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Y aura-t-il prochainement des recherches de métaux précieux en Maine-et-Loire ?... |
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Si elle obtient son permis exclusif de recherches de mines, la société Breizh Ressources entamera des études de terrain via notamment du carottage sur 18 communes dont dix de Maine-et-Loire (photo d’illustration). © Archives
La société Breizh Ressources a déposé une demande de permis exclusif de recherches de mines portant sur les départements de Loire-Atlantique et Maine-et-Loire. En Anjou, dix communes sont concernées.
Le sous-sol du Maine-et-Loire fera-t-il l’objet de nouvelles fouilles en quête de métaux rares ou stratégiques ? C’est en tout cas le souhait de la SAS Breizh Ressources, laquelle a déposé une demande de permis exclusif de recherches de mines (PERM) sur une partie du territoire. Nommé Bélénos, celui-ci s’étendrait sur une durée de cinq ans. Le sujet était à l’ordre du jour du conseil d’Anjou Bleu communauté, mardi 14 mai, celui-ci étant amené à donner son avis consultatif sur demande du préfet.
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Qui est derrière ce projet ?
Créée en septembre 2023, Breizh Ressources est domiciliée à Lorient. Son objet social est défini comme tel : « l’étude géologique, l’exploration de ressources minérales, l’étude et l’exécution de solutions de dépollution, de traitement et de valorisation des anciens rejets miniers. »
Elle est présidée par Keith Barron, un Britannico-canadien de 62 ans, à la tête d’Aurania Ressources LTD, une société minière canadienne spécialisée dans la recherche de métaux précieux et immatriculée aux Bermudes. Celle-ci est l’unique actionnaire de Breizh Ressources.
Que cherche Breizh Ressources ?
Le permis exclusif de recherches ne permet pas d’ouvrir ou exploiter une mine mais d’évaluer le potentiel géologique d’une zone. Dans sa demande de permis, la société Breizh Ressources dresse une liste des substances concernées sur ce territoire : l’antimoine, l’argent, le cuivre, l’étain, le molybdène et l’or.
Quelle zone est concernée en Maine-et-Loire ?
Dix-huit communes figurent dans la zone de 440 km² délimitée par Breizh Ressources : huit en Loire-Atlantique et dix en Maine-et-Loire. En Anjou, sur un axe ouest-est, sont concernées : le sud de Challain-la-Potherie, Loiré, Chazé-sur-Argos, l’intégralité de Candé et Angrie, le nord de Val-d’Erdre-Auxence, le sud d’Erdre-en-Anjou, une grande partie de Bécon-les-Granits et de Saint-Clément-de-la-Place et le sud de Longuenée-en-Anjou.
Breizh Ressources s’est orientée sur cette zone en raison notamment des relevés effectués au début des années 1980 par le BRGM (bureau de recherches géologiques et minières). Dans son dossier de demande de permis (de 216 pages), la société souligne que « bien que certaines zones aient fait l’objet de travaux d’exploration dans les années 80 […], ils ont été réalisés à l’aide d’une technologie aujourd’hui considérée comme obsolète et n’ont concerné que des zones très limitées. Aurania ne cible pas seulement les indices miniers connus mais compte découvrir une ou plusieurs nouvelles cibles minéralisées. »
Qui donnera l’autorisation ou non ?
C’est au ministère de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique que revient la décision d’octroyer ou non un permis exclusif de recherches. Pour ce faire, celui-ci s’appuie sur le rapport établi par le préfet, lequel a, au préalable, sollicité l’avis (consultatif) des communes voire des communautés de communes. Le ministère prend aussi en compte une consultation du public par voie électronique.
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Récemment, la préfecture du Morbihan, département dans lequel Breizh Ressources mène un autre projet, a rappelé que « ce PER est une première étape qui donne uniquement au titulaire l’exclusivité de la recherche de ressources […]. À l’issue du PER, qui peut-être renouvelé, si les recherches étaient concluantes et que le titulaire souhaitait à l’avenir exploiter les sous-sols étudiés, d’autres procédures intégrant des phases de consultations du public et la prise en compte des enjeux environnementaux seront à réaliser. » Et ce afin d’obtenir un permis d’exploiter.
Quel avis ont donné les élus d’Anjou Bleu communauté ?
Si le président d’Anjou Bleu communauté, Gilles Grimaud, a affiché un intérêt certain en présentant succinctement le projet, mardi soir, il n’en a pas été de même d’une partie des conseillers. À commencer par Anne Danjou qui, outre le fait de s’inquiéter que la société Aurania Ressources soit « immatriculée au registre du commerce et des sociétés des Bermudes », s’est interrogée sur les conséquences des éventuels travaux de recherche. Elle a par ailleurs déploré que, selon elle, « la notice d’impact ne prend même pas en considération l’aire d’alimentation du captage d’eau potable de Vritz située sur Angrie et Candé, et en grande partie classée vulnérable. Je voudrais qu’il y ait des garde-fous et que ce soit plus clair », confiait-elle.
D’autres élus ont manifesté leur réticence, non pas sur le projet, mais sur la nécessité de rendre un avis dans un délai d’un mois après sollicitation du préfet (le 24 avril). « Un dossier comme ça mérite un travail préalable avant de prendre une décision, a ainsi souligné Dominique Lardeux. C’est pour cela que je m’abstiendrai. »
L’adjoint à l’environnement à Segré-en-Anjou Bleu n’a pas eu à le faire puisque Gilles Grimaud a pris la décision de « demander au préfet de repousser (notre) décision au mois de juin. En attendant, je vais confier le dossier à la commission adéquate qui va le décortiquer. »
Les différentes communes concernées donneront aussi leur avis lors de leur prochain conseil municipal.