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Basket-ball. N1M : les clubs bretons font le buzz sur les réseaux sociaux... |
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Malgré les salles de sport vides, le public peut continuer de suivre la Nationale 1 de basket-ball grâce aux réseaux sociaux. © BEAUVAL Sylvain
Depuis l’interdiction d’avoir du public dans les salles de basket, les clubs bretons se sont adaptés et utilisent internet pour diffuser leurs rencontres en direct. À Lorient, à Rennes ou à Vitré, tous trouvent des avantages d’utiliser les réseaux sociaux pour exister.
Ils étaient 1 127 personnes sur Internet à assister simultanément et en direct au match entre l’Aurore de Vitré et Angers, le 2 février dernier. Et le club vitréen a même enregistré plus de 26 000 vues en replay au cours des huit jours qui ont suivi la rencontre. Des chiffres parlants pour un championnat de Nationale 1 masculine qui, en pleine pandémie, trouve par l’intermédiaire des réseaux sociaux un remède pour poursuivre plus sereinement sa saison.
++ Vitré. À l’Aurore basket, Jean-Yves, un speaker en manque de supporters
Les huis clos liés à la crise sanitaire poussent les clubs à proposer une prestation alléchante pour valoriser leur sport, et à investir dans du matériel pour offrir la plus belle qualité de transmission.
« Les diffusions offrent une très grande visibilité »
Et ce qui se fait de mieux dans le domaine en Bretagne, c’est l’Aurore de Vitré qui le détient. On était les premiers (avec Challans), il y a quatre ans, à proposer des diffusions avec commentaires en direct
, souligne Gilda Francquembergue, la présidente de l’Aurore. C’était l’année de notre titre en Nationale 2. Nous voulions proposer les finales à notre public qui ne pouvait pas faire le déplacement sur un week-end à Kasenberg. On s’était rapproché de Swishlive, une start-up toulousaine spécialiste de la retransmission en direct sur les réseaux sociaux des compétitions sportives. Les débuts étaient rudimentaires. Je me souviens que les téléphones chauffaient et on faisait tout pour les refroidir le plus possible en direct.
Depuis, l’Aurore de Vitré s’est amélioré, et la qualité des retransmissions s’en ressent. Il y aura certainement encore du monde à regarder sur Internet ce samedi le derby à la salle de la Poultière contre l’Union de Rennes. Un club rennais qui était jusqu’ici très frileux pour adapter la même stratégie de communication que Vitré. Cela fait trois matches désormais qu’on commente les rencontres
, note Élise Bouthemy, la directrice de la communication de l’URB. On avait la crainte de perdre du public mais c’est un faux problème. Quand on voit l’engouement mais également l’intérêt pour nos partenaires, c’est très agréable pour tout le monde. Les diffusions offrent une très grande visibilité.
« Le club a investi dans des caméras »
Si le championnat fait son buzz sur les réseaux sociaux, les clubs profitent de l’aubaine pour mettre en valeur leurs partenaires. Et si le huis clos est encore à ce jour contraignant sportivement, les clubs se sont adaptés à la situation sanitaire. Ils ont surtout parfaitement ajusté leur moyen de communication. On avait déjà misé, lors de la saison 2018-2019, sur les réseaux sociaux, en proposant du contenu pour créer de l’interaction avec les supporters
, souligne Clémence Guillemot, la responsable de la communication du Cep Lorient. Mais au vu du contexte, on ne pouvait pas rester uniquement avec un smartphone et ne pas avoir de commentateurs. Le club a investi dans des caméras et des ordinateurs dédiés au streaming.
Une nouvelle stratégie commerciale
Le choix de reprendre le championnat de Nationale 1 sans public vaut mieux que ne pas jouer ! C’est une des remarques qu’on peut se faire après maintenant deux mois de compétitions. Car tout le monde reconnaît les bienfaits des réseaux et leur impact populaire.
Et les partenaires, fidèles pour les trois clubs bretons, trouvent une nouvelle stratégie commerciale pour promouvoir leur entreprise. On les met en valeur à chaque match avec des annonces diverses et, ce n’est pas rare, des propositions d’emplois
, précise Gilda Francquembergue. Idem pour l’Union de Rennes qui cherche à créer du lien avec ses partenaires et ses joueurs sous forme de parrainage.
Toutes les idées sont bonnes à prendre, même les plus originales comme au Cep. On a créé chez nous des plateaux apéro les soirs des matches dans le même principe que le click and collect. Les personnes s’inscrivent et avec un créneau d’horaire, ils récupèrent leur plateau
, souligne Clémence Guillemot.
Rien ne remplacera une salle pleine. Mais les clubs sont conscients que le public, qui joue fièrement son rôle de sixième homme, ne pourra pas garnir les gradins avant quelques semaines. La diffusion en streaming sera donc le seul moyen de voir le championnat de Nationale 1.