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Musique. Avec « L’An 40 », Jeanne Cherhal jette la pudeur aux orties... |
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Jeanne Cherhal, photographiée à Paris le 24 avril 2019. © Photo Mathieu Zazzo
La Nantaise est partie à Los Angeles pour enregistrer un disque intime et puissant. Et célébrer son bel âge.
La photo attire forcément l’œil. C’est celle d’un bras relevé laissant voir une aisselle qui n’est pas passée sous le feu du rasoir. Le manifeste d’une femme engagée dans la quarantaine. « Cette image n’est pas anodine,
a confié Jeanne Cherhal au magazine Causette. Je ne suis pas maquillée, pas épilée, pas retouchée »
. Très belle devant la lumière qui caresse ses contours, est-on tenté d’ajouter.
La Nantaise célèbre ainsi « L’An 40 », avec l’envie irrépressible de jeter la pudeur aux orties. Elle chante son corps, « fines attaches de brindilles » dans « Le Feu aux joues » ; L’innocence crue des amants quand ils s’offrent goulûment l’un à l’autre (« Ma faim est grande et tes voiles se tendent, ton bateau se soulève » dans « Soixante-neuf ») ; La naissance de son petit « César », « né dans l’interstice / Il a laissé une cicatrice / Au bas de mon parchemin ». Elle pleure avec les femmes qui souffrent (« Fleur de peau ») : « Ma nature n’a pas de repos / Quand tout sourit quand tout est beau / J’ai une tristesse à fleur de peau / Ma nature n’a pas de répit / À la faveur de l’insomnie ».
Cet album aux paroles intimes et fortes est aussi celui d’une grande musicienne, éblouissante au piano, entraînant avec elle des musiciens et des choristes par dizaines dans un studio de Los Angeles.
Au micro d’Augustin Trapenard sur France Inter mardi 8 octobre, elle a expliqué pourquoi elle ne s’est pas contentée d’une formule piano voix pour ce disque, évoquant « la puissance » qu’elle veut inspirer, celle d’une femme forte.
Sébastien BOISNARD
« L’An 40 » Jeanne Cherhal (Barclay)