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Angers Sco. Stéphane Moulin : « Le groupe était très fort de l'intérieur »... |
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Stéphane Moulin et le Sco se maintiennent pour la 5e fois d'affilée : objectif atteint. © Franck Dubray
La saison officiellement terminée, Stéphane Moulin apprécie le maintien de son équipe en Ligue 1 pour la cinquième année consécutive. Mouvementé en coulisses, l'exercice a été plutôt maîtrisé sur le terrain et l’entraîneur espère s’appuyer sur un groupe relativement inchangé la saison prochaine. Même s’il concède qu’un départ de Baptiste Santamaria est relativement probable.
Après avoir terminé 13e la saison dernière, Angers Sco boucle l'exercice 2019-2020 à une jolie 11e place, avec 39 points pris en 28 journées. Un record. Sportivement, le groupe a fait preuve d'une véritable sérénité, passant même de nombreuses journées sur le podium. En coulisses, en revanche, les dernières semaines ont été particulièrement agitées avec la mise en examen du président Saïd Chabane pour agressions sexuelles aggravées et le licenciement pour fautes graves du manager, Olivier Pickeu. Mais… "Je savais que ça n'allait pas nous abattre", avoue Stéphane Moulin à l'heure du premier bilan. Entretien.
Stéphane Moulin, après plusieurs semaines de flou, l’arrêt de la saison est-il un soulagement ?
Non, je ne peux pas parler de soulagement, parce que je suis déçu de ne pas aller au bout de ce que nous avions commencé. Mais je comprends les raisons de cet arrêt et il n’y a aucun débat là-dessus. Il y a trois mois, personne n’aurait pu imaginer cela, mais le plus important c’est la santé des gens et on ne peut que s’incliner avec humilité par rapport à ça. On est déçu, mais on sera encore en Ligue 1 la saison prochaine. On se maintient pour la cinquième année de suite et ce n’est pas rien. On le fait avec 39 points après 28 journées, ce qui est notre meilleur total à ce moment de la saison : ça n’était jamais arrivé. On termine à deux points de l’Europe également. Tout ça doit nous faire prendre conscience que la saison a été bonne. Il y a une progression constante des joueurs et de l’équipe, une progression dans le jeu que tout le monde a remarqué, et il ne faut pas occulter tout ça à l’heure du bilan. Je veux d’ailleurs féliciter les joueurs parce que je n’ai pas eu l’occasion de le faire ces dernières semaines. Joueurs, staff, dirigeants, supporters : on a atteint notre objectif.
Cette progression semble s’inscrire finalement dans la continuité des saisons précédentes ? Malgré quelques moments difficiles, il s’est dégagé une certaine sérénité…
Oui, parce que le groupe de base est resté le même. C’est un socle qui a peu bougé, et les garçons qui nous ont rejoints avaient également un bon état d’esprit. Je n’ai jamais douté de notre capacité à réagir dans les moments difficiles. Il y en a eu un surtout, selon moi, après la défaite à Nîmes (25e journée, 1-0 : le Sco n’a plus alors que 4 points d’avance sur Dijon, barragiste). Mais derrière, on a enchaîné trois victoires dont la dernière contre Nantes. C’est assez symbolique que ce soit d’ailleurs le dernier match qu’on ait joué : on ne les avait jamais battus deux fois dans la même saison. C’est fait.
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Finalement, les tempêtes ont surtout été extra-sportives cette saison. Avez-vous douté lorsque le président a été mis en examen à un moment où l’équipe était déjà un peu moins bien ?
Je n’ai pas douté, non. Je ne vais pas jouer les prétentieux et dire que je savais que… Je ne savais rien, mais je savais que le groupe était très fort de l’intérieur et que ça n’allait pas nous abattre, malgré tout ce qui se disait à l’extérieur. Ce groupe a des ressources morales et ce n’est pas d’aujourd’hui. Dès que les voyants commencent à clignoter, qu’ils commencent à être rouges, il y a une prise de conscience et des prises de responsabilités. C’est la force de cette équipe.
Justement, quid de l’avenir de ce groupe ? La crise amène-t-elle beaucoup d’incertitudes et de flou autour du mercato ?
Notre groupe ne bougera pas ou peu normalement. On l’avait d’ailleurs imaginé comme ça avant même qu’il y ait cette crise. Il y a des vraies valeurs, une vraie construction de cette équipe, et on veut garder ça. La principale question, la première qui me vient à l’esprit et à laquelle j’aimerais vraiment avoir une réponse, elle concerne en fait la reprise. Quand est-ce qu’on pourra reprendre l’entraînement ? Quand est-ce qu’on pourra rejouer ? Ça, ça m’intéresse beaucoup et ça va me permettre de mettre des choses en place. Le reste, je n’ai pas vraiment de prise dessus.
Certains joueurs risquent d’être courtisés. Baptiste Santamaria notamment. Y a-t-il des bons de sortie ?
Non, on entend souvent parler de bons de sortie, mais ça n'existe pas. Il y a juste des offres, des demandes. Il y en aura pour Baptiste. Il a déjà été sollicité l’année dernière et après la saison qu’il vient de faire, je ne vois pas comment il ne le serait pas encore cette fois. On lui avait demandé de faire une année supplémentaire avec nous, en sachant qu’il allait encore progresser, et c’est ce qui s’est passé. Maintenant, il y aura des demandes. Si Baptiste s’y retrouve et que tout le monde s’y retrouve, on pourra difficilement le conserver.
Avez-vous ciblé un secteur prioritaire sur lequel vous souhaitez vous renforcer ?
C’est difficile de parler de cela aujourd’hui. Je veux d’abord en discuter avec les joueurs, qu’ils soient les premiers au courant. J’ai toujours fonctionné comme ça et je ne vais pas changer. C’est une question de déontologie.
Vous allez mener ce mercato avec le président-délégué Fabrice Favetto-Bon et le directeur sportif Sébastien Larcier, qui viennent tous les deux d’arriver au club. Dans quel état d’esprit abordez-vous cette nouvelle ère ?
Les gens qui arrivent et ceux qui restent ont envie que ça fonctionne. On va apprendre à travailler ensemble et il faudra un peu de temps pour que tout cela se mette en action. Le contexte n’est pas favorable dans la mesure où l’on ne peut pas se voir, mais de ce côté-là, ça devrait rapidement évoluer. On a pas mal échangé déjà et on ne va pas changer beaucoup la ligne qu’on avait tracée avant tout cela. Le recrutement est un travail de longue haleine.