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Football : Rayan Frikèche a vu son temps de jeu s'envoler... |
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Rayan Frikèche, ici lors d'un match d'avant-saison contre Rouen, a donc fait sa troisième apparition en Ligue 2, contre Guingamp. Avec plus de 70 minutes sur la pelouse, cette fois. © Georges Mesnager
Ligue 2. Angers. Le milieu de terrain fait partie des jeunes éléments que Stéphane Moulin intègre petit à petit. Entré en jeu pour la première fois à Monaco, Rayan Frikèche a joué plus d'une heure à Guingamp. Impressions.
Voici un peu plus de deux ans, alors qu'il était encore junior, il l'avait dit dans Fou de foot, la regrettée émission de télé d'Angers 7 animée par le populaire Thierry Lardeux. Ses souhaits étaient de signer pro et de se faire une place au Sco. Bingo pour le premier, en passe pour le second. Rayan Frikèche fait, cette saison, partie du groupe de Ligue 2. Avec d'autres jeunes comme Rousseau, Ouarguini, Adeboroye ou Tamboura. « Je compte sur eux. Ils doivent prendre le relais quand d'autres joueurs sont absents ou blessés », précise, à leur sujet, Stéphane Moulin.
Le relais, Rayan Frikèche l'a pris vendredi dans les Côtes d'Armor. En remplaçant Férébory Doré touché au dos dès la 18e. Tout le monde attendait, après la blessure du Congolais, Ouarguini. Et bien non, ce fut Frikèche. « Pour Ouarguini, ce n'était ni le bon moment, ni le bon contexte », avait estimé alors le technicien angevin qui fit entrer l'attaquant beaucoup plus tard.
« Par contre, Rayan a rendu une copie plus que correcte dans un match délicat, et en plus, à un poste qui n'est pas le sien. » Hommage court mais hommage. Car Frikèche, milieu axial défensif, s'est appliqué au Roudourou à couvrir comme excentré gauche son couloir. Pas simple. « J'ai été un peu surpris. Je croyais que Nabil (Ouarguini) allait rentrer. Je me suis dit qu'il ne fallait pas stresser. Qu'il fallait que j'en profite. Je n'ai pas fait un match exceptionnel », dit-il avec beaucoup de recul et de maturité. « Je me suis vraiment concentré dans mon positionnement, sur l'aspect défensif. Offensivement, ensuite, je n'ai pas vraiment été très à l'aise. » Lucide sur le coup. Lucide tout court.
Il a, au Roudourou, multiplié presque par cinq son temps de jeu. En effet, cette saison, il effectua deux fois son entrée. Tardivement. Une première dans le cadre prestigieux de Monaco (6 minutes) avec un succès à la clé pour ses couleurs (3-1) puis une seconde, guère plus longue (8 minutes) contre Sedan, récemment, avec un revers à digérer (1-3). « C'est vrai que je recherche du temps de jeu, alors, à droite, à gauche je prends. Dans l'axe, il y a beaucoup de concurrence, j'en suis bien conscient. Cela aide à progresser. Alors j'essaie de tout donner. »
À 20 ans, cet élément costaud (1,84 m,78 kg) marche donc sur les pas d'autres joueurs formés au club, comme Karim Djellabi ou Vincent Manceau. En effet, Rayan Frikèche a connu le foot à Angers. Où il est né. Papa marocain, maman française. Avec ses premiers pas à Belle-Beille. Il est arrivé au Sco à l'âge de 8 ans. C'est dire s'il connaît la maison. Et chaque saison donc, il franchit un cap. Quelques entraînements avec les pros l'an passé. Sans match officiel. Des entraînements quotidiens maintenant et des apparitions. La dernière, à Guingamp, fait presque office de titularisation. Dans la tête de Frikèche, ce doit être l'étape à parcourir maintenant. « Je ne dois pas me contenter de cela, m'arrêter là. » dit-il tout simplement. Et puis Rayan, avec un prénom comme cela, ne peut que s'envoler...
Jean-François CHARRIER.