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Le Dizet : « J'avais un peu de mal à y retourner »... |
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Pour Serge Le Dizet, la rencontre au sommet de ce week-end possède bien entendu un parfum des plus particuliers. © Christophe Richard
Ligue 2. Ancien entraîneur des Canaris, Serge Le Dizet est depuis plus d'un an adjoint à Angers, où il prend beaucoup de plaisir.
Serge Le Dizet, entraîneur adjoint d'Angers Sco.
Nantes, ce n'est forcément pas un match comme un autre pour vous...
Les années sont passées. J'ai connu plusieurs expériences depuis mon départ de Nantes. Il fut un temps où j'avais un peu de mal à y retourner, c'est vrai. Les choses ont changé, il y a tellement peu de gens du domaine technique qui sont restés en place depuis mon départ.
Ce limogeage fin septembre 2006 - du temps où le club évoluait encore en Ligue 1 - est-il la raison principale de vos choix de carrière par la suite ?
La fin à Nantes a été difficile. J'y avais passé quatorze ans, en tant que joueur, formateur et entraîneur [...] Je n'ai pas eu de propositions car à cette période de l'année, les clubs ne bougent pas tellement. C'était également une période au cours de laquelle je divorçais donc quand il y a eu cette proposition de partir aux Émirats Arabes Unis, à Dubaï (il y est resté 4 mois, d'octobre 2006 à février 2007), je l'ai acceptée. Ça m'a permis d'être loin de tout cet environnement et ça m'a fait énormément de bien. À mon retour, j'ai eu quelques propositions de clubs de CFA, de National, mais rien d'intéressant. J'ai eu ce projet de vie avec Concarneau, en CFA2, qui m'a plu et m'a permis de me rapprocher de mes enfants un certain temps. C'était une sorte de retour aux sources. Je n'ai passé qu'un an là-bas car l'ambiance autour du club m'a « gavé », avec des guerres de personnes, et par solidarité avec le président, François Ollivier, je suis parti.
« Redevenir numéro un ne m'empêche pas de dormir »
Depuis 2009 et votre arrivée à Boulogne-sur-Mer, vous êtes dans la peau d'un numéro deux. Le vivez-vous comme un retour en arrière ?
Je n'ai jamais eu trop le temps de me poser cette question. Il faut laisser son ego de côté. De ce point de vue-là, je n'ai jamais eu de problème avec Laurent Guyot, qui est un ami, à Boulogne-sur-Mer, ni à Angers avec Stéphane Moulin. Aujourd'hui, redevenir numéro un dans un club n'est pas quelque chose qui m'empêche de dormir tous les jours à partir du moment où je me sens bien dans ce que je fais.
Comment vous répartissez-vous les tâches avec Stéphane Moulin ?
Les rôles sont clairs. C'est lui le patron, lui qui décide, même si on échange beaucoup. Je suis là pour l'aider. L'avantage que je peux avoir c'est que j'ai déjà été à sa place. Mon but est donc de lui éviter certaines difficultés par rapport à mon vécu. Je connais tous les éléments du football car je suis passé par tous les postes. Pour revenir au fonctionnement, il peut m'arriver en semaine de m'occuper de certaines séances, ce qui permet à Stéphane d'observer. Moi, c'est plus le travail technique - il y a aussi de la vidéo - quand lui s'occupe de la tactique.
Travailler avec un entraîneur qui n'a pas son DEPF, est-ce que ça change quelque chose ?
Non, car quand je suis arrivé ici, on m'a bien expliqué que je n'étais pas qu'un prête-nom.
« Hors de question de faire le forcing pour Brest »
Qu'est-ce qui vous a séduit quand le Sco est venu vous chercher, en juin 2011 ? Ça n'a pas dû être évident de dire oui à l'époque alors que le club naviguait en eaux troubles.
Je devais partir au centre de formation d'Auxerre. L'ancien président, Dujon, m'avait contacté. On s'était vu deux fois et puis il y a eu le « coup d'état » Guy Roux - Gérard Bourgoin donc ça ne s'est pas fait. En parallèle, le Sco a su que j'étais sur le marché. Et à partir du moment où j'apprécie l'homme avec lequel je vais travailler, Stéphane Moulin en l'occurrence, c'est bon. J'avais une bonne image d'Angers parce que c'est un club qui a progressé et qui savait lancer ou relancer des joueurs en prêt. Concernant les histoires extra-sportives, il y a à prendre et à laisser. Après, on peut toujours rester au chômage mais c'est toujours mieux d'être en activité.
Pourquoi avoir refusé cet été le poste d'adjoint de Landry Chauvin, à Brest ?
Tout simplement par fidélité à Angers. J'ai répondu au Stade brestois qu'il fallait discuter avec le club, voir si ça intéressait la direction de me laisser partir. Moi, en tout cas, ça m'a intéressé. C'est la Bretagne, donc pas loin de chez moi, c'est la Ligue 1... Pourquoi pas ? Mais dans ma tête, si le Sco voulait me garder, c'était hors de question de faire le forcing pour partir. J'étais bien content qu'ils me prennent un an auparavant et je me sens bien dans cette ville et avec le staff. Il y a de belles choses à construire ici et finalement je suis resté et j'ai prolongé jusqu'en 2015.
Nantes - Angers, samedi 14 h à la Beaujoire.