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Cholet. Plutôt qu’un stage ennuyeux, ces secondes ont choisi la réparation de vélo... |
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Cholet. Plutôt qu’un stage ennuyeux, ces secondes ont choisi la réparation de vélo
Loin du stage sempiternel photocopies cafés, six élèves du lycée de l’Europe ont fait leur stage d’orientation dans l’atelier de réparation de vélo de l’Ecocyclerie.
Si l’on propose à des élèves de seconde, à la veille des vacances, de prolonger de quatre jours leur période de cours pour les passer avec leur professeur d’allemand, la réponse attendue aurait été non. Pourtant, au lycée Europe, six élèves de seconde ont répondu oui à Kai Hartwich, leur enseignant germaniste qui leur a proposé de travailler pendant quatre jours sur un projet autour du vélo.
L’astuce pour convaincre ces lycéens est jolie. Alors que leurs aînés passent le bac ou ses épreuves anticipées pour les élèves de première, les secondes doivent suivre un stage d’orientation. La plupart finissent silencieux dans un coin du secrétariat de l’entreprise du tonton ou dans la collectivité locale de l’amie de la cliente de la coiffeuse. Le professeur d’allemand, lui, a su proposer un stage complet autour du recyclage et de la remise en service de vieux vélos.
Matinées théoriques
Depuis jeudi 13 juin, six adolescents passent toutes leurs matinées au lycée. « Il a fallu trouver une salle, vu que l’établissement est centre d’examen. Nous avons trouvé une classe de physique chimie qui restait libre
», explique Monsieur Hartwich. Là, ils assistent à des cours ou plutôt des exposés autour de la petite reine. « J’ai fait une leçon en allemand autour du vélo, mais mes collègues sont aussi venus aborder les mathématiques ou la physique. Le dernier jour du stage, en guise de récompense est consacré à une randonnée à vélo organisée par leur professeur d’EPS. »
Après-midi pratiques
L’après-midi, les secondes mettent littéralement les mains dans le cambouis à l’Ecocyclerie du Choletais. Cette association, dépendant du Fil d’Ariane, récupère des objets, cassés ou inusités et les revalorise en les réparant. L’organisation dispose d’un atelier complet pour réparer les vélos anciens. Ce choix n’est pas anodin pour Kai Hartwich : « J’ai la double casquette, je suis professeur, mais aussi bénévole à l’Ecocyclerie ».
« Tu peux aller chercher une clef de 14 ? »
C’est Clémence qui demande de l’aide. « Le pneu réparé hier est de nouveau à plat. »
La jeune femme explique son choix de stage : « Déjà, ça peut être pratique de savoir réparer un vélo, mais c’est surtout l’aspect environnement du projet qui m’a plu, redonner une seconde vie a des objets usagers »
. La lycéenne était une des jeunes meneuses des grèves pour le climat à Cholet.
Ses camarades de classe sont tout aussi enthousiastes : « On aurait pu être en stage dans un cabinet d’avocat ou chez les pompiers, mais ici on est bien ».
Et elles sont plutôt efficaces confirme Norah-May : « Dès le premier jour, on a grave fait des vélos ! ».
Esteban apporte une caisse de dérailleurs à Pap. Le jeune homme, accroupi devant un VTT, s’acharne sur le dérailleur, tout en retirant le câble, il explique que ce stage correspond à son cursus à venir « à la rentrée je passe en première STI DD ».
DD comme développement durable.
Pour la bonne cause
« En plus ce que l’on fait a un sens, c’est important de savoir que les vélos vont partir au Burkina pour des enfants qui en ont besoin »
, explique Coralie. En effet l’Ecocyclerie, a pour projet d’envoyer dix bicyclettes retapées au Burkina Faso pour dix élèves méritants. Kai Hartwich s’est greffé dessus et ce sont ses six élèves qui ont joué le jeu. « Au début, le président de la recyclerie m’a demandé de ne pas toucher à ces dix vélos, ils sont pour des élèves méritant du Burkina
, explique l’enseignant. Je lui ai dit que justement, on allait s’en occuper
. » Avec succès.