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Angers. Un décès sème le trouble aux urgences du CHU... |
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Angers, le 11 juin 2019. Un mouvement de grève perturbe depuis six semaines le service des urgences du CHU. Selon trois des syndicats de l’établissement public, le décès d’un usager survenu samedi soir en marge de l’hôpital illustre le « manque d’effectif criant » qu’ils dénoncent auprès de leur direction. © Archives CO – Josselin CLAIR
Le drame s’est produit samedi soir. Un homme n’a pas supporté d’attendre aux urgences de l’hôpital. Il est mort en arrivant sur le parking de la Clinique de l’Anjou.
C’est un événement dramatique qui survient dans un contexte de crise dans les services d’urgences, au CHU d’Angers en particulier.
Samedi, aux alentours de 20 heures, un homme d’une quarantaine d’années disant souffrir de douleurs thoraciques est décédé sur le parking de la Clinique de l’Anjou. Un proche venait de l’y conduire en voiture après un passage éclair par le service des urgences où ce patient avait bien été enregistré par l’agent d’accueil mais sans être pris en charge par les soignants.
Les sections de Force Ouvrière, Sud et la CGT qui ont révélé ce fait divers lundi soir dans un communiqué ne présentent pas le même déroulé des faits que la direction. Selon elles, c’est l’absence d’infirmière d’accueil disponible au CHU qui a incité le patient à rebrousser chemin pour se diriger vers un établissement voisin. « Ce soir-là, il manquait une infirmière qui n’avait pas été remplacée. Cette histoire est bien liée à un problème d’effectif
», déplore un délégué syndical.
Une plainte a été déposée
Pour la direction, la réalité est plus complexe. La seconde infirmière était bien en poste mais dans une autre unité car l’activité aux urgences était modérée à cet instant, avec un délai d’attente moyen d’une dizaine de minutes.
C’est à peine le temps qu’aurait patienté le patient qui, nous dit-on aussi, se serait montré peu coopératif avec la secrétaire en charge des admissions. « Il aurait été pris en charge d’une minute à l’autre. On ne sait pas pourquoi il est reparti aussi vite. On ne dit pas qu’on l’aurait sauvé mais on avait tous les moyens de le faire
», affirme la direction à l’égard de ce sujet qui ne présentait pas, en outre, de signe de détresse vitale : « Il est arrivé et parti debout, sans être soutenu ni en sueur
».
Une plainte a déjà été adressée au procureur de la République. Les syndicats ont déposé de leur côté un droit d’alerte auprès du CHSCT et réclament toujours en interne « l’ouverture de réelles négociations afin de sortir de la situation de crise
» dans lequel est plongé ce service depuis le 2 mai.
Anthony PASCO