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Hockey sur glace. Les Ducs d'Angers misent sur Latendresse... |
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Hockey sur glace. Les Ducs d'Angers misent sur Latendresse © Photo Le Courrier de l'Ouest - Josselin CLAIR
Recrue phare du mercato, Olivier Latendresse a posé son sac en Anjou pour relever un dernier défi. A 33 ans, il se livre sans détour avant le match de ce mardi soir à l'IceParc. Les Ducs accueillent Chamonix (20h30).
Le chandail du CanadienÂ
Élevé dans la pure tradition du sport québécois à Sainte-Catherine, Olivier Latendresse voue un culte au Canadien de Montréal, l’une des franchises les plus glorieuses parmi les 31 de l’actuelle NHL, la Ligue nationale de hockey créée en 1917 à Montréal.
« Après une grosse saison en Junior Majeur (N.D.L.R. : le championnat des espoirs en vue d’intégrer la NHL), j’ai reçu un coup de fil des Coyotes de Phoenix (franchise NHL) pour un contrat en 2004. Même si je n’ai pas pu jouer en NHL, j’y suis resté presque quatre ans lorsque mes droits ont été cédés au Canadien. »
Le camp d’entraînement a commencé début septembre 2008 au mythique Centre Bell. « C’était une terrible pression médiatique. En plus, j’ai eu la chance de jouer un match d’exhibition avec mon frère Guillaume (341 matchs en NHL). C’était incroyable. On est monté ensemble sur la glace pour l’avantage numérique. On était assis à côté sur le banc. J’ai gardé le DVD du match. Pour le chandail, on me l’avait promis… Finalement, j’en ai fait faire une copie à l’identique pour garder le souvenir. » Aux couleurs bleu, blanc et rouge comme… les Ducs d’Angers.Â
La France forcémentÂ
« J’ai eu une fenêtre d’opportunité pour jouer en NHL. Mais, j’ai été longtemps blessé à l’épaule. Les dirigeants du Canadien m’ont dit de me faire opérer et que j’aurai ma chance la saison d’après. Quand je suis arrivé le 1er juillet, tout le monde avait été congédié et le nouveau staff ne m’a pas donné ma chance. Il y a eu des pourparlers avec les Flames de Calgary. Mais, ce n’était pas clair et des agents m’ont parlé de l’Europe. »
Confronté aux vicissitudes économiques des ligues nord-américaines, Olivier Latendresse a finalement mis le cap sur le Vieux Continent. « Mon frère Guillaume a été la première personne à me dire que ce serait mieux pour moi d’aller en Europe. Comme j’avais une ouverture d’esprit et que j’étais célibataire, j’ai senti que c’était la bonne chose à faire. Etant né au Québec, je me suis habitué dès 20 ans à me débrouiller dans une autre langue que le français. J’avais 24-25 ans, je me suis dit que c’était le bon moment pour espérer faire une carrière de dix ans en Europe. »
Après une saison en Allemagne (2010-2011), Olivier Latendresse a rallié l’Autriche à la demande de Mario Richer, l’actuel entraîneur d’Amiens. Suivront un crochet par la Hongrie avec l’ex-Duc Antonin Manavian et l’arrivée à Grenoble. « Comme mes parents sont amis avec Alain Bouchard (N.D.L.R. : franco-canadien qui évolua en France dans les années 80), je m’étais toujours dit que je jouerais un jour en France. C’était plus facile pour la vie de tous les jours avec une femme et deux enfants. Il était temps parce que je ne jouerai pas jusqu’à 50 ans. »
Un Duc couronnéÂ
Après un séjour à Bordeaux en août 2018 écourté à cause de coupes budgétaires, Olivier Latendresse s’est engagé pour une saison à Grenoble, futur champion de France. « Gagner la Coupe Magnus, c’était incroyable. Nous avions un groupe de joueurs spécial avec beaucoup de personnalités. J’étais parti du bon pied avec Maxime Legault qui s’est malheureusement blessé. Ensuite, j’ai joué sur différents trios. Finalement, j’ai pris mon rôle. Il y avait assez de joueurs pour remplir le filet. Au bout de la ligne, je suis content parce qu’on a gagné. »
Champion de France en titre, le futur n° 10 des Ducs a été déçu par le rendez-vous avec les dirigeants isérois. « Angers m’a fait une offre respectable. J’avais joué avec Danick Bouchard à l’âge de 10 ans. On s’était croisé avec Maxime Lacroix en Ligue nord-américaine. Et j’avais joué avec Patrick Coulombe à Victoria (2009-2010) et à Graz (2013-2014). En plus, il y a la nouvelle Arena qui est la plus belle de France devant Grenoble à mon avis. »
Après huit matchs, le centre québécois a fait apprécier son sens du jeu (deux buts et quatre passes décisives) et sa science des mises au jeu. « Il faut savoir observer son adversaire, la position de ses mains, du bâton et où il regarde. Il y a des jeux truqués parce que les tactiques de sorties de zone sont prévues par rapport à ce qui est annoncé. Si j’étais coach, je recruterais surtout des centres parce qu’ils peuvent toujours les décaler au centre alors que l’inverse est compliqué, » tranche Latendresse, ravi de pouvoir se montrer sous un meilleur jour cette saison. « J’étais ravi de gagner le titre avec Grenoble. Mais, quelques jours après, j’avais comme un arrière-goût parce que j’aurais aimé contribuer un peu plus. » Désormais, les Ducs n’attendent plus que d’être séduits par Latendresse.