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Insolite : Les robots-footballeurs français dépasseront-ils les quarts ?... |
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Un passionné vérifie les robots de l'Université de Bonn en Allemagne, sur lesquels ils travaillent depuis 2005. L'équipe allemande "NimbRo" et l'entreprise Igus GmbH affronteront les Français au championnat mondial de robotique, la "RoboCup". © Reuters/ Ina Fassbender
La Coupe du monde des humains terminée, les robots-footballeurs entreront en scène au Brésil pour la RoboCup. Une équipe bordelaise représentera la France du 21 au 24 juillet.
La RoboCup est un tournoi international qui a été créé avec l'objectif affiché de voir d'ici 2050 des robots battre leschampions du monde « humains » de football.
Pour l'instant, on en est encore loin. Sur un tapis vert représentant un terrain de football de six mètres sur neuf, les 24 équipes composées de quatre robots, dont un gardien de but, s'affrontent en toute autonomie dans des matchs de deux fois dix minutes, loin des fulgurances de Neymar et d'Arjen Robben, des dribbles de James Rodriguez et de LionelMessi.
Ici pas de reprise de volée, pas de jeu de tête, la balle orange de la taille d'un pamplemousse est difficilement maîtrisable par ces joueurs aux gestes mécaniques.
Autonomes
Les petits humanoïdes se déplacent seuls, repérant la balle grâce à une caméra placée à hauteur de tête et reliée à un ordinateur de bord. Ils doivent aussi répondre aux consignes de l'arbitre transmises par wi-fi.
« L'une des plus grandes difficultés dans les robots humanoïdes, c'est de gérer la locomotion. C'est d'une grande complexité », indique Olivier Ly, le manager de l'équipe du Rhoban Football Club qui évolue en catégorie humanoïde de petite taille.
C'est son équipe qui représentera la France lors de la compétition.

Au Brésil, à João Pessoa
Avec ses quatre robots de 50 cm de haut et de 4 kg, il s'est donné pour objectif d'atteindre les quarts de finale de la compétition qui se déroule à João Pessoa du 19 au 24 juillet.
« Depuis notre première participation, on a fait des progrès », reconnaît Hugo Gimbert, l'un des six membres de Rhoban qui participe à la RoboCup depuis l'édition 2 011.
Des passionnés, aux moyens minimes
Rhoban est constitué d'enseignants-chercheurs de l'université de Bordeaux officiant au Labri (Laboratoirebordelais de recherche en informatique), de passionnés et d'artistes intéressés par la création de systèmes robotiquesautonomes.
Les chercheurs bordelais expérimentent leurs « joujoux » avec des moyens réduits en comparaison de ce qui se fait dans d'autres pays.
« Les Iraniens sont très forts. Nous sommes une équipe de six, ils sont 60 ! Il faut compter aussi avec les Coréens, les Japonais, les Américains et les Chinois », déclare Olivier Ly.
Des robots à tout faire
Si les robots-footballeurs humanoïdes sont les plus prisés de la RoboCup, des compétitions concernant d'autres secteurs de la robotique sont également organisées : la RoboCupRescue (sauvetage), la RoboCupJunior (éducation) et la RoboCup@Home (il s'agit d'y achever un scénario quel qu'il soit).
Les chercheurs de Rhoban consacrent une partie de leur temps à d'autres formes de systèmes autonomes tels que lesrobots araignées et les robots agricoles.
Assister l'humain
« Le but de la robotique est d'assister l'humain dans les tâches délicates, pas de le remplacer », souligne Olivier Ly. Des applications concrètes sont en cours d'élaboration. En agriculture notamment.
« Les progrès qui ont été faits notamment dans la géolocalisation et la vision permettent aujourd'hui de déployer la robotique dans le domaine agricole », indique Hugo Gimbert, en regrettant le retard de la France qui n'a aucun constructeur de robotique industrielle.
3 000 geeks
Pour les chercheurs bordelais, se rendre à la RoboCup c'est se confronter aux autres, échanger, engranger des expériences parmi 3 000 geeks passionnés.
Pour ceux qui veulent en savoir plus, la Robocup de football sera retransmise sur un site de streaming.