passé sa saison sur le banc...
Neuf matches cette saison… mais en finale du mondial
Neuf. C’est en tout et pour tout le nombre de rencontres disputées par Sergio Romero cette saison avec son club, Monaco. Le portier argentin a en effet ciré le banc toute la saison du côté du Rocher. Prêté par la Sampdoria de Gênes, le champion olympique 2008 n'a jamais réussi à s'y imposer. Le voilà pourtant aujourd’hui qualifié pour la finale de la Coupe du monde et hissé au rang de héros par tout un peuple.
24 ans après Goycochea
Décisif dans la séance de tirs au but, en stoppant les tirs de Vlaar et de Sneijder, Sergio Romero est devenu en un soir le héros de l’Albiceleste et de toute l’Argentine, qui va retrouver une finale qui lui échappe depuis 24 ans. Comme Sergio Goycochea en son temps. Appelé à jouer les doublures lors de l'édition 1990, il avait hérité de la place de titulaire après la blessure de Nery Pumpido, lors du deuxième match de la compétition. Il n'avait plus quitté les buts argentins. Lui aussi avait illuminé la séance de tirs au but, en demi-finale, face à l’Italie. Lui aussi, avait stoppé deux tirs adverses (Donadoni et Serena) en demi. Lui aussi a affronté l'Allemagne, en finale...

Le classeur, et les mots de Mascherano
24 ans plus tard, c’est donc à nouveau son gardien qui a expédié l’Albiceleste en finale, à l’issue d’une soirée qu’il n’est pas prêt d’oublier.
Il n’oubliera pas, non plus, la confiance que le sélectionneur argentin, Alejandro Sabella, a placé en lui : « Il m’a aidé dans les pires moments de ma carrière. J’étais sur le banc toute la saison et ce qu’il a fait pour moi a été très important ». Un sélectionneur qui n’a pas hésité à dévoiler le secret de Romero : un classeur, dans lequel le portier sud-américain répertorie les manières de tirer des joueurs de toutes les équipes.
« Aujourd'hui, tu deviens un héros. Compris ? »
« Aujourd'hui, c'est ton jour. Aujourd'hui, tu deviens un héros. Compris ? » Ce sont les mots que Javier Mascherano, l'autre héros de la soirée côté argentin, a glissé à l'oreille de Sergio Romero avant la séance de tirs au but. Un discours qui a fait mouche.
« Les tirs au but , c'est avant tout une question de chance, c'est une réalité. J'avais confiance et grâce à Dieu tout s'est bien passé », a préféré souligner Romero. Modeste.
« Éternellement reconnaissant » envers Van Gaal
L'ironie, c'est que sans l'entraîneur néerlandais, Sergio Romero ne serait sans doute pas la où il est aujourd'hui. C'est lui qui l'a fait venir en Europe, à l'AZ Alkmaar, en 2007. « Je lui avais appris comment arrêter les tirs au but. Donc, cela fait encore plus mal », a d'ailleurs lâché Louis Van Gaal, après la rencontre.
« Je suis allé le voir à la fin du match, raconte Romero. Louis van Gaal m’a beaucoup aidé. C’est lui qui m'avait fait venir aux Pays-Bas. Comme je ne comprenais pas la langue, il me parlait en Espagnol, il m’a tenu la main, il m’a aidé à grandir. Il n'est pas seulement un grand entraîneur, mais aussi un grand monsieur. Il a tellement compté pour moi en dehors du terrain... Je lui serai éternellement reconnaissant pour cela. » Un bel hommage.