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6 Nations. France - Irlande : « Jérôme Garcès sera très content » : quand la discipline retrouvée fait briller les Bleus... |
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Charles Ollivon. © David Rogers / AFP
Longtemps point faible du XV de France, la discipline a été au cœur du succès tricolore face à l’Irlande (36-14) en ouverture du Tournoi des 6 Nations, ce jeudi 5 février 2026. Zéro pénalité concédée en première période, un travail assumé et répété toute la semaine, et un message fort envoyé : les Bleus ont changé de visage, au moins le temps d’un match.
On les attendait sur ce terrain-là . Longtemps point faible du XV de France, notamment lors de la dernière tournée de novembre, la discipline a cette fois symbolisé la maîtrise globale des Bleus face à l’Irlande (36-14), en ouverture du Tournoi des 6 Nations 2026, ce jeudi 5 février. Sous la pluie et face à l’une des équipes les plus cliniques du circuit (habituellement), les Bleus ont livré une première période quasi parfaite, symbolisée par un chiffre rare à ce niveau : zéro pénalité concédée avant la pause (quatre sur l’ensemble de la rencontre).
Un marqueur fort, presque historique, qui n’a rien d’un hasard. La discipline restait le focus toute la semaine. On en a parlé, reparlé, re-reparlé, tous les jours
, insiste Charles Ollivon. Le deuxième ou troisième ligne français raconte un vestiaire serein à la mi-temps, alors que les Bleus viraient avec 22 points d’avance (22-0). Ça donnait de la confiance, des certitudes. Et surtout, ça fait plaisir de se retrouver à zéro pénalité à la mi-temps. Je ne sais même pas si c’est déjà arrivé.
« L’équipe a envoyé un message très fort »
Face à une Irlande souvent redoutable sur les touches et les ballons portés, l’enjeu était clair. On savait que ça pouvait leur donner des munitions pour rentrer dans nos 22 m et lancer leur jeu. On voulait surtout éviter ça »,
poursuit Ollivon, rappelant que Jérôme Garcès, consultant arbitrage du staff, avait pointé un classement inquiétant des Bleus sur les fautes concédées lors des précédents rassemblements. Au cours de la dernière tournée d’automne, les Tricolores avaient accumulé les pénalités - treize contre l’Afrique du Sud, onze face aux Fidji (dont huit à la pause), douze contre l’Australie - faisant de la discipline l’un des grands chantiers de l’hiver.
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Même discours chez Thomas Ramos, pour qui un message très fort a été envoyé, déjà à nous avant les autres équipes. C’est le plus important.
L’arrière toulousain ne cache pas que le sujet était devenu sensible, même un sujet un peu noir durant la tournée de novembre.Â
Mais ce jeudi, la démonstration a été immédiate. Ça nous montre que, quand on est discipliné et sérieux, on n’est pas inquiété. Et du moment où on relâche un petit peu, on peut l’être
, analyse Ramos, faisant référence aux 14 points irlandais encaissés après la pause, lorsque le rythme est retombé et que les fautes ont commencé à s’accumuler.
Un sélectionneur « bluffé »
Pluie incessante, discipline parfaite… Même surprise chez Matthieu Jalibert, pourtant habitué aux matches engagés. Mais à des matches terminés à zéro pénalité encaissée ? À Bordeaux, c’est sûr que non (rires). En équipe de France, je ne pense pas non plus. Je crois que c’est un record.
À l’origine de ce virage, Fabien Galthié n’a pas caché sa satisfaction. Pendant dix jours, on a travaillé avec cette trame. Ça demandait beaucoup d’engagement, parfois de changer des habitudes. Je les remercie.
Le sélectionneur se dit même bluffé
par la réponse de son groupe, soulignant que cette discipline était aussi le reflet d’une équipe capable de contrôler le rythme du match et de ne laisser aucune opportunité à l’adversaire
en phase défensive.
S’il reste des ajustements, notamment en seconde période, le XV de France a envoyé un signal clair. Et si le Tournoi ne fait que commencer, la première conquête des Bleus pourrait bien être celle-ci : avoir transformé un ancien point noir en véritable marqueur de domination. Jérôme (Garcès) sera très content
, conclut avec le sourire Matthieu Jalibert.