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Des milliers de sièges vides dans les stades : cet étudiant propose la solution pour y remédier... |
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Une tribune clairsemée du stade Raymond-Kopa d’Angers lors d’un match, en septembre 2023. © Archives Ouest France
Malo Bernard, étudiant de 20 ans à Angers (Maine-et-Loire), veut s’inspirer de « Too Good To Go », l’application contre le gaspillage alimentaire, pour répondre au problème du remplissage des stades en France. « Sold’Out » est le nom de son projet.
Son idée a émergé en voyant « des milliers de sièges vides dans les stades ». Malo Bernard, 20 ans et passionné par l’entrepreneuriat, souhaite alors s’inspirer de « Too Good To Go » , cette application contre le gaspillage alimentaire qui propose des produits invendus de commerçants à prix réduits.
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« Je trouve leur concept génial et super intéressant, souffle le jeune homme qui suit des cours à l’IUT d’Angers (Maine-et-Loire) sur le campus de Belle-Beille. Ça s’est développé aussi dans le monde de la culture, mais ça n’existe pas encore dans le sport… »
« On se forge des souvenirs dans un stade à guichets fermés »
C’est l’objectif de « Sold’Out », nom du projet de l’étudiant, qui veut s’attaquer au problème du remplissage des enceintes sportives. « Ce n’est pas toujours plein lors des matchs d’Angers Sco par exemple. Et c’est triste ! On se forge des souvenirs et on vit des moments exceptionnels dans un stade à guichets fermés », assure Malo, qui pratique le handball aux Ponts-de-Cé et adore la ferveur de la H arena, le petit chaudron du HBC Nantes.
Sa future application proposerait donc aux clubs de vendre leurs places à prix réduits. « Deux ou trois jours » avant une manifestation sportive.
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L’idée, partagée sur le réseau social LinkedIn le 27 décembre 2024, a eu l’effet d’une bombe. Des centaines de partages et de commentaires, plus de 680 000 vues. « J’ai été heureux de voir un tel engouement. Je ne m’y attendais pas », avoue l’entrepreneur.

Malo Bernard, l’étudiant qui rêve de remplir les stades. Charlyne Labarre
Parmi les retours, ceux de professionnels du milieu. « Il y a eu des personnes très enthousiastes, mais aussi d’autres plus réticentes, qui redoutent que le concept ne pousse les gens à acheter uniquement à la dernière minute », poursuit Malo.
Sa réponse ? « Mettre uniquement des places en quantité limitée pour créer la peur du manque et que l’offre soit perçue comme une opportunité, quelque chose d’occasionnel. »
« On n’aura pas le PSG, l’OM ou l’OL »
Sans surprise, les matchs proposés concerneraient principalement des équipes de milieu ou de bas de tableau, qui peinent à attirer les foules. « On n’aura pas le PSG, l’OM ou l’OL, reconnaît Malo, qui ne veut pas non plus se limiter au football. On pourrait avoir du handball, du tennis, de la boxe… Et surfer sur la vague des Jeux olympiques et l’envie des gens de découvrir de nouveaux sports. »
Reste à savoir à qui s’adressera cette application ? « On vise les étudiants qui prévoient souvent des plans à la dernière minute et qui ont un pouvoir d’achat moins élevé, explique le jeune créateur, qui mise aussi sur les sorties en famille. Aujourd’hui, le prix des billets ne permet pas forcément à des parents d’amener leurs enfants voir un match. »
Un lancement au printemps ?
Malo, qui travaille sur ce projet avec trois amis, Manon, Jade et Titouan, suit actuellement le programme Les Entrep’, destiné aux moins de 30 ans qui souhaitent s’entraîner à l’entrepreneuriat. « On est en train de préparer un crowdfunding (financement participatif) pour pouvoir sortir l’application en avril ou en mai », poursuit-il.
L’objectif sera d’abord de la tester avec des clubs angevins, sur les derniers matchs de la saison, et d’obtenir des retours avant un lancement à l’échelle nationale « pour le début de la saison sportive 2025-2026 ». Car, précise-t-il : « Il faut aller vite, la concurrence va commencer à apparaître… »