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Mondial 2014 : L'Allemagne, « malgré » Özil et Götze... |
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Mesut Özil (deuxième en partant de la gauche) et Mario Götze (à droite) ont jusqu'alors traversé le Mondial sans briller. © AFP
La sélection allemande est parvenue à atteindre la finale en dépit de la grande discrétion de deux de ses supposés leaders.
La Nationalmannschaft s'est hissée en finale de la Coupe du monde malgré la discrétion de son habituel leader technique, Mesut Özil, et la perdition de son grand espoir, Mario Götze.
Qu'il est loin le temps où les supporters de l'équipe nationale fantasmaient sur « Götzila », leur association censée faire frémir le foot mondial.
Au Brésil, les deux joueurs ne connaissent pas le même sort. Özil (25 ans, 61 sélections, 18 buts) est resté titulaire, tandis que Götze a perdu sa place dans le onze contre l'Algérie en huitième de finale (2-1 a.p.), lorsqu'il a été remplacé à la pause.
Klose a ensuite récupéré son poste en pointe et Müller glissé sur un côté. Et le « super remplaçant » Schürrle a pris de vitesse « Super Mario » pour désormais faire figure de douzième homme, grâce à ses entrées décisives en huitième de finale et en demi-finale, avec trois buts et des solutions dans la profondeur.
Ombre
Certes, Özil a fait quasiment le plein de temps de jeu et participé à l'incroyable festin offensif sur le dos du Brésil (7-1 en demi-finale) en délivrant une passe décisive, une intelligente balle en retrait pour Khedira qui n'avait plus qu'à ajuster son plat du pied. Mais en dehors de ça, il est resté dans l'ombre. Avec cette première passe décisive et un seul petit but, contre l'Algérie, le compte n'y est décidément pas pour ce joueur devenu banal au sortir d'une saison mitigée à Arsenal.
Où est passé le flamboyant meneur qui s'était révélé au plus haut niveau en Afrique du Sud ? Sur un côté. « Tout le monde sait que je préfère jouer en meneur de jeu, mais c'est l'entraîneur qui décide, se justifie-t-il. Je joue donc à droite, et là, on n'a pas autant de possibilités de peser sur le jeu. »
Il est depuis passé à gauche, pour une influence toujours aussi minime. Car si sa qualité technique n'a pas disparu, elle ne fait plus la différence. Mais Löw compte toujours sur elle et a toujours défendu son numéro huit, car « il peut décider d'un match et influer dessus en une seule action ».
Grandes ambitions
De même pour Götze. Titularisé au détriment de l'expérimenté Podolski ou du véloce Schürrle, il avait pourtant commencé d'un bon pied, en provoquant le penalty permettant l'ouverture du score contre le Portugal (4-0), puis en marquant le premier but face au Ghana (2-2), du genou. Mais c'est comme si le Mondial de « Götzinho » s'était arrêté là.
La starlette révélée à Dortmund nourrissait pourtant de « grandes ambitions » avant la compétition. « Je veux montrer ce dont je suis capable », avait-il lancé avant le Mondial. Et on n'a rien vu, ou si peu.
Tel un Ben Arfa germanique, l'éternel grand espoir du foot allemand, plus souvent remplaçant que titulaire au Bayern Munich, peine à s'imposer durablement au-delà de quelques fulgurances, handicapé, il est vrai, par des blessures musculaires à répétitions depuis 2012.
Il voulait boxer dans la catégorie de Neymar, 22 ans comme lui mais auteur de quatre buts pour la Seleçao ; il se retrouve à cirer le banc.
« Je sais ce dont je suis capable, le sélectionneur le sait aussi », a-t-il martelé dernièrement dans le quotidien Bild. Pour lui, tout joueur « peut avoir une mauvaise mi-temps, des mauvaises minutes ou une mauvaise phase. C'est humain ». Il lui reste un match, peut-être seulement quelques minutes, pour s'éviter une mauvaise Coupe du monde.