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« Des vies douloureuses » : cette pièce de théâtre met en lumière les « mauvaises filles » du Bon Pasteur d’Angers... |
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Marcial Di Fonzo Bo, directeur du Quai, à Angers, est metteur en scène de la pièce « Au Bon Pasteur, peines mineures ». Inès Quaireau en est l’actrice. © Ouest-France
Après les témoignages, la pièce de théâtre. La douloureuse expérience des filles du Bon Pasteur à Angers (Maine-et-Loire) sera représentée sur scène le 24 et le 25 novembre 2025. Une jeune actrice incarne à elle seule les parcours brisés de ces « mauvaises filles ».
Elles s’appellent Vanessa, Annette, Gisèle, Simone, Adèle et Louise. Six parcours, six vies brisées contées à Angers (Maine-et-Loire) par l’actrice Inès Quaireau. « Je ne connaissais pas l’histoire du Bon Pasteur, à Angers, raconte-t-elle. J’ai découvert que c’était un truc énorme. Ce projet est intense, mais il est important, pour que la parole se libère. »
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Des parcours cabossés
Car ces six personnages fictifs ont un point commun : faire partie des « mauvaises filles » du Bon Pasteur. Cette congrégation catholique fondée en 1835 promettait de venir en aide aux femmes précaires. Les témoignages révèlent aujourd’hui des cas de maltraitance graves. « Avec cette pièce, mon but premier n’est pas la dénonciation frontale, assure Marcial Di Fonzo Bo, metteur en scène et directeur du Quai. Je voulais montrer les mécanismes de ce système basé sur le patriarcat. »

Marcial Di Fonzo Bo, directeur du Quai, à Angers, est metteur en scène de la pièce « Au Bon Pasteur, peines mineures ». Inès Quaireau en est l’actrice. Ouest-France
Les témoignages des anciennes de Notre-Dame de Charité du Bon Pasteur font état de travaux forcés, éreintants, et de sévices physiques. « En plus, c’étaient à chaque fois des jeunes filles entrées pour des raisons hasardeuses », relève Marcial Di Fonzo Bo. Une fille violée pouvait ainsi être considérée comme aguicheuse et être envoyée au Bon Pasteur.
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Des personnages inspirés du réel
Vanessa, Annette, Gisèle, Simone, Adèle et Louise ne sont pas réelles. Elles ont été créées par l’autrice Sonia Chiambretto, à partir des récits des anciennes pensionnaires de la congrégation. « Ce n’est pas un théâtre documentaire, détaille Marcial Di Fonzo Bo. Dans cette pièce, on s’intéresse à l’humain. Ces portraits sont représentatifs des cas qu’on enfermait au Bon Pasteur et ils ont été élaborés avec différentes informations recueillies par l’autrice. Notre force, c’est de donner de la visibilité à cette histoire. »
L’actrice Inès Quaireau sera seule sur scène pour raconter ces vies cabossées par l’institution catholique. Elle signe son tout premier projet professionnel, à seulement 22 ans, l’âge qu’avaient les « mauvaises filles ». « D’un coup, ça donne une réelle présence aux personnages, pointe Jacques Peigné, directeur délégué du Quai. Cela rend la pièce très concrète. »
« L’émancipation des femmes »
La pièce sera jouée à l’Université d’Angers, avant le Quai. Pour Chloé Langeard, directrice de l’activité culturelle de l’université, cette histoire mérite d’être connue des étudiants. « Il y a des valeurs importantes, comme la question de l’émancipation des femmes. Ce sont des vies douloureuses. Avec cette pièce de théâtre, nous rendons visibles les invisibles. »
Au Bon Pasteur, peines mineures, le 24 novembre, à 19 h, et le 25 novembre, à 16 et 19 h, au Qu4tre de l’Université d’Angers. Le 29 janvier, à 19 h, et le 30 janvier, à 20 h, au Quai.