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Trélazé. Angélina « veut que sa voix compte »... |
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Dominique et sa fille Angélina. © CO
Entretien
Dominique Beaupère, maman d’Angélina, atteinte de trisomie 21, évoque les souhaits de sa fille, qui a souhaité rencontrer le maire pour lui présenter ses idées.
Pouvez-vous nous présenter votre fille ?
Dominique Beaupère : « Elle va se présenter seule ; je vais la guider simplement… Angélina a 16 ans. Elle est porteuse de trisomie 21 et d’un handicap moteur depuis 2018. Le fauteuil roulant est devenu son compagnon de route, et notre maison à Trélazé a dû être adaptée pour qu’elle puisse vivre dignement. Mais derrière ce fauteuil, il y a une adolescente pleine de vie, passionnée par la nature et avide de rencontres ».
Son parcours médical a été très lourd ?
« Oui. En Guadeloupe, l’opération dont elle avait besoin n’était pas possible. Nous avons quitté notre île en 2017 pour l’Anjou. Après une neurochirurgie très lourde, Angélina a passé un an à l’hôpital. Ce fut une épreuve terrible, mais aussi une renaissance. Trouver un logement adapté a été une bataille, avec des déménagements successifs, jusqu’à ce que nous soyons enfin installées à Trélazé, avec ses sœurs, dont sa jumelle et ma maman. Proches du CHU et de l’IME que ma fille fréquente chaque matin, nous avons retrouvé un peu de sérénité ».
Comment vit-elle aujourd’hui ?
« Elle aime la ville. Lors de ses promenades en fauteuil électrique, elle observe tout. Elle voit les déchets, les mégots, les trottoirs encombrés. Elle s’indigne :  Les gens salissent notre commune, il faut faire quelque chose.Â
Sa sensibilité écologique est incroyable. Elle veut protéger  notre mère la TerreÂ
. »
Elle a rencontré le maire ?
« Oui, elle tenait à lui parler directement. Elle lui a présenté ses idées : améliorer la propreté, penser aux passages pour fauteuils, réfléchir à l’éclairage et aux véhicules de la ville. J’étais bouleversée par la force de ses questions. Elle ne se contente pas de subir son handicap, elle veut agir pour les autres ».
Quelles actions imagine-t-elle ?
« Elle rêve de montrer l’exemple. Avec son fauteuil, un baudrier et une pince, elle pourrait mener l’action, en lien avec la ville, de ramasser les déchets pour sensibiliser les habitants. Elle répète souvent :  Si moi je peux le faire, tout le monde peut le faireÂ
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Que retenez-vous de son engagement ?
« Je suis fière. J’ai dû mettre en parenthèse mon métier d’infirmière, mais voir ma fille devenir une lanceuse d’alerte citoyenne me donne une immense force. Elle a beaucoup d’idées et une énergie qui dépasse les obstacles. Angélina veut que sa voix compte, et je crois qu’elle y parvient déjà . Juste pour l’anecdote : après notre rencontre avec l’édile, l’ascenseur est tombé en panne : il a fallu que des bras solides viennent porter Angélina pour la descendre ainsi que son fauteuil ».