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JO 2030. Une nouvelle réunion du Cojop dimanche pour acter la suite du projet... |
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Le Cojop se réunit ce dimanche pour statuer sur la crise de gouvernance en cours. © Philippe Millereau/KMSP via AFP
Le Cojop se réunit ce dimanche 22 février pour aborder les problèmes de gouvernance sur les JO 2030. Au menu de cette réunion décisive, des discussions sur l’avenir du directeur général des Jeux de 2030 Cyril Linette mais aussi des décisions sur le futur organigramme.
Le Cojop va-t-il acter dimanche le départ de son numéro 2 Cyril Linette ? Et dans quelle mesure son président Edgar Grospiron est-il fragilisé ? La gouvernance du comité d’organisation des JO-2030 en France est au menu d’une réunion décisive pour la bonne exécution du projet.
Drôle de trêve olympique : le 11 février, en pleins Jeux d’hiver de Milan Cortina, les « désaccords insurmontables » à la tête du comité d’organisation des Alpes 2030 étaient officialisés par les parties prenantes du projet.
Gouvernement, comités olympique et paralympique et présidents des deux régions hôtes ont dans la foulée donné leur feu vert à Edgar Grospiron pour « conduire des discussions qui aboutiront au départ » de son directeur général Cyril Linette, selon les termes de la ministre des Sports Marina Ferrari.
« Poser un cadre de gouvernance stable »
« C’est un projet qui doit avancer dans le sens du collectif et de manière apaisée, et nous serons intransigeants sur ce point. Il nous faut poser un cadre de gouvernance stable », avait alors martelé la ministre devant les sénateurs.
Depuis des mois, le Cojop fait face à des luttes d’influences politiques et des crispations avec certains acteurs en régions. Il a été considérablement affaibli en interne par les démissions successives de la directrice des opérations Anne Murac, du directeur de la communication Arthur Richer et par le départ du président du comité des rémunérations Bertrand Méheut.
Ce dernier, ancien président du groupe Canal+, ex-patron du PMU et proche de Cyril Linette, a dans un courrier interne taclé tout particulièrement Edgar Grospiron, estimant qu’il « se comportait comme s’il était président-directeur général, hors de tout contrôle, sans en avoir la compétence ».
« Grospiron l’homme de la situation »
Dimanche - soit le jour de la cérémonie de clôture des Jeux italiens - un bureau exécutif réunira à Milan les parties prenantes d’Alpes 2030 pour « statuer sur la situation » concernant Cyril Linette, et également « examiner les recommandations de la mission d’accompagnement » mise en place après la vague de démissions, confiée à l’ancien directeur général de Paris 2024 Etienne Thobois.
Un nouvel organigramme, offrant davantage de pouvoir aux différents sites éclatés sur les deux régions, devrait être présenté : « Une fois qu’on aura l’organigramme, on verra qui on met », a résumé vendredi le président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur Renaud Muselier.
Ce dernier a aussi tenu à réaffirmer sa confiance à Edgar Grospiron : « Pourquoi il est encore l’homme de la situation ? Parce qu’il progresse, parce qu’il est champion olympique, qu’il a la confiance du CIO, qu’il a la confiance de tous les organisateurs des Jeux. Il a la confiance des athlètes, et je pense qu’il a progressé aussi et qu’il a grandi. Donc il prend de l’étoffe, petit à petit », selon M. Muselier.
« Un vrai panier de crabes »
Au-delà du départ imminent de Cyril Linette, la question est de savoir dans quelle mesure Edgar Grospiron est lui-même fragilisé par les turbulences de ces derniers mois, et si une nouvelle organisation de la gouvernance sera suffisante pour redonner de l’élan à un projet déjà ralenti par l’instabilité gouvernementale de la France.
« On est à moins de quatre ans de ces Jeux, et il y a maintenant un vrai risque de ne pas être en capacité de les livrer : en interne il n’y a pas de leadership, pas de pilotage, c’est un vrai panier de crabes », estime un observateur du dossier auprès de l’AFP.
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Cette source juge également qu’« il y a une réelle crise entre parisiens et montagnards. Edgar Grospiron est clairement en ligne avec les régions et, s’il saute, les régions vont se mettre en opposition. Et ce qui peut aussi freiner (une éventuelle mise à l’écart du président du Cojop) c’est qu’il faudrait une solution alternative, et aujourd’hui il n’y a pas beaucoup de volontaires, car il n’y a que des coups à prendre ».