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« C’est dur, même si je sais que je suis à ma place » : Nathan Guerlavas, jeune danseur en route vers les étoiles... |
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Nathan Guerlavas, jeune danseur très prometteur, photographié à Cholet sur le ponton des avirons, au lac de Ribou. © Lorette Pouvreau
Originaire de Saint-Léger-sous-Cholet (Maine-et-Loire), Nathan Guerlavas pratique la danse classique. En 2024, il est entré au Conservatoire national supérieur de musique et de danse, à Paris. Sa sélection pour le prestigieux Prix de Lausanne (Suisse), en février 2026, pourrait marquer le début d’une belle carrière. Retour sur son parcours, de 5 à bientôt 18 ans.
Maintenant, vous avez un boulot : le dissuader de faire un autre sport. Il est fait pour la danse.
C’est ce que lui avaient dit, se souvient Pierrick Guerlavas, père de Nathan, les professeurs du Conservatoire de Cholet (Maine-et-Loire), après seulement une heure d’observation de son fils. Il avait alors 5 ans.
Cela faisait un an qu’il faisait du basket. L’expérience du ballon s’est arrêtée là pour lui. Ce don pour l’expression corporelle, Nathan Guerlavas l’a ensuite cultivé pendant dix ans à Cholet, jusqu’à l’obtention de son brevet. Au collège République, il a bénéficié de classes à horaires aménagés.
Une passion transmise par la lignée maternelle
La danse n’est pas apparue par hasard dans sa vie. Ma grand-mère est passionnée de mezzo. Elle aime la danse classique et adore regarder des ballets. Et ma mère a été prof de danse africaine »,
raconte le jeune homme. Avant d’intégrer le Conservatoire de Cholet, il avait suivi durant un an l’éveil artistique, danse et musique.
Nathan a poursuivi sa formation au Conservatoire à rayonnement régional de Nantes, pendant un an. Il y a fait une rencontre importante, celle de Nathalie Quernet qui a été sujet (3e échelon sur 5) à l’Opéra de Paris : Elle m’a poussé à aller à Paris. Elle m’a fait prendre conscience de mon potentiel.
Un lycéen plus occupé que les autres
À 16 ans, les portes du Conservatoire national supérieur de musique et de danse se sont ouvertes. L’élève y est aujourd’hui en deuxième année, où il pratique en solo la danse classique et la danse contemporaine : Il faut avoir une palette hyper ouverte.
Nathan découvre aussi le monde professionnel. Lui-même a le statut de préprofessionnel et participe, une à deux fois par an, à une représentation.
À Paris, il poursuit un double cursus. Jusqu’à 13 h, il est au lycée. Puis de 14 h jusqu’à 20 h 15, la danse occupe toute la place : cinq heures de pratique et une heure de théorie. Ses soirées sont courtes, occupées par le travail scolaire. Heureusement, les résultats suivent et le week-end lui permet un peu de se reposer.
Concilier jeunesse et discipline artistique
Comment, à presque 18 ans, arrive-t-il à concilier sa vie d’ado et la discipline imposée par la danse ? Sa réponse illustre sa détermination : C’est dur, même si je sais que je suis à ma place. Mais il y a des remarques difficiles à entendre parfois. Il faut les intégrer pour progresser, et avoir un bon mental pour supporter en plus l’éloignement de la famille. Ma vie est entre parenthèses, et le sera encore plus jusqu’au 1er février !
En effet, du 1er au 8 février 2026, il participera au Prix de Lausanne, en Suisse. Un concours international de danse classique : Fin octobre j’ai appris ma participation pour les demi-finales, je ne m’y attendais pas. Je n’osais pas y croire. J’ai appelé ma grand-mère en premier. Elle m’a dit : je le savais !
73 jeunes danseurs de 43 nationalités, dont beaucoup d’Asiatiques, dix Américains et deux Français, Nathan Guerlavas et une fille, y seront en lice. Depuis un mois, un coach le prépare à raison de trois heures supplémentaires le samedi. C’est le Prix le plus médiatisé dans le monde. Seront présents de nombreux directeurs de compagnie du monde entier, c’est une grande fenêtre qui s’ouvre, un bon moyen de se faire repérer »,
s’enthousiasme le jeune homme. Le gagnant de l’édition 2024 fait désormais partie de l’American ballet theater de New York.
Des ambitions et des soutiens financiers
Nathan rêve quant à lui d’intégrer l’Opéra de Paris, la Scala de Milan ou encore le Royal ballet de Londres, donc plutôt l’Europe pour rester dans le même esprit
, même si le San Francisco ballet le tente également. En attendant, en 2026-2027, il compte multiplier les auditions, s’imposer comme danseur métis, et peut-être un jour danser dans les ballets Roméo et Juliette ou Blake Works.
Son père Pierrick Guerlavas exprime sa fierté : C’est chouette d’avoir un rêve et de pouvoir peut-être le réaliser.
En attendant, toute la famille le soutient. La fondation Lazard Frères apporte une aide financière lui permettant de participer au Prix de Lausanne. Cholet Agglomération apporte également sa contribution en lui accordant 1 000 €. Le conseil municipal de Saint-Léger-sous-Cholet, où habitent ses parents, a voté quant à lui une aide de 200 €.
Le Prix de Lausanne sera diffusé en direct sur Arte, du 1er au 8 février 2026.