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Basket-ball. Nationale 1 : les adversaires du Caen BC en phase 2 passés au crible... |
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Le Caen BC devrait recroiser la route de Sébastien Cape. Hélas, le Rennais souffre d’une fracture de la main et manquera la phase 2. © Jocelyne Régent
La deuxième phase de Nationale 1, qui débute ce vendredi, s’annonce passionnante. Huit formations se tiennent en un point et lutteront durant dix journées pour décrocher la première place, synonyme d’accession en Pro B. Le Caen BC, qui part de trop loin, ne se mêlera malheureusement pas à la lutte. Sébastien Cape, le meneur de Rennes, et Sébastien Lambert, l’entraîneur de Challans, ont accepté d’évoquer les caractéristiques des cinq nouveaux adversaires du CBC.
Avec huit équipes se tenant en un petit point, la deuxième phase de Nationale 1, qui débute vendredi soir, s’annonce palpitante. Elle enverra son champion directement en Pro B, sans passer par la case playoffs. Hélas, le Caen BC ne viendra pas se mêler à cette foire d’empoigne là, la faute à un mauvais bilan face à ses rivaux directs durant la saison régulière.
Son unique objectif sera de grappiller quelques places pour avoir l’avantage du terrain le plus longtemps possible en playoffs. Présentation des cinq équipes qu’il s’apprête à croiser, avec le regard de Sébastien Cape, le meneur de l’Union Rennes, blessé à la main et out pour cette deuxième phase, et celui de Sébastien Lambert, l’entraîneur de Challans.
Poitiers (10e à l’entame de la phase 2, 10 points)

Alexis Dargenton (à droite) et les Poitevins devront apprendre à vivre sans Marcus Relphorde. Jocelyne Régent
L’avis de Sébastien Cape : « Ils ont bien mieux terminé la première phase qu’ils ne l’avaient entamée (6 victoires, 5 défaites). Poitiers, c’est un effectif monstrueux et une individualité au-dessus de la moyenne. Marcus Relphorde, c’est le meilleur attaquant de N1, un gros shooteur à trois points, un mec ultra-efficace qui n’a pas besoin de prendre 50 shoots pour marquer 30 points. Ils ont longtemps été dépendants de lui, avant de recruter un deuxième joueur étranger en cours de saison (Keith Omoerah, un poste 2 canadien), qui leur a apporté de la sérénité.
Relphorde a accepté de partager le ballon et la présence d’Omoerah a équilibré leur jeu. C’est devenu le métronome de cette équipe. Le problème pour eux, c’est que Relphorde (21 points de moyenne) est blessé (aponévrose plantaire). J’ai vu qu’ils avaient pris un pigiste médical donc ça risque de durer un peu. À voir s’ils vont réussir à vivre sans lui. Si d’autres joueurs vont éclore. »
L’avis de Sébastien Lambert : « La blessure de Relphorde change singulièrement la donne. Il y a un Poitiers avec lui et un Poitiers sans lui. Je ne sais pas à quel moment il va revenir, mais il avait beaucoup de responsabilités, quasiment tous les tickets shoots. Sans lui, les cartes vont être redistribuées, la hiérarchie sera différente. Cela peut permettre à d’autres de tirer leur épingle du jeu. Je pense notamment à Bali Coulibaly, qui devrait avoir plus de munitions dans la raquette.
Relphorde, c’est l’homme à tout faire, un candidat au titre de MVP. Comment Poitiers va jouer sans lui ? Mystère. »
Vitré (5e, 12 points)

Il n’est jamais simple de s’imposer dans l’antre de l’Aurore Vitré. Philippe Salmon
L’avis de Sébastien Cape : « Comme Loon-Plage, Vitré n’était pas forcément attendu là et a profité du fait que Lorient et Tours soient passées au travers. C’est une équipe qui se repose beaucoup sur sa défense (la meilleure de la poule A avec 72,34 points encaissés en moyenne). Ils sont très agressifs, très durs à battre chez eux. Beaucoup s’y sont frottés, peu ont gagné là-bas.
Il se dégage beaucoup de solidarité chez cette équipe. Ça se passe bien la balle, c’est bien coaché. La marque est bien répartie, même si beaucoup de choses reposent sur Louis Prolhac, le meneur, le leader. »
L’avis de Sébastien Lambert : « Vitré, ça défend fort, c’est agressif, mobile, ça joue bien au basket. Bref, c’est chiant à jouer. Ils sont atypiques dans la mesure où ils jouent sans véritable pivot. C’est une salle dans laquelle il n’est pas facile de jouer. Il va falloir y aller à Vitré, bon courage. Les postes ne sont pas doublés partout, il faudra voir comment ils encaissent cette série de matches tous les trois jours.
Louis Prolhac est celui qui peut changer le visage de cette équipe. Quand il est chaud, qu’il enquille deux mètres derrière la ligne, Vitré est dur à battre. »
Chartres (1er, 13 points)

