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Mondial 2014 : Les Français de Rio jubilent !... |
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Les supporters, présents dans un centre de football à cinq tenu par des français à Rio, ont passé le match à fêter les buts tricolores. © Vincent Boucher
Les supporters des Bleus, présents dans un centre de foot à cinq tenu par des Français à Rio, ont passé le match à fêter les buts tricolores. Ils y croient de plus en plus...
La victoire contre le Honduras avait déjà eu le mérite de donner de la confiance aux Français. Malgré tout, ceux-ci attendaient avec impatience cette confrontation avec nos voisins helvètes pour juger des capacités des tricolores. La sérénité est de mise avant le coup d'envoi, à l'image de Mathieu, consultant en création d'entreprises à Rio, qui se dit « optimiste. ça fait longtemps que l'on n'a pas vu une équipe comme celle-là et comme on est au Brésil on a envie d'y croire. On sent que l'état d'esprit est bon donc ça nous donne de l'espérance. » La Marseillaise est reprise en cœur par la centaine de Français, la majorité résidents cariocas, rassemblés dans ce centre de football à cinq tenu par des Français dans le quartier de Botafogo. Écharpes, drapeaux, maillots, maquillages bleu blanc rouge colorent cet espace consacré au ballon rond et accueillant depuis peu la première école de football du Paris Saint-Germain en Amérique du Sud.
Les Bleus tuent rapidement tout suspense
Tout le monde est prêt à faire la fête et l'Équipe de France ne tarde pas à donner l'occasion à ses supporters d'exulter. Giroud ouvre le score dès le quart d'heure de jeu et surprend les fans qui s'attendaient à un match fermé et difficile. Pas le temps de se rasseoir que Valbuena chipe le ballon aux Suisses et sert Matuidi pour doubler la mise. Incroyable ! Deux buts en deux minutes et le match semble déjà plier. « On n'a même pas eu le temps de trinquer pour le premier que Blaise nous met le deuxième », rigole Antony, professionnel du Tourisme dans la cité carioca. Les supporters arborent un large sourire. Ils n'en croient pas leurs yeux.
Et ils ne sont pas au bout de leur surprise. Quelques minutes plus tard, Benzema s'effondre dans la surface helvète et l'arbitre désigne le point de penalty. Un grand cri de joie rompt le calme fragile qui était revenu après le doublé express. L'excitation est à son comble. « S'il le met, c'est plié », s'accorde à dire plusieurs supporters. Mais le portier Suisse est bien décidé à tenter d'entretenir encore un peu le très mince suspense restant, repousse le tir de l'attaquant tricolore dans les pieds de Valbuena qui frappe la barre transversale. « On ne pourra pas nous accuser d'avoir volé ce match », répètent de nombreux spectateurs, faisant clairement allusion à la polémique née du match Brésil-Croatie.

Vincent Boucher
Ce n'est que partie remise. Avant la mi-temps, Valbuena ajoute une unité au compteur des Bleus qui virent en tête, et de loin, à la pause. Pour les supporters présents à Botafogo, la messe est dite. « C'est vraiment un match agréable, ça se passe très bien. J'étais allé en Afrique du Sud en 2010 et on avait connu des moments bien plus difficiles. Là, ça fait vraiment plaisir de voir ce spectacle » commente Olivier, touriste à peine débarqué de l'hexagone quelques heures seulement avant le coup d'envoi. D'autres ont déjà pris possession des terrains du centre et refont le match à leur façon. Il ne fait aucun doute que les Bleus vont tenir le choc et remporter le match. Pourtant, peu se risquent aux pronostics tant ils sentent la France capable de tout.
Les supporters chambrent les Suisses... absents
La seconde période reprend et beaucoup de supporters semblent même se désintéresser du match du fait de manque de suspense. Pour eux, c'est acquis, la France va gagner le match. Ils se mettent donc à discuter avec leurs amis autour de la table et le sujet qui revient le plus est celui de l'élimination de l'Angleterre, la veille. La rivalité entre les deux pays se fait sentir dans les commentaires plutôt satisfaits des Français. Les joueurs tricolores, eux, continuent leur démonstration et inflige un quatrième but à des Suisses désemparés.
Les Français semblent presque blasés au moment de fêter le but. Leur réputation d'être arrogants et prétentieux ici au Brésil est alors proche d'être méritée selon les commentaires. Et la fête est loin de se terminer. Les Bleus marquent un cinquième but ! Unique ! Tout le monde se demande alors jusqu'où la France est-elle capable d'humilier ses voisins helvètes. Les blagues fusent. On chambre gentiment et d'autant plus facilement qu'aucun Suisse ne traîne dans les parages.

Vincent Boucher
Tous les espoirs semblent désormais permis
Alors que beaucoup se demandent si Benzema peut être le meilleur buteur de la Coupe du Monde, les Suisses réduisent la marque dans l'indifférence générale. Seul un spectateur appelle un de ses amis ne pouvant pas voir le but d'où il était : « but de la Suisse », crie-t-il ironiquement, le sourire en coin. Pas de quoi inquiéter les Français malgré tout qui savent que la marge est suffisante pour ne pas se faire de cheveux blancs lors des dernières minutes. « Attention les gars, ils peuvent encore nous mettre cinq penalties », blague Antony avec ses amis. Les tricolores s'enflamment encore sur quelques actions offensives de la bande à Deschamps et lors du but, refusé, de Benzema. L'arbitre avait sifflé la fin du match.
Le Calvaire des Suisses se termine, la fête des Français continue de plus belle, avec même champagne pour certains. « Ca faisait longtemps qu'on n'avait pas vu un tel match de Coupe du Monde de l'Équipe de France. C'était super-plaisant ! À part l'Allemagne, je n'ai pas vu mieux. Avec la France, c'est souvent quitte ou double. Soit ils sont éliminés dès le premier tour, soit ils vont très loin dans la compétition », explique Félix, touriste français, montrant ainsi son espérance de voir les Bleus aller au bout. Après ce succès, les joueurs français ont, à coup sûr, regagner totalement la confiance de leurs supporters. Le scandale de Knysna semble désormais oublié. Le public français de Rio est plus que jamais décidé à les soutenir jusqu'au bout, à commencer par mercredi prochain contre l'Équateur au Maracanã.