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« Compostelle » avec Alexandra Lamy, la marche comme rupture avec le passé... |
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Compostelle avec Alexandra Lamy © © 2025 Marie-Camille Orlando
La marche ou la prison, c’est le choix qu’un juge offre à un jeune délinquant. Il va choisir la marche et partir avec une enseignante en rupture avec l’Éducation nationale. Un joli chemin mis en scène par Yann Samuell. En salles, ce mercredi premier avril.
« Chaque année trois mille jeunes sont condamnés pour faits de délinquance. On les envoie en prison et 70 % d’entre eux deviennent de grands délinquants dans les deux ans qui suivent leur sortie. D’un autre côté, après la marche avec un accompagnateur, 60 % des jeunes trouvent un sens à leur vie, se réinsèrent, se reconstruisent. Il n’y a pas de fatalité, pas les méchants d’un côté et les gentils de l’autre. » Avec Compostelle, le réalisateur Yann Samuell (La guerre des boutons, La guerre des Lulus) s’engage ouvertement contre le tout carcéral pour les plus jeunes.
Un film classique oxygénant
Adam (excellent Julien Le Berre dans un premier grand rôle) multiplie les délits parce qu’il espère voir sa mère au tribunal. Souffrant d’un sentiment d’abandon, il est tout proche de la bascule dans la vraie délinquance. Comme une dernière chance, une juge lui propose une alternative à la prison : faire une longue marche, accompagné d’un adulte, pour essayer de rompre l’engrenage fatal qui le conduit à commettre des délits de plus en grave.
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Il va partir accompagné de Fred (solaire Alexandra Lamy). Quittée par son mari, mise à pied de l’Éducation nationale, elle est, elle aussi, en recherche de reconstruction. Au fil des kilomètres, ces deux êtres un peu cabossés vont apprendre (non sans mal) à s’apprivoiser. Le film s’inspire très librement de l’ouvrage Marche et invente ta vie de l’auteur Bernard Ollivier. Ce dernier a créé l’association « Seuil », qui propose un programme de réinsertion pour des adolescents en difficulté avec des marches de trois mois.
Si la mise en scène reste très classique et le scénario assez balisé, le film vaut clairement par le duo convaincant que forment les deux comédiens et par le message d’espoir qu’il délivre. Le dépassement de soi, la rupture par l’effort et le changement de cadre peuvent ouvrir des portes insoupçonnées. Un film oxygénant dans une période où l’on perd facilement confiance dans l’avenir.