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ENTRETIEN. « J’ai coupé 30 minutes, j’étais sans pitié » : Juliette Binoche raconte la réalisation de son premier film... |
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L’actrice, et désormais réalisatrice, Juliette Binoche est venue présenter son premier film, "En nous". © Ouest-France
La comédienne Juliette Binoche est venue présenter, au festival Premiers plans d’Angers (Maine-et-Loire), son premier long-métrage, « En nous ». Une immersion intense au cœur de la création artistique. Elle se confie à « Ouest-France ».
Elle a joué dans Le patient anglais, Trois couleurs - Bleu, La vérité, Copie conforme, Le Quai de Ouistreham… Mais au festival Premiers plans d’Angers (Maine-et-Loire), Juliette Binoche est une réalisatrice venue présenter son premier long-métrage, En nous (sortie 10 juin). Un documentaire captivant sur la création du spectacle In-I, né en 2007 de sa rencontre avec le chorégraphe Akram Khan.
Pourquoi avoir attendu si longtemps ? Entre le théâtre et le cinéma, j’ai un peu travaillé… Je voulais faire un film sur ce spectacle, mais je ne savais pas très bien comment m’y prendre, je n’avais pas de production. J’étais un peu orpheline de ce projet
. Jusqu’au moment où deux professionnels ont manifesté leur envie de créer quelque chose avec elle.
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J’avais les cassettes des répétitions et beaucoup de rushes.
Une nouvelle aventure commence alors pour relayer celle née presque 20 ans plus tôt.
« Si on ne donne pas son âme »
Juliette Binoche fait comme Miles Davis lorsqu’il a composé la musique mythique d’Ascenseur pour l’échafaud : elle écrit en visionnant les rushes. J’ai pris 200 photos des moments clés des scènes. Ça m’a permis de visualiser mon film.
Elle retrouve alors la fraîcheur des répétitions et même de la création, pas à pas. Avec l’envie que le spectateur puisse vivre l’expérience à travers ce qu’il ressent.
L’intensité physique et émotionnelle qui se dégage des images est un puissant hommage à la création artistique, à son mécanisme intrinsèque. Sauter dans l’inconnu, se renouveler, c’est passionnant, ça fait peur, mais on en ressort grandi avec une connaissance nouvelle de soi
, détaille l’ancienne présidente du festival Premiers plans 2020.
Et d’insister : On cherche quelque chose de nouveau qui part d’une sensation, pas d’une idée. Et si on ne donne pas son âme, il n’y a pas d’art
.
Avec ce premier film, elle espère donner envie aux gens d’aller vers des formes nouvelles, qu’ils n’ont jamais exploré. C’est complètement dingue de réaliser quelque chose qui paraît impossible au départ.
Parmi les difficultés rencontrées pour son premier film, l’étape du montage n’a pas été la plus simple : J’ai coupé 30 minutes, j’étais sans pitié : j’ai horreur de m’ennuyer pendant un film. La plupart du temps, je trouve qu’ils sont trop longs.
Est-elle tentée par un second long-métrage, qu’elle tournerait cette fois ? Oui, car j’ai été confortée dans mon intuition
.
Comme elle le proclame, dans En nous, On crée avec ce qu’on est et ce qu’on n’est pas
. Après 40 ans passés sur les plateaux de cinéma, elle peut déjà s’appuyer sur une sacrée expérience.
Qu’elle va continuer à enrichir en jouant un rôle secondaire, dans le nouveau film d’Antoine Chevrollier, le réalisateur de Maine-et-Loire primé en 2025 au festival Premiers plans avec La pampa. On tourne dans un mois