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Trélazé. « Regarder le monde en face, sans détour »... |
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Les étudiants de l’ASTA en répétition à l’Avant-Scène. © CO
Entretien
Avec les étudiants de troisième année théâtre, l’Académie supérieure de théâtre d’Angers sera au Théâtre de l’Avant-Scène les 19, 20 et 21 février à 20 h avec « L’Enfant rêve », d’après l’œuvre d’Hanokh Levin. Rencontre avec Soliane Moisset, metteure en scène.
Pourquoi avoir choisi « L’Enfant rêve » ?
Soliane Moisset : « Au départ, ce n’était pas le choix le plus évident. Nous avions huit pièces possibles, puis deux finalistes. « L’Enfant rêve » nous semblait presque trop difficile : sombre, exigeante, immense. Et puis l’actualité s’est imposée. Gaza, l’Ukraine, les images d’enfants fuyant la guerre… La résonance était trop forte. Monter cette pièce est presque devenu un devoir artistique. »
Qu’est-ce qui vous touche dans ce texte ?
« C’est une œuvre d’une puissance rare. Hanokh Levin parle de la guerre sans jamais nommer un pays. C’est universel. Il montre l’horreur à hauteur d’enfant, avec une simplicité bouleversante. Et pourtant, il y a de l’humour, de la tendresse. Dès que la tension devient insupportable, il glisse une scène absurde, un rire, un geste tendre. C’est un moyen de survivre. Cette oscillation entre cauchemar et douceur est au cœur de la pièce. Elle dit quelque chose de profondément humain : même dans la nuit, on cherche la lumière. »
Comment avez-vous travaillé avec les élèves ?
« Ils ont accompli un travail incroyable. Je leur ai demandé de jouer sur la frontière entre rêve et réalité : une chambre d’enfant qui devient un pays en guerre, un voyage où l’on traverse un « océan de migrants ». Ils ont dû trouver la justesse, l’innocence, la peur, mais aussi l’humour. Leur engagement a été total. Ils ont compris que Levin ne raconte pas seulement une histoire : il nous tend un miroir. Et ils ont su y mettre leur sensibilité, leur énergie, leur propre regard sur le monde. »
Qu’espérez-vous que le public retienne ?
« Que derrière chaque conflit, il y a des enfants qui rêvent encore. Que même dans l’horreur, il reste de la poésie, du rire, de la tendresse. Et que le théâtre peut nous obliger à regarder le monde en face, sans détour, mais avec humanité. »
Participation libre, rue du Profac – Réservation : 02 41 18 17 04 ou asta.reservation@gmail.com