|
Cérémonie des Bafta : le film « Une bataille après l’autre » de Paul Thomas Anderson sort grand vainqueur... |
1
Jessie Buckley est la grande gagnante de la saison des prix et ultra-favorite aux Oscars. © EPA/MAXPPP
Ce dimanche, la fresque « Une bataille après l’autre » du cinéaste américain Paul Thomas Anderson est sortie grande gagnante des Bafta, les récompenses britanniques du cinéma, avec six prix, dont celui du meilleur film.
La fresque « Une bataille après l’autre » du cinéaste américain Paul Thomas Anderson est sortie dimanche grande gagnante des Bafta, les récompenses britanniques du cinéma, avec six prix, dont celui du meilleur film.
Avec 14 nominations, « Une bataille après l’autre » était grand favori. Cette fresque tragi-comique sur la traque d’ex-révolutionnaires par des suprémacistes blancs a aussi reçu le prix du meilleur réalisateur.
Mais les Bafta, qui font souvent office de baromètre avant les Oscars, ont laissé place à la surprise dans leur palmarès, en distinguant l’acteur britannique de 33 ans Robert Aramayo, qui a obtenu le prix du meilleur acteur pour son rôle dans « I swear », une comédie sociale sur un jeune homme atteint du syndrome de Tourette.
Il a battu le Franco-Américain Timothée Chalamet, qui était pressenti pour ce trophée, pour son rôle de joueur de ping-pong à l’ambition insatiable dans « Marty Supreme », de Josh Safdie. Il faisait également face à Leonardo DiCaprio (« Une bataille après l’autre ») et Ethan Hawke (« Blue Moon »).
« Honnêtement, je n’arrive pas à croire que j’ai remporté ce prix. Je n’arrive vraiment pas à y croire », a déclaré en larmes l’acteur, jusqu’ici peu connu.
La soirée des Bafta est l’une des plus glamour du calendrier londonien. Leonardo DiCaprio, Jessie Buckley, Emma Stone, Timothée Chalamet, Paul Mescal, Chase Infiniti : les stars ont défilé sur le tapis rouge.
Le prince et la princesse de Galles, William et Kate, ont également répondu présents, leur première sortie officielle depuis l’arrestation d’Andrew, le frère du roi Charles III, dans l’affaire Epstein. Le prince a dit à des organisateurs de la soirée ne pas avoir vu le drame shakespearien « Hamnet », qui était en compétition. « Je dois être dans un état assez calme, ce qui n’est pas le cas pour le moment », leur a-t-il confié.
« Hamnet » de Chloé Zhao, drame-fiction qui explore le deuil du couple Shakespeare après la mort de leur fils, repart avec seulement deux récompenses : celle de meilleur film britannique et de meilleure actrice pour l’Irlandaise Jessie Buckley. Cette actrice de 36 ans est la grande gagnante de la saison des prix et ultra-favorite aux Oscars.

Jessie Buckley est la grande gagnante de la saison des prix et ultra-favorite aux Oscars. EPA/MAXPPP
« Sinners », film d’époque teinté de fantastique dans l’Amérique ségrégationniste des années 1930, repart avec trois récompenses, dont le prix de la meilleure actrice dans un second rôle pour l’actrice britannico-nigériane Wunmi Mosaku.
« J’ai retrouvé une partie de moi-même en Annie, une partie de mes espoirs, de mon pouvoir ancestral et de mes liens, des aspects que je croyais avoir perdus ou que j’avais essayé d’occulter en tant qu’immigrante cherchant à m’intégrer », a-t-elle déclaré.
« Sinners » est à la croisée des genres entre horreur, film sur le blues et drame d’époque, de l’Américain Ryan Coogler (Black Panther). Elle a emporté un record de 16 nominations aux Oscars, qui auront lieu le 15 mars à Los Angeles.
Un extrait de la cérémonie pendant lequel une insulte raciste, attribuée à M. Davidson, est lancée aux acteurs de «Sinners» Michael B. Jordan et Delroy Lindo lorsqu’ils remettent un prix sur scène est devenu viral dimanche soir sur les réseaux sociaux.
« Meilleurs en ski »
Les Bafta ont donc sacré cette année plusieurs Britanniques, après avoir été critiqués pour laisser une place majeure aux Américains.
Depuis 2020, les votants appelés à élire les gagnants des Bafta ont un profil plus international, là où d’autres cérémonies comme les César en France ou les Goya en Espagne valorisent davantage leur cinéma national.
« Valeur sentimentale », long-métrage du Dano-Norvégien Joachim Trier sur la relation douloureuse d’un père cinéaste avec ses filles, a lui remporté le prix du meilleur film non anglophone. « C’est la première fois qu’un Norvégien gagne un Bafta », s’est félicité le réalisateur sur scène. « Nous sommes généralement meilleurs en ski ! », a-t-il plaisanté.
Le plus célèbre des ours, Paddington, est lui aussi monté sur scène pour remettre la récompense pour le meilleur film pour enfant et famille, décrochée par l’Indien « Boong ».