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Ligue 2. À Angers, l'heure est à la sérénité et l'amusement1 |
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Claudiu Keserü et les Angevins n'ont pas réussi à trouver la faille dans la défense niortaise. Malgré tout, le Sco se trouve désormais sur le podium. © La Nouvelle République
En ramenant l'essentiel d'un voyage compliqué dans les Deux-Sèvres, le Sco poursuit avec malice son petit bonhomme de chemin qui l'amène aujourd'hui sur le podium.
Il ne faut pas se mentir, ce déplacement à Niort ne restera pas comme un grand moment de la saison angevine, sauf peut-être pour Alexandre Letellier qui découvrait la Ligue 2 dans les buts angevins. Moins en jambes que contre Nantes (victoire 2-0), avec quatre changements dans le onze de départ à cause des bobos de Malicki, Frikeche, El Jadeyaoui et Socrier, le Sco n'a pas réussi à mettre le feu face à une équipe qui a refusé de jouer.
Faire le grand écart entre un match de gala la semaine passée et un déplacement à Niort - une formation à la lutte pour le maintien - n'est pas chose aisée. « Il y a l'usure physique et mentale, mais ça ne concerne pas que nous », note Stéphane Moulin.
Malgré une prestation stérile, le Sco a eu le mérite de ne pas s'énerver et de ne pas se faire cueillir bêtement. Dans ces conditions, ramener un point n'est pas forcément une mauvaise opération. « Ce match est riche en enseignements. Les joueurs ont su garder la tête froide alors qu'on se sentait moins bien. Je trouve leur réaction intelligente. Ils ont fait preuve de maturité. Nous n'avons pas raté le coche et réussi à préserver l'essentiel. »
« La situation nous amuse »
L'essentiel, c'est un point - « qui peut avoir son pesant de cacahuète en fin de saison » - l'essentiel, c'est aussi une septième rencontre consécutive sans défaite (quatre victoires, trois nuls). Toujours important pour préserver, ne pas casser la dynamique actuelle. Avec 55 points, le Sco est sur le podium. De position de chasseurs, les Angevins se retrouvent donc dans la peau des chassés. Alors certes l'écart est très, très mince avec Guingamp et Caen, respectivement 4e à égalité de points et 5e à une longueur derrière. Mais tout de même. « Oui, mais on ne va pas commencer à se dire qu'il y a quelque chose à défendre sinon on est mort », rétorque Stéphane Moulin.
Pour autant, l'ancien entraîneur de Châtellerault ne boude pas son plaisir de voir son équipe en haut de l'affiche. « Le regard des autres a changé. Et ça nous fait rire de voir les autres clubs avoir la pression à cause de nous. On est dans le rôle qu'on souhaite avoir, celui de l'équipe espiègle. Tous se demandent si on peut tenir, parfois nous entendons des choses maladroites à notre sujet. » Ce qui n'est pas pour déplaire à Stéphane Moulin, volontiers blagueur, en revenant sur les propos un brin condescendant de Waldemar Kita, président du FC Nantes, avant le derby de la semaine dernière. « Quand on nous donne du grain à moudre, avec le nom que je porte : ça le fait ! »
Ne pas penser qu'au football
La décontraction, c'est peut-être ça la clé du succès en Anjou. Il n'y avait qu'à voir les remplaçants se chambrer - Alharbi El Jadeyaoui et Khaled Ayari notamment - en faisant des jongles ou un taureau avant le match. D'ailleurs, dans son débriefing hier matin à la Baumette, juste avant le décrassage, Stéphane Moulin a confié n'avoir que très peu évoqué la prestation de la veille. « Non, on était plutôt à se demander quelle date on pourrait trouver pour se faire un repas ensemble, si on pouvait s'organiser une partie de boules... J'ai dit aux joueurs :'Restez vous-mêmes !' Il y a le bonheur lié à la situation professionnelle, mais il y a aussi le bonheur autour, avec la famille, qui est plus important. Il n'y a pas que le football dans la vie. Ce monde peut parfois être étouffant, bouffer beaucoup d'énergie. Et l'énergie on en a besoin en match. »
Un discours étonnant, qui tranche certainement avec ce qui se passe ailleurs. « Nous, on n'a pas d'épée de Damoclès sur la tête. » Le Sco n'a rien à perdre et tout à gagner dans l'histoire. On le répète souvent, mais c'est ce qui peut faire pencher la balance du bon côté au soir du 24 mai, du côté de Sedan. « Parti comme c'est, tout va se jouer lors de la dernière journée. On va se préparer pour ça ; il reste 6 matches », conclut Stéphane Moulin.
Valentin MARCINKOWSKI.