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Willy Bernard, le président du Sco, jugé vendredi... |
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Willy Bernard, le président d'Angers Sco, jugé vendredi : « Je vais enfin pouvoir m'expliquer devant les juges mais aussi devant le public. » © Archives Franck Dubray
Le président du club de foot comparaîtra vendredi après-midi devant le tribunal correctionnel d'Angers. Il est notamment soupçonné d'abus de bien sociaux.
Les infractions reprochées à Willy Bernard. Une véritable pluie de chefs d'accusation contre le président d'Angers Sco, par ailleurs PDG de la société NextGeneration : avoir prélevé 264 727 € dans les comptes d'Angers Sco ; avoir fait assumer au Sco des dépenses à hauteur de 67 492 € pour sa société NextGeneration ; avoir souscrit un bail commercial au nom du Sco (et payé par le Sco) pour un local sous-loué à NextGeneration pour un montant de 144 000 € (qu'il a remboursés) ; avoir souscrit un emprunt dit obligataire de 290 000 € au nom du Sco et au profit de la société NextGeneration, à partir d'une délibération faussement datée ; avoir souscrit une convention avec Sport Event pour 444 000 €, afin de masquer des prélèvements personnels ; avoir signé un procès-verbal de conseil d'administration fixant une rémunération personnelle de 49 000 € à son profit ; avoir faussé des faux procès-verbaux du conseil d'administration.
Sur le banc des parties civiles, il y aura du monde. Trois collectivités, la ville d'Angers, la Région et le Département, ont décidé de se constituer partie civile. Et demandent 1 € symbolique. Tout comme la Ligue de football professionnel. La SASP Angers SCO (Société anonyme de sports professionnels), via son administrateur provisoire, demandera aussi des comptes à Willy Bernard.
« Je nie tout ». Ce procès, manifestement, Willy Bernard l'attend. « J'ai vécu deux mois difficiles. C'est une grande satisfaction d'arriver au 8 avril, dit-il. Je vais enfin pouvoir m'expliquer devant les juges mais aussi devant le public. Montrer que tout cela est incroyablement faux. » Est-il confiant ? « Là n'est pas la question. Je n'ai rien fait de pénalement répréhensible. Je nie tout. »
Il souffle et attaque : « L'enquête a été à charge. Toutes les pièces qui me disculpaient ne m'ont pas été demandées. On les produira vendredi au tribunal. » Et le président d'Angers Sco de marteler : « J'ai contribué à l'enrichissement du club. J'en ai fait un club attractif. La preuve, notre qualification en demi-finale face au PSG. »
Une autre affaire l'attend. Il est convoqué le 21 novembre devant le tribunal du Mans, pour fraudes fiscales. Il aurait omis de déclarer une plus-value de 748 000 €, correspondant à la vente de son ancienne société AB Fenêtres. « Je n'ai pas envie de discuter de ça. Cela n'a rien à voir. Ce sont deux affaires complètement différentes. En temps voulu, je me défendrai car j'ai aussi beaucoup de choses à dire là-dessus. »