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Nantes. Atlantide, la case à palabres des écrivains du monde... |
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Au lieu unique, à Nantes, les mots vont résonner du 5 au 8 mars. © Michael Meniane
Du 5 au 8 mars à Nantes, le festival des littératures fait se côtoyer auteurs nationaux et internationaux. Ils croiseront leurs points de vue sur les grands enjeux de nos sociétés.
Engagement, liberté, ouverture à l’autre. C’est autour de ces trois mots choc que la huitième édition d’Atlantide, imaginée sous la direction artistique d’Alain Mabanckou, invite plus de 60 invités de 26 nationalités différentes. À Nantes, ces écrivaines chinoise, ougandaise, canadienne et ces auteurs islandais, américain, mozambicain vont partager leur vision du monde, riches de leurs héritages et de leurs réflexions exprimés à travers des romans, des contes, des essais ou des textes déclamés. Car toutes les littératures ont droit de cité au bord de la Loire !


A Atlantide, on entendra l’une des voix les plus fécondes du moment, celle de Leïla Slimani. La Franco-Marocaine, prix Goncourt 2016 pour Chanson douce adapté en 2019 au cinéma, utilise depuis longtemps sa plume pour défendre la condition des femmes dans son pays d’origine, le Maroc où elle a grandi jusqu’à ses 18 ans. Vendredi 6 mars à 19 h, elle lancera le festival au lieu unique par sa leçon inaugurale intitulée « Celles par qui le scandale arrive ».
« Un écrivain est un être de parole », affirme Leïla Slimani l’engagée qui veut transmettre à Nantes « un message de liberté et d’émancipation ». Ce qu’elle défend à travers le manifeste des 490, qu’elle a co-écrit. Il dénonce l’article 490 du code pénal marocain qui punit de prison les relations sexuelles hors mariage. Un sujet qu’elle abordera aussi à Nantes lors d’une conversation autour du thème « Sexualités, identités et corps colonisés ».

La place de la femme est au centre de son dernier roman, Le Pays des autres publié chez Gallimard. Il suit, pendant la Seconde Guerre mondiale Mathilde, une jeune Alsacienne qui s’éprend d’Amine Belhaj, un Marocain combattant dans l’armée française. Après la Libération, le couple s’installe au Maroc. « Tous les personnages de ce roman vivent dans « le pays des autres » : les colons comme les indigènes, les femmes, surtout, vivent dans le pays des hommes et doivent sans cesse lutter. » Cette période trouble des années 1950, avant l’indépendance, elle a voulu la raconter par la voix de son héroïne Mathilde. « J’ai opéré un glissement de point de vue en choisissant celui des femmes qui ont subi, à cette époque, à la fois la domination politique et la domination patriarcale. »
Hasard heureux, le livre sort le 5 mars, jour d’ouverture du festival Atlantide. Leïla Slimani s’en réjouit. « La rencontre avec le public, c’est ce qui fait vibrer le livre. »
Atlantide, du jeudi 5 au dimanche 8 mars à Nantes. Le jeudi dans les librairies et au château, vendredi rencontres et débats à partir de 13 h au lieu unique, samedi et dimanche à partir de 11 h. Entrée libre et gratuite dans la limite des places disponibles.
Liberté d’expression
Une soirée dédiée à Selahattin Demirtas, un homme politique turc, arrêté en novembre 2016 dans le cadre des purges menées par le président Erdogan contre l’opposition. Il a écrit un recueil de nouvelles en prison, il en sera fait lecture. Samedi 7 mars au bar du lieu unique à 19 h 30.
Cuisine
Leçon de cuisine avec l’écrivaine et scénariste Loo Hui Phang, née au Laos, dont le prénom chinois Hui Phang signifie « nuage parfumé ». Sous un nuage, une création culinaire… Dimanche 8 mars à 11 h au bar du lieu unique. Réservation obligatoire : 02 40 12 14 34 ou billetterie@lelieuunique.com
La phrase
« Écrire, c’est lever toutes les censures », Jean Genet, écrivain et poète (1910-1986).