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Mondial 2014 : Douche froide pour les supporters anglais à Rio... |
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A quelques heures du début du match : Angleterre-Uruguay © Photo : Vincent Boucher
Les Anglais espéraient bien passer l'obstacle mais les Uruguayens ont fini par doucher leurs espoirs.
Il n'est pas 15 h 00 ce jeudi à Rio et les quelques pubs typiquement anglais ou irlandais affichent déjà complets, plus d'une heure avant le début de la rencontre de l'Angleterre face à l'Uruguay. Sous la pluie, les Anglais, touristes ou résidents brésiliens, ne semblent pas dépaysés et font la queue en espérant l'hypothétique départ de supporters déjà à l'intérieur. Faute de place dans ces lieux à l'environnement « so british », beaucoup se mettent à parcourir les rues alentours à la recherche d'un bar n'ayant pas encore atteint sa capacité maximale. Premières difficultés, ça commence mal.
Pour autant, les sujets de Sa Majesté ne perdent pas le sourire et espèrent qu'il ne s'agit pas d'un mauvais signe pour la suite des événements. La plupart des supporters sont confiants. « On n'a pas eu de chance contre l'Italie et l'Uruguay a perdu contre le Costa Rica. Je pense que cette fois on va gagner », pronostique James, anglais à Rio depuis trois mois. Dans les rues et dans les bars, difficile de trouver des Uruguayens, ils se font discrets a priori. Le match commence et les premiers « Go England » et « Come on England » se font entendre. Personne pour y répondre, les Anglais peuvent se sentir chez eux, la météo semble d'ailleurs avoir choisi son camp. Il pleut sur Rio.
C'est pourtant la Celeste qui se montre la plus dangereuse par le parisien Cavani notamment. Les coéquipiers de Gerrard, eux, semblent éprouver des difficultés à inquiéter les Sud-Américains. Les visages se tendent. La confiance affichée en début de match s'effrite au fil des minutes. Ce match est décisif, malheur au vaincu. Les Anglais le savent et la pression, psychologique, semble monter, au contraire de la bière pression qui, elle, a plus tendance à descendre dans les verres des supporters. À quelques minutes de la mi-temps, Suarez ouvre le score pour l'Uruguay. Stupeur chez les Anglais. « Je n'y crois pas, je suis en colère », glisse James avant de lâcher un « come on England », de rage.

Photo : Vincent Boucher
À la pause, la bière a un goût amer pour les Britanniques. « Je ne pense pas que l'Uruguay ait montré plus de choses que nous, ils ne méritent pas d'être devant, ce n'est pas juste », regrette Tom, chargé de Marketing à Londres. Entouré de ses amis, eux aussi dépités, il ne perd pas malgré tout espoir. « la pression maintenant va être sur les épaules des Uruguayens, on n'a plus rien à perdre. On ne gagnera pas la Coupe du Monde de toute façon mais ce serait bien d'aller au moins en huitièmes », ajoute-t-il. Même son de cloches du côté de Mattew, dentiste londonien, qui garde le sourire malgré sa déception. « Je suis un peu plus nerveux qu'au début, j'ai peu d'espoir mais ce n'est pas fini. Ca va être difficile mais on peut encore gagner », admet-il. Supporter de Liverpool, le club de Suarez, auteur de l'ouverture du score, il sait combien l'attaque uruguayenne est de qualité. « Je suis vraiment content pour lui, c'est un grand joueur », reconnaît-il, fair-play.
Le match reprend et plus le temps s'écoule, plus les supporters anglais semblent résignés. Pour eux, même un match nul ne serait pas suffisant pour se qualifier. Et marquer deux buts, sans en prendre un, contre cette équipe uruguayenne leur semble de plus en plus improbable. C'est alors que Rooney entre en action, organise l'attaque anglaise et glisse le ballon au fond des filets. Les Britanniques exultent. L'espoir revient. Il reste un quart d'heure à jouer et les Anglais sont dans une meilleure dynamique. D'ailleurs, le commentateur brésilien pose la question à son consultant : s'il devait encore y avoir un but, sur qui parieriez-vous ? Réponse de l'intéressé : l'Angleterre. James acquiesce. « On peut le faire, on peut le faire », s'exclame-t-il, son drapeau blanc et rouge sur les épaules. Joie de courte durée. Dix minutes plus tard, la pluie qui tombait dru a décidé de faire une pause mais Suarez, encore lui, douche les derniers espoirs anglais en redonnant l'avantage à l'Uruguay. Cette fois-ci la messe est dite. Le plus anglais des Uruguayens vient de crucifier les rouge et blanc.

Photo : Vincent Boucher
Les Britanniques assistent aux dernières minutes du match dans une ambiance bien morose, les regards perdus. Ils réalisent qu'ils sont certainement éliminés de cette Coupe du Monde. « Je suis dégoûté », lâche James, réconforté par son amie brésilienne. Les tablées de Tom et Mattew sont également peu bavardes, abasourdies. Après l'Espagne, une nouvelle équipe ayant déjà été championne du monde risque d'être éliminée dès le premier tour. Sale temps à Rio, Sale temps pour les grandes équipes.