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Le cinéaste Ilker Catak reçoit l’Ours d’or du meilleur film à la Berlinale 2026... |
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Le réalisateur allemand Ilker Catak reçoit L’Ours d’or du meilleur film de la Berlinale 2026, pour son film "Yellow Lettes", samedi 21 février 2026. © RALF HIRSCHBERGER / AFP
Le film raconte le destin d’un metteur en scène turc et de sa femme actrice, soudain interdits de travailler en raison de leurs opinions politiques. Le festival a été marqué par le conflit au Proche-Orient.
L’Ours d’or du meilleur film de la Berlinale 2026 a été décerné à Yellow Letters du réalisateur allemand Ilker Catak, qui raconte le destin d’un metteur en scène turc et de sa femme actrice soudain interdits de travailler en raison de leurs opinions politiques.
Tourné en Allemagne, dans une coproduction avec la Turquie et la France, le film a remporté la récompense ultime au bout d’une cérémonie marquée comme le festival par le conflit au Proche-Orient et le rôle politique du cinéma.
Un festival marqué par le conflit au Proche-Orient
L’atmosphère s’est tendue quand le réalisateur syro-palestinien Abdallah Al-Khatib, lauréat du meilleur premier film avec Chronicles From the Siege, a accusé le gouvernement allemand d’être « complice du génocide commis à Gaza par Israël ».
Aux cris de « Free Palestine » (Libérez la Palestine), un spectateur a répondu « Free Palestine from Hamas » (Libérez la Palestine du Hamas).
Lauréat de l’Ours d’argent - Grand prix du jury, qui récompense le deuxième meilleur film, avec Salvation, le réalisateur turc Emin Alper a évoqué trois conflits majeurs du Moyen-Orient, ainsi que la situation politique dans son pays.
« Les Palestiniens à Gaza, qui vivez et mourrez dans les pires conditions, vous n’êtes pas seuls. Le peuple d’Iran, qui souffre sous la tyrannie, tu n’es pas seul. Et les Kurdes au Rojava (zone autonome kurde de Syrie, NDLR), qui luttent pour leurs droits depuis presque un siècle, vous n’êtes pas seuls. Et enfin, mon peuple, tu n’es pas seul », a-t-il déclaré sur scène.
Il a notamment rendu hommage au maire d’Istanbul Ekrem Imamoglu, opposant du président turc Recep Tayyip Erdogan, emprisonné depuis près d’un an et qui risque la prison à vie.
L’Ours d’argent de la meilleure performance, hommes et femmes confondus, a été décerné à l’Allemande Sandra Hüller pour son rôle dans Rose, drame en noir et blanc de l’Autrichien Markus Schleinzer, qui raconte l’histoire d’une femme dans l’Allemagne rurale du XVIIe siècle tentant d’échapper aux contraintes du patriarcat en se faisant passer pour un homme.
C’est la deuxième fois que Sandra Hüller remporte cette récompense, 20 ans après son rôle dans Requiem (2006).
Le film Queen at Sea de l’Américain Lance Hammer repart avec deux récompenses, celle de l’Ours d’argent - Prix du jury (équivalent de la 3e place), et de meilleurs seconds rôles pour le duo formé par Anna Calder-Marshall et Tom Courtenay.
Le festival a connu une édition tourmentée après la réponse à une question du président du jury Wim Wenders lors de l’ouverture.
« Nous devons rester en dehors de la politique », avait-il dit, interrogé sur le soutien de l’Allemagne à Israël malgré ses actions dans la bande de Gaza.