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Le public choisit le rôle des acteurs : cet étonnant spectacle est à voir en Maine-et-Loire... |
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Sophie Anselme, Simon Fraud, Maxime Coudour et Fanny Imber sont les interprètes de ce spectacle interactif et visuel mêlant la langue de Molière et la langue contemporaine avec un zeste de grivoiserie. © Joseph Banderet
À Beaucouzé (Maine-et-Loire), le Collectif du Prélude interprète vendredi 16 janvier 2026 un classique du théâtre français : L’Avare, de Molière. Mais il laisse une étonnante possibilité au public : les spectateurs choisiront eux-mêmes les interprètes de chaque rôle.
C’est l’histoire de quatre personnages qui décident d’adapter « L’Avare » de Molière pour lutter contre la crise. Un texte, des personnages et un auteur que tout le monde connaît. Les comédiens sont prêts à jouer tous les rôles ! Mais qui interprétera Harpagon, Cléante, Élise, Marianne… ? C’est au public de décider.
« Nous tentons d’interroger »
Car celui-ci est au centre de la pièce : il décide du choix de la distribution. Si les comédiens du Collectif du Prélude laissent cette possibilité au public, c’est pour questionner « sur l’importance des rôles, la notion d’emploi pour nous ou la fonction du costume… » Le changement de distribution bouleverse aussi l’idée du genre et de l’âge. « Nous tentons d’interroger : ce ne sont plus les années ou le sexe qui définissent un comportement, une identité. Seuls les situations, les actes et les paroles sont importants. »
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Issu de la « branche rue » de la Compagnie les Apicoles, Le Collectif du Prélude est né en janvier 2017 sous l’impulsion de Fanny Imber et Maxime Coudour. À partir de cette pièce archiconnue, les comédiens n’ont pas leur pareil pour impliquer le public et bouleverser les codes dans un exercice à la fois drôle, rythmé et jamais pesant.
« Nous voulions ajouter à cette fiction, une autre réalité théâtrale encore plus immédiate, confient les comédiens. Autour d’une trame écrite, nous improvisons en offrant matière à réflexion, à humour, à critique… Nous questionnons l’avarice dans un langage contemporain qui s’adapte à chaque jour, chaque lieu et chaque public… Notre parole rencontre celle de Molière pour emporter le spectateur. »
La représentation de cette pièce s’attaque à la place de l’argent dans notre société. « Notre scénographie s’inscrit dans l’idée d’une richesse cachée. En apparence tout est pauvre, mais le luxe se cache dans l’envers du décor. » La pièce fait partie de la programmation « C’est par ici qu’ça se passe » avec le soutien du département de Maine-et-Loire.
Vendredi 16 janvier, à 20 h 30 à la maison de la Culture et des Loisirs de Beaucouzé. Durée : 1 h, à partir de 7 ans. Tarif : 17 € et 10 €. En abonnement ou places individuelles sur beaucouze.fr