Avec Gide Noel, Michael Craion, Marc-Antoine Pellin ou encore Jérémy Ricard-Dorigo, Chartres regorge de joueurs talentueux. Guillaume Marie
L’avis de Sébastien Cape : « Pour moi, c’est le favori. Avec Rouen et Le Havre, peut-être. Ils ont effectué un recrutement intelligent et dispose d’un effectif monstrueux. Ça court vite, ça shoote, ça se passe bien la balle, c’est très complet.. Très complet. Certains joueurs, à l’image de Gide Noël, sont au sommet de leur art. Ils ont des joueurs de devoir et sont capables de défendre très fort.
Cette équipe a toutes les armes pour aller loin. Le joueur clé ? Gide. C’est la pièce maîtresse, il s’occupe de tout, notamment de faire le relais entre les extérieurs et les intérieurs. »
L’avis de Sébastien Lambert : « C’est une équipe complète, solide physiquement, capable de bien défendre et qui possède de multiples armes offensives. Je ne sais pas qui de Michael Craion ou d’Anthony Smith ils vont garder. Ce ne sera pas la même équipe avec l’un ou avec l’autre. Il y a un effectif pléthorique, de l’expérience. Gide Noël n’a pas d’égal dans la division sur le poste bas. Dans les moments importants, Yann Siegwarth sera là. Attention à Chartres. »
Rennes (4e, 13 points)

Ibrahima Sidibé et les Rennais ont des arguments à faire valoir. Jocelyne Régent
L’avis de Sébastien Cape : « On a achevé la première phase avec la meilleure attaque (88,11 points marqués de moyenne) et l’une des moins bonnes défenses (80,42 points encaissés). Et ça ne veut pas dire qu’on est mauvais en défense. Je dirais même que c’est notre première force. On gagne énormément de ballons, on court et on va très rarement au bout des 24 secondes de possession.
Le tempo est élevé, on a jeu à risque et c’est d’abord pour cette raison que j’ai rejoint Rennes. Ma blessure ? Elle tombe au pire des moments. C’est frustrant parce que cette deuxième phase s’annonce passionnante, mais c’est comme ça. On n’a pas été épargnés par les blessures cette saison et jamais l’absence d’un joueur ne s’est fait ressentir jusque-là. Le danger peut venir de partout et, avec ce style de jeu, personne n’est indispensable. Harvey Gauthier nous a rejoints pour, dans un premier temps, remplacer Rémi Dibo. Il devra également pallier mon absence.
Le joueur à suivre ? Je dirais Cheick Condé, un gros point de fixation qu’on utilise beaucoup. Il est à l’opposé du style qu’on propose. Sur jeu placé, il est précieux. »
L’avis de Sébastien Lambert : « Là aussi, c’est une équipe atypique dans le sens où elle ne dispose que d’un seul véritable pivot (Cheick Condé) et qu’elle joue très au large. C’est une équipe qui joue beaucoup de possessions, qui aime alterner les défenses. Les joueurs ont beaucoup de liberté et c’est difficile à lire et à jouer.
L’absence de Sébastien Cape change la donne, c’était la pierre angulaire du système rennais. J’aime bien Leo Behrend, leur US, qui est une machine à shooter. Mais comment va-t-il se comporter sans Cape, qui libérait de l’espace en attaquant le cercle ? »
Loon-Plage (7e, 12 points)

Dans le Nord, Séraphin Saumont tourne à 5,5 points et 5,7 rebonds de moyenne. Guillaume Marie
L’avis de Sébastien Cape : « Pour ceux qui ne connaissent pas cette équipe, c’est une surprise de la retrouver là. Pour moi, ça n’en est pas une. Ils ont une puissance de feu, proposent un beau basket. C’est un groupe solidaire, qui joue sans pression. Ils sont heureux de jouer ensemble et ça fait plaisir à voir.
Loon-Plage, c’est le Nord… Une petite salle, une grosse ambiance, c’est dur de gagner là-bas. Ils ont Ron Anderson qui s’occupe de tout. Quand ils ne shootent pas en première intention, il lui donne la balle et il fait le taf. »
L’avis de Sébastien Lambert : « Ils ont eu énormément de réussite en début de saison, où ils ont gagné beaucoup de matches de très peu. On pensait qu’ils surfaient sur la dynamique de la montée et que ça retomberait. Ce n’est pas retombé. C’est une équipe qui n’a pas rempli le dossier pour monter, qui n’envisageait pas de se retrouver là. Désormais, elle n’a strictement rien à perdre et ça en fait une équipe dangereuse.
Ron Anderson est le stabilisateur. C’est un joueur d’expérience qui, partout où il est passé, a brillé. Il faut se méfier de cette équipe. »
Le classement à l’entame de la phase 2.
1. Rouen, Orchies, Rennes, Chartres, 13 points (5 victoires, 3 défaites) ; 5. Loon-Plage, Mulhouse, Le Havre, Vitré, 12 points (4 V, 4 D) ; 9. Caen, Poitiers, 10 points (2 V, 6 D).
Le calendrier du CBC en phase 2
10 mars : Poitiers – Caen BC. 14 mars : Caen BC – Vitré. 17 mars : Chartres – Caen BC. 24 mars : Caen BC – Rennes. 28 mars : Loon-Plage – Caen BC. 31 mars : Caen BC – Poitiers. 4 avril : Vitré – Caen BC. 7 avril : Caen BC – Chartres. 14 avril : Rennes – Caen BC. 18 avril : Caen BC – Loon-Plage.