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Mondial 2014 : La Seleçao humiliée, fête gâchée à Rio... |
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Fête gâchée à Rio. © Photo: Reuters
Mickaël Louédec, journaliste au desk multimédia à Ouest-France, a suivi la demi-finale Brésil-Allemagne devant un écran géant à Rio. Ambiance de cette déroute cauchemardesque.
À Lapa, quartier de la fête à Rio de Janeiro, le dôme métallique accueillant l'écran géant a des faux airs de cinéma avant ce Brésil - Allemagne.
Le synopsis est plutôt bon : les héros brésiliens doivent venir à bout des redoutables Allemands pour s'offrir une place en finale de leur Coupe du Monde. Il y a même du pop corn à vendre.
Dans le rôle du gentil : David Luiz, futur défenseur du PSG, largement plébiscité à l'applaudimètre. Le public est chauffé à blanc, certain d'assister à un sacré bon film, dans lequel c'est le gentil qui gagne à la fin.
Récital allemand
Tout faux. Parce que les joueurs allemands, eux, ne sont pas au cinéma, ni même au théâtre, mais bien à l'opéra. On ne sait pas si c'est du Beethoven ou du Bach, mais leur première mi-temps est un récital. Une partition parfaite orchestrée par Thomas Müller, avec Miroslav Klöse dans le rôle du soliste. Ce diable de Klöse qui s'offre le luxe de devenir le meilleur buteur de l'histoire de la Coupe du Monde, expédiant aux oubliettes Just Fontaine et autre Ronaldo. Ils nous sussurent une mélodie qui donne envie d'être Allemand.
Visages défaits
Alors, au fur et à mesure que les buts s'enchaînent, les spectateurs cessent de croire au scénario idyllique. On ne rigole plus, on s'agace franchement. Les visages deviennent anxieux, d'abord, puis incrédules, avant de devenir complètement défaits.En deuxième période, la Mannschäft lève le pied mais trouve quand même le moyen d'alourdir la note. Et elle est salée.Les supporters brésiliens, eux, se résignent plus ou moins. Certains arborent quelques sourires de circonstance.
Rires jaunes
D'autres font entendre quelques rires... Aussi jaunes que les maillots de la sélection : ça sonne faux. D'autres invectivent carrément les écrans. Insultent ceux qu'ils auraient adulé en cas de scénario différent. Fred, l'anti-héros, en prend pour son grade. L'ancien attaquant de l'olympique lyonnais, sosie de l'acteur Francis Perrin, est copieusement hué. Pour ne pas dire plus. Au théâtre, on lui jetterait des tomates...
Irrationnels
En deuxième mi-temps on nous demande si nous sommes allemands... Nous sommes rassurés de répondre que non.On dit les Brésiliens un peu fous, complètement irrationnels quand il s'agit de foot. La nuit sera-t-elle chaude ? On verra. Une chose est sûre : pour faire la fête, ce soir il fallait sans doute mieux trainer du côté de Berlin. Parce que, eux, ils ont vu un sacré bon film.