|
Une descente dans les veines bleues de l’Anjou... |
2
Au musée de l’ardoise de Trélazé, un ancien mineur ardoisier exécute les gestes ancestraux devant le public lors des démonstrations proposées l’après-midi. © CO-Bruno JEOFFROY
L’ardoise fine, celle sublimée par le poète Joachim du Bellay, celle qui coiffe avec aisance châteaux, monuments historiques et belles demeures, provenait du sous-sol de notre département. Des passionnés font encore vivre ce patrimoine.
À la Mine bleue, pour remonter dans le temps, on vous invite à descendre dans les profondeurs de la Terre. Avant, et même si nous sommes en plein été, gardez à portée de main une petite laine. Sous terre, la température ambiante est constante et de l’ordre de 13 degrés. Autre conseil, munissez-vous de bonnes chaussures, il va falloir marcher et emprunter un escalier.
Au cœur de la Gâtelière, vous allez découvrir, à 126 mètres en dessous du sol, l’univers quotidien des mineurs de fond, en empruntant des galeries débouchant sur des chambres d’extraction, d’immenses cavités telles les voûtes des cathédrales, creusées au fur et à mesure de l’exploitation. Vous êtes dans un site unique en Europe, pas dans du carton-pâte version parcs d’attractions. Non. Ici tout est vrai, sauf quelques mannequins installés dans des saynètes, présents afin de montrer le gigantisme de ces lieux, un univers où l’ouvrier était vraiment petit. La mine est telle qu’elle était à la fin de l’extraction en 1936. Vous voilà ceint d’un casque, direction le puits d’ascenseur. C’est parti pour 1 h 30 dans les entrailles bleues. Un nouveau petit train minier d’une soixantaine de places est installé pour cet été 2023. Une nouvelle aire de pique-nique a aussi été conçue dans une zone arborée.
Au cours de cette visite -guidée- vous approcherez l’origine de l’ardoise et plus largement ce qui faisait le quotidien des ardoisiers qui, sans dénaturer l’histoire, peuvent être divisés en deux grandes parties : ceux du jour et ceux du fond. Sous terre, les mineurs extrayaient des blocs de plusieurs tonnes que les fendeurs, à l’air libre, débitaient pour en faire des ardoises de couvertures très fines et calibrées. Là encore, lors de cette visite, vous découvrirez un vocabulaire spécifique : débiter un bloc et le querner, fendre et rondir une ardoise.
Précision importante : si vous ne pouvez pas descendre sous terre, une immersion virtuelle dans ces galeries vous sera proposée (11 € par personne et sur réservation).
La Mine bleue à Noyant-la-Gravoyère. Ouverture de 9 h 45 à 18 h 30 (dernier accès minier à 16 h 45). Tarifs pleins : 16 € (adulte), 14 € (12 à 17 ans), 12 € (4 à 11 ans). Réservation conseillée au 02 41 94 39 69 ou sur le site internet : https://www.laminebleue.com/

À la Mine bleue à Noyant-la-Gravoyère, le visiteur se promènera dans des galeries sous terre, lieu véritable d’extraction de l’ardoise. CO-Laurent COMBET
À Trélazé, entre chevalements, buttes et musée
Le paysage naturel de Trélazé, aux portes d’Angers, pourrait être très plat puisque situé dans la vallée de la Loire. Mais il a été façonné de buttes, résultat de décennies de taille de l’ardoise. Ce qui est aujourd’hui une friche industrielle n’est pas loin dans les mémoires.
L’exploitation de l’ardoise française de couverture a cessé à Trélazé en 2014. L’exploitant, à l’époque, soulignait un coût trop important pour extraire des blocs de qualité qui se trouvaient alors à plus de 400 mètres de profondeur. Cette industrie ancestrale, des ouvriers la connaissent encore. Ils ont travaillé dans ces mines. Certains d’entre eux sont les bénévoles du musée de l’Ardoise de la cité, lieu culturel et mémoriel de ce passé local qui a aussi créé un melting-pot de populations.
Le musée de l’Ardoise de Trélazé est situé sur un ancien site de production ardoisier, composé de trois vieux fonds (des anciens puits à ciel ouvert), de buttes, de la maison de l’Union où se situent des salles d’exposition (d’autres salles d’expo juste à côté, dans l’ancienne manufacture d’allumettes) et la boutique, d’une arène de démonstration de fente d’ardoise (à 16 heures) et des vestiges d’un moulin cavier qui servait à pomper l’eau pour que la mine reste exploitable. Cet équipement, unique en France, a connu une première phase de restauration de 2014 à 2019. Le musée, avec l’aide de la Fondation du patrimoine, a pour objectif de reconstruire le moulin en entier, jusqu’à sa hucherolle et ses ailes.
32, chemin de la Maraîchère, à Trélazé. Fermé le lundi. Du mardi au vendredi, de 9 h à 12 h et de 14 h 30 à 18 h 30. Samedi, dimanche et férié, de 14 h 30 à 18 h 30. Démonstrations à 16 heures. Tarifs pleins : 8 € et 5 € (6 à 16 ans).
Tél. 02 41 69 04 71. https://www.lemuseedelardoise.fr/