|
La gabare Fleur de Lampaul en escale à Lorient... |
2
L’équipage de Fleur de Lampaul a amarré la gabare de 27 mètres au ponton de la Découverte jusqu’au 12 juillet pour une escale technique avant de repartir vers le golfe du Morbihan où il passera la saison estivale. © Ouest-France
Le voilier traditionnel breton Fleur de Lampaul fait une escale d’une semaine au Péristyle à Lorient (Morbihan) avant de reprendre ses navigations entre le Golfe du Morbihan et la Norvège.
Les beaux voiliers se succèdent au ponton de la Découverte du quartier du Péristyle de Lorient (Morbihan). Après la goélette Tara et les voiliers de course Pen Duick qui l’avaient inauguré, ce sont les vieux gréements qui s’y succèdent comme le Bélem ou dernièrement la Recouvrance et Notre-Dame de Rumengol à l’occasion du festival Lorient Océans. Depuis dimanche, c’est une autre gabare, Fleur de Lampaul, qui s’y est amarrée pour une escale technique d’une semaine.
De la Bretagne à la Norvège
« C’est une gabare sablière construite à Camaret qui a transporté le sable nécessaire à la reconstruction de Brest et son arsenal », présente son capitaine Grégoire Loizeau qui souligne que c’est la même coque que le Notre-Dame de Rumengol amarré de l’autre côté du ponton, son aînée, construite en 1945. Le hasard des escales, car si les deux bateaux sont nés dans le même chantier, ils ont toujours vogué vers des horizons différents, se croisant de temps en temps dans un port ou à l’occasion d’une fête maritime.
Car malgré ses 77 ans et 120 tonnes à vide, il faut réussir à la suivre la vieille gabare. Après avoir transporté du sable, des oignons et des légumes pour l’Angleterre, elle avait été sauvée de l’oubli dans une vasière de l’Aber-Benoît pour être chargée de 15 000 livres et servir de librairie itinérante le long de la côte Atlantique.
Réaménagée en voilier d’expédition dans les années 90, elle embarque ensuite des dizaines d’enfants pour des voyages autour du monde à la rencontre des populations les plus reculées. La fondation Nicolas-Hulot la rachète en 2022 et va entièrement la restaurer en changeant 70 % de son bois avec 150 m³ de chênes de la forêt de Versailles abattus par la tempête de 1999. Elle prend alors Lorient pour port d’attache et navigue jusqu’en Méditerranée pour sensibiliser le grand public à la protection du littoral et des cétacés. « Le chantier qui l’a restaurée l’a ensuite rachetée en 2010 pour proposer des croisières. Une activité que nous avons reprise », raconte Tristan Hamon, son responsable de croisières qui s’est associé au capitaine pour racheter le bateau en 2021 et créer la société Loizon Sailing, basée à Lorient. « Chaque hiver, nous proposons des navigations et expéditions en Norvège avant de revenir au printemps pour effectuer la saison estivale dans la Région. »
Une histoire à découvrir
La création du ponton de la Découverte cet hiver est une aubaine pour le Lorientais Tristan Hamon qui a ainsi pu programmer l’escale technique à domicile. Arrivé dimanche, pendant la parade, son équipage doit y effectuer quelques travaux de peinture et d’entretien de son moteur. Ils resteront à Lorient jusqu’au samedi 12 juillet 2025 avant de mettre le cap sur Arradon d’où ils proposeront des navigations dans le Golfe du Morbihan, Belle Île, Houat et Hoëdic tout l’été.

Après six mois de croisières et d’expéditions en Norvège, en Écosse et en Irlande, la Fleur de Lampaul est amarrée au ponton de la Découverte qu’elle partage avec une gabare sistership Notre-Dame-de-Rumengol. Ouest-France
« Durant cette escale, les curieux, passionnés de patrimoine maritime et amoureux de grands voiliers sont invités à venir à la rencontre de l’équipage », indique Tristan Hamon qui souligne que si le navire n’est pas ouvert à la visite en raison de ses travaux d’entretien, le quai et son ponton restent accessibles pour contempler ce navire d’exception classé monument historique en 1987.