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Mondial 2014 : Les États-Unis à toute allure... |
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Jermaine Jones. © AFP
Face à la Belgique ce soir (22h), les Etats-Unis ne partiront pas favoris, mais pourront compter sur une préparation physique qui fait ses preuves.
Entre le Ghana, l'Allemagne et le Portugal, ils étaient peu nombreux à tabler sur une qualification des États-Unis. Et pourtant, ceux qu'on appelle les Yanks sont en huitièmes. Pour ça, il a fallu disposer du Ghana (2-1), malmener le Portugal (2-2) et résister à l'ogre allemand (0-1). Le prix à payer pour ne plus être seulement appelé « surprise ».
Pour devenir un outsider crédible, Clint Dempsey et ses partenaires ont affiché un état d'esprit irréprochable. Et comme les jambes suivent les têtes...
Car depuis le lancement de leur Mondial, les Américains sont apparus comme les plus affûtés. En témoigne leur prestation face aux Portugais, asphyxiés pendant 94 minutes, et tout heureux d'arracher un nul à la 95e. « Cette sélection a toujours beaucoup misé sur la préparation physique, témoigne Pierre Barrieu, en charge de cette préparation de 2001 à 2011. Il y a une charge de travail supérieure à la moyenne que les joueurs acceptent et à laquelle ils adhèrent. » Résultat : de gros volumes de courses pour les joueurs de côté comme Johnson ou Beasley et un impact énorme dans l'entrejeu avec Jones et Beckerman, le chien de garde de la sélection.
Des joueurs « éduqués »
« Ils ont un état d'esprit atypique, plein de fraîcheur. Les joueurs n'ont pas la grosse tête », explique Barrieu. Comprenez que ces Américains ne sont pas blasés, affichant l'envie d'un petit nouveau s'invitant à la table des « grands » du foot qui l'ont souvent snobé. « Même si les États-Unis ressemblent de plus en plus à un pays de football », précise Barrieu, qui a aimé travailler avec des hommes « éduqués », pour qui « le patriotisme est une valeur commune ».
« Dans la sélection de la Coupe du monde 2002, ils étaient 20 à avoir fait un parcours universitaire, poursuit le natif de Thionville, aujourd'hui adjoint de la sélection des Émirats Arabes Unis. Ca permet d'avoir un excellent rapport entraîneur-entraîné. » Et une implication de tous les instants. En témoigne ce rituel de reprise de seconde période où les 11 joueurs se lancent dans un « rééchauffement » ou rewarming. Une pratique dont « l'influence positive sur les minutes suivantes est prouvée », précise Barrieu.
Un professionnalisme qui a permis à la sélection américaine de progresser, année après année. Pour qu'un jour peut-être, leur place au deuxième tour d'un Mondial ne fasse plus d'étonnés.