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Mondial 2014 : Les Allemands rois de Copacabana... |
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La quatrième étoile déjà gravée sur le maillot de la Mannschaft. © Ouest-France
La finale de la Coupe du Monde a été serrée comme on pouvait le craindre. Et les Allemands y ont cru jusqu'au bout.
Alors que les Argentins avaient envahi la plage de Copacabana, les Allemands s'étaient donné rendez-vous au bout de celle, voisine, de Leme, dans le prolongement de la plus célèbre du monde. Nous avons suivi le match avec les futurs champions.
Comme à la maison

À l'initiative du Consulat allemand de Rio de Janeiro, les supporters germaniques avaient leur propre point de rendez-vous pour assister aux matchs de la Mannshaft lors de cette Coupe du Monde. La plage de Leme, dans le prolongement de celle de Copacabana, et plus particulièrement son dernier kiosque près du mont rocheux marquant sa fin était leur repère. Là, sur le sable, une structure temporaire avait été montée pour y installer un écran (presque) géant. Pendant toute la Coupe du Monde, les supporters allemands avaient pris l'habitude d'y poser leur chaise de plage et d'assister aux matchs de la Mannshaft comme à la maison... ou presque.
Une tournée de bière offerte à chaque but allemand
Autre particularité de ce kiosque et qui ne pouvait que séduire les supporters germaniques, à chaque but de l'Allemagne, une tournée de bière était offerte. Une initiative qui aurait pu coûter cher lors de la demi-finale contre le Brésil si les organisateurs ne l'avaient pas limité à trois buts par match... Plus de 1500 cannettes ont ainsi été offertes lors de la victoire allemande 7-1 contre le Brésil.
Les Brésiliens supportent l'Allemagne
Ce dimanche, l'essentiel n'était pas d'enfiler les buts mais juste de vaincre une Argentine aux supporters omniprésents et bruyants dans les rues de Rio ces derniers jours. Les Allemands pouvaient compter sur le soutien des propres brésiliens qui ne voulaient pour rien au monde voir Messi et consorts faire du Maracanã la scène de leur jour de gloire.
Pendant que la majorité des locaux avaient choisi la plage de Copacabana une autre partie avait pris le chemin de Leme pour venir grossir les rangs allemands et donner de la voix.
Les nerfs mis à rude épreuve
Le suspense allait alors durer plus de deux heures lors d'un match serré qui mettait les nerfs des supporters à rude épreuve. Chacun y allait de son but refusé faisant ainsi passer ses fans par les émotions les plus diverses. Les cannettes de bière s'entassaient sur les quelques tables et s'amoncelaient à même le sable. Le public n'économisait pas ses encouragements et semblait bien décidé à faire la fête. Le décor, tout du moins, s'y prêtait...
Douche à la bière
Il a fallu finalement attendre la fin de la prolongation pour que l'Allemagne ouvre la marque. Les supporters allemands exultaient. Les cannettes volaient, douchant tout le monde de bière. Tout le monde se mettait à sauter, à crier, à se prendre dans les bras. Les drapeaux noirs, jaune, rouge étaient brandis et des pétards éclataient. Il restait, certes, encore quelques minutes à jouer mais personne n'imaginait, ou ne voulait croire, que l'Argentine puisse égaliser. Les scènes de liesse ne s'arrêtaient plus et ne faisaient qu'augmenter d'intensité au coup de sifflet final. L'Allemagne était championne du monde ! Les Brésiliens oubliaient que ce quatrième titre rapprochait un peu plus les Allemands des cinq étoiles brésiliennes et participaient à la fête. Après tout, c'était le prix à payer pour barrer la route aux archi-rivaux argentins.
Ambiance tendue côté argentin
Pendant que Leme partait pour une nuit de délire, Copacabana se vidait de sa marée bleue et blanche. Les Argentins regagnaient leurs voitures, vans et bus les larmes aux yeux. Certains s'asseyaient sur les bordures de trottoirs, les regards perdus.

Une journaliste allemande tentait bien de s'asseoir avec certains d'entre eux pour tenter une interview mais voyait les fans de Maradona se lever et laisser le pauvre reporter en pleine solitude. À quelques centaines de mètres de là, des supporters argentins se bagarraient entre eux. D'autres étaient tout proche de les imiter mais contre des brésiliens trop chambreurs à leur goût. La tension était palpable.

Prendre en photo la détresse des Argentins relevait de la tentative de suicide et assurait le photographe de se faire traiter de "cabron", au minimum. Certains Allemands, ou Brésiliens convertis comme tels, décidaient de prendre leur voiture et de partir à travers Rio, klaxons hurlants, drapeaux au vent et en criant des provocations à chaque fois qu'ils croisaient ou doublaient un argentin, autrement dit tous les cinq mètres... La nuit allemande ne faisait que commencer à Rio. Le cauchemar argentin en terre brésilienne aussi.