Accueil Sport Cyclisme. Pourquoi l’équipe Décathlon AG2R La Mondiale a imposé l’anglais comme première langue

Cyclisme. Pourquoi l’équipe Décathlon AG2R La Mondiale a imposé l’anglais comme première langue

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photo  julien jurdie, directeur sportif français de décathlon ag2r la mondiale explique le changement de communication interne au sein de l’équipe.  ©  photo : kblb_dat 1

Julien Jurdie, directeur sportif français de Décathlon AG2R La Mondiale explique le changement de communication interne au sein de l’équipe. © Photo : KBLB_DAT

C’est l’une des petites nouveautés de cette saison 2025. Chez Décathlon - AG2R La Mondiale, tous les messages internes et briefings de course se feront en anglais. Des formations à la langue de Shakespeare ont lieu pour tout le personnel. Un développement voulu par la direction dans une logique d’internationalisation de la discipline. Mais aussi de sa marque. Explications.

L’an passé, Décathlon - AG2R La Mondiale avait pris l’habitude de filer à l’anglaise pour signer la meilleure saison de son existence (30 victoires). Cette année, elle a fait le choix de lier ses actes à la parole en ne voulant parler, en interne, qu’en anglais. La raison ? Une volonté de Dominique Serieys, patron de la formation implantée à Chambéry en Savoie. Lors de la présentation de l’équipe en décembre dernier à la Décathlon Arena de Lille, le ton avait été immédiatement donné : la présentation avait été entièrement réalisée dans la langue de Shakespeare. « Une équipe internationale basée dans les Alpes françaises », avait notamment dit l’homme fort de l’équipe. Mais pourquoi ? Explications.

Des effectifs très internationaux

C’est un fait simple mais qui permet d’y voir rapidement plus clair. Sur les trente coureurs World Tour, quatorze sont étrangers et neuf nationalités différentes sont représentées (Autriche, Australie, Belgique, Suisse, Danemark, France, Irlande, Italie et Norvège). Au sein de l’équipe de Development évoluant au niveau Continentale, c’est encore plus frappant : sur douze coureurs, sept nationalités garnissent les rangs dont quatre Français : Arthur Blaise, Louis Chaleil, Antoine L’Hote et Aubin Sparfel. « On s’y est tous mis. Pour un vieux comme moi qui a dépassé la cinquantaine, ce n’est pas forcément évident. Les bases de l’école sont très lointaines mais je prends du plaisir. Je me rends compte que c’est quelque chose d’important et que c’était un manque avec autant de coureurs internationaux dans l’équipe », nous a expliqué Julien Jurdie, historique directeur sportif de l’équipe.

Un pouvoir d’attractivité pour le recrutement

En interne, les différentes équipes s’astreignent à des cours d’anglais, de deux à six heures par semaine car tout passe désormais par la langue de Shakespeare : réunion, messages, briefing, appels, consignes dans les oreillettes… Et les recrutements internationaux prouvent le changement de cap au sein de l’équipe. Durant l’hiver, la formation savoyarde a recruté l’ancien coureur gallois Luke Rowe et l’Australien Luke Roberts comme directeurs sportifs. Et cela a joué dans le recrutement hivernal.

Il y a eu l’arrivée du Suisse Stefan Bissegger mais surtout du Norvégien Johannes Staune-Mittet, formé à Visma-Lease a Bike et vainqueur du Baby Giro en 2023, visiblement réfractaire de venir chez AG2R l’an passé selon les dires du boss de Décathlon - AG2R La Mondiale. « Je suis Français et jamais, je ne trahirai ma nationalité. Mais c’est vraiment un handicap parfois. Il y a beaucoup de coureurs en 2023 qu’on voulait recruter, mais qui ne voulaient pas venir parce qu’on était trop français et qu’il n’y avait pas d’encadrement étranger. Un garçon comme Staune-Mittet ne serait pas venu si on était resté dans ce schéma », affirmait, en décembre, Dominique Serieys à l’AFP.

Le grand espoir norvégien assurait d’ailleurs à l’AFP « que l’équipe s’internationalise et développe un univers anglophone était primordial pour moi qui ne parle pas un mot de français ».

La volonté de développer l’équipe avec une image de marque

Ce développement au sein de la formation savoyarde est loin d’être anodin. Il intensifie la volonté de deux sponsors de développer l’équipe avec une véritable image de marque. Les entreprises Décathlon et Van Rysel, filiale de la maison mère de la première citée, deviennent de plus en plus présentes sur le marché international et veulent continuer de grandir. Ses partenariats avec des athlètes français à forte portée mondiale en sont des exemples comme le tennisman Gaël Monfils avec la firme Artengo, marque experte du groupe Décathlon, ou le récent contrat signé jusqu’aux Jeux olympiques de Los Angeles entre Kiprun, autre marque de Décathlon, et le coureur de demi-fond français Jimmy Gressier. Ou encore le footballeur français Antoine Griezmann, lié à la marque.

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Et, forcément, les coureurs, exposés par leurs résultats, sont les premiers visages de la marque qui veut casser cette barrière très Franco-française. « Quand j’étais coureur, ma perception était celle d’une équipe old school et très française. J’avoue que c’était une inquiétude. Mais j’ai été très impressionné par leur discours. Se définir comme une équipe internationale basée dans les Alpes françaises, ça me parle », notait, à l’AFP, le nouveau directeur sportif Luke Rowe, ancien coureur chez Sky ou Ineos auprès de Chris Froome. En optant pour ce choix, l’équipe aux 28 millions d’euros de budget veut aussi continuer d’attirer des sponsors étrangers pour grandir encore. Dans ce sens et avec ce mode de fonctionnement, la formation savoyarde accentue sa démarcation par rapport aux autres équipes françaises présentes en World Tour (Cofidis, Arkéa-B&B Hotels, Groupama-FDJ).

Un frein pour les briefings des directeurs sportifs français ?

Reste que, malgré cette évolution, la question de la barrière de la langue se pose. Celle de l’esprit familial aussi. « C’est l’internationalisation du cyclisme qui touche l’équipe. Même si, pour moi, l’esprit français et familial doit perpétuer dans cette équipe », nous confie Julien Jurdie.

Le directeur sportif, très exposé dans la série Netflix sur le Tour de France, espère ne pas perdre en valeur et puissance des mots lors de ses briefings en passant du français à l’anglais. « Je resterai sur ma ligne de conduite, j’ai un mot qui me tient à cœur, c’est la gnaque. Et je n’ai pas trouvé d’équivalent pour le remplacer donc, pour moi, il restera dans mes briefings. J’ai expliqué la signification à tous les coureurs (sourire). Mon briefing sera effectué à 90 % en anglais quand même. Il n’y aura pas de soucis de compréhension. Mais je reste attaché à mes valeurs. La stratégie et la tactique sont importantes dans le vélo et il faut savoir passer les messages. Mais, pour moi, l’état d’esprit est primordial dans le cyclisme », conclut-il. Wait and see comme ils disent…

 
Quentin BURBAN (avec AFP).    Ouest-France  

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