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« Un Prophète » : tirée du chef-d’œuvre de Jacques Audiard, la série de Canal+ est lancée ce lundi

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Mamadou Sidibé tient son premier rôle dans la série « Un Prophète ». © Christian Mantuano

Dix-sept ans après le long-métrage de Jacques Audiard, « Un Prophète » devient une série, diffusée dès ce lundi 2 mars 2026 sur Canal+. La fiction plonge dans un univers carcéral capitaliste où la criminalité s’est modernisée.

Dix-sept ans après l’ascension criminelle de Tahar Rahim dans Un Prophète, un nouveau Malik prend la relève dans la série de Canal+ , diffusée dès ce lundi 2 mars 2026. Une intrigue adaptée du long-métrage de Jacques Audiard, retravaillée et modernisée par les mêmes auteurs, Abdel Raouf Dafri et Nicolas Peufaillit. « L’idée, ce n’était pas de refaire le film, ni un préquel ou un séquel, mais un vrai reboot, explique Marco Cherqui, qui reprend son rôle de producteur pour cette adaptation. On voulait à nouveau poser les questions sur cette relation de la France à son identité, mais en 2026. Le tout, à travers le genre, appliqué à une introspection des personnages, de l’âme humaine. »

Difficile, pourtant, de succéder au chef-d’œuvre de Jacques Audiard, qui avait dépassé le million d’entrées en France à sa sortie en 2009 et décroché neuf César dont celui du Meilleur Film ainsi qu’une nomination à l’Oscar du Meilleur Film Étranger. « Peu de réalisateurs français voulaient passer derrière », confie le co-producteur Sébastien Janin.

Un système de domination commun aux deux œuvres

Finalement, c’est un metteur en scène italien qui a accepté de relever le défi. Enrico Maria Artale s’est saisi à bras-le-corps de cet univers carcéral. Et après cinq ans de production, le résultat est enfin là. Direction la prison des Beaumettes, à Marseille, où Malik (incarné par Mamadou Sidibé), un jeune Mahorais, vient d’être incarcéré pour possession de drogue.

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Un univers duquel il est étranger mais qu’il va très vite devoir apprivoiser. Alors qu’il tente de trouver des alliés, il fait la rencontre de Massoud (Sami Bouajila), un puissant promoteur immobilier. Ce dernier lui propose une protection en échange de sa loyauté. Mais rapidement, Malik se rend compte qu’il n’est qu’un pion dans le jeu du puissant Massoud.

« La thématique commune entre le film et la série, ce n’est pas tant la prison, c’est beaucoup l’apprentissage, mais c’est surtout comment s’affranchir d’un système de domination, développe le scénariste Nicolas Peufaillit. C’est le point commun entre les deux Malik. » Pour s’émanciper, Malik devra donc prendre des initiatives. Quitte, parfois, à choisir la violence, en opposition à ses propres valeurs.

« Une autre typologie de criminalité »

« J’ai passé beaucoup de temps à Marseille pour m’imprégner de la réalité, raconte Enrico Maria Artale. Je me suis fait raconter beaucoup de choses et j’ai travaillé en rencontrant des jeunes dans les quartiers, dans les prisons. Je voulais comprendre les codes, les instants, l’esprit, et surtout la tendresse qu’il y a entre ces jeunes-là. Je cherchais beaucoup la tendresse, plutôt que la violence à laquelle on est un peu trop habituée. »

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Symbole d’une époque capitaliste, la série dépasse le simple traitement du trafic de drogue pour aborder des thématiques plus actuelles, à commencer par le trafic de logement. « C’est une autre typologie de criminalité, détaille le metteur en scène. Ce n’est pas uniquement la différence entre les Arabes dans la position que les Corses avaient avant. Aujourd’hui, les prisons sont devenues des endroits complètement différents de ce qu’on connaissait avant. Il y a beaucoup de jeunes, elles prennent un rôle presque d’école pour certains d’entre eux. »

Malgré quelques longueurs et une lenteur assumée, le récit vibre par son réalisme et sa puissance, portée à merveille par des comédiens surprenants - dont Mamadou Sidibé, qui s’impose avec fracas pour son tout premier rôle.

Canal+, 21 h 09.

 
Margot FERREIRA (Diverto).    Ouest-France  

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