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Tourisme. Les Mauges dans la roue de la Loire... |
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Situées au nord des Mauges, les bords de Loire offrent des paysages magnifiques. © Dominique Drouet
AU FIL DE L’EAU 1/5. De La Varenne à Montjean-sur-Loire, la Loire s’étire sur une cinquantaine de kilomètres au nord des Mauges. Un patrimoine naturel de plus en plus prisé, qui contribue au développement touristique du territoire.
On la voit clairement ceindre le territoire, là -bas, tout en haut de la carte affichée dans le bureau de Karin Legendre. Chez nous, de Montjean à la Varenne, la Loire s’étend sur une cinquantaine de kilomètres
, précise la directrice d’Ôsez Mauges, structure dédiée à la promotion du tourisme sur ce territoire. Elle a eu maintes fois l’occasion de la contempler depuis ses débuts au point d’accueil de Champtoceaux, il y a près de 20 ans. Elle a surtout été une spectatrice privilégiée du formidable boom touristique engendré par le fleuve au cours des dernières années. La Loire est clairement une locomotive touristique
, explique la spécialiste, qui chapeaute désormais trois points d’accueil installés à proximité (auxquels il faut ajouter un point relais à Camifolia, à Chemillé). Ils sont ouverts d’avril à octobre.
Rien que l’an passé, près de 19 000 demandes de visiteurs y ont été enregistrées. En 2018 on était à 14 000 environ.

Beaupréau, jeudi 22 juin 2023. Karine Legendre est la directrice d’Osez Mauges. CO – Fabienne SUPIOT
Le boom du cyclotourisme
Le Covid a clairement joué un rôle d’accélérateur avec une clientèle de proximité qui a envie de redécouvrir ce qui existe près de chez elle. Beaucoup de locaux viennent nous demander des plans, ou des cartes pour faire une randonnée, découvrir du petit patrimoine…
. Mais c’est surtout le développement du concept de la Loire à vélo dont on voit l’effet ici. On accueille énormément de cyclotouristes. Des Français mais aussi beaucoup d’Allemands, de Néerlandais, d’Anglais. Et même des Canadiens, des Australiens, précise Karine Legendre. C’est simple, depuis 2016, la fréquentation de l’itinéraire a été multipliée par deux.
Comment affirmer un tel chiffre ? Grâce à un capteur installé dans le sol, à Saint-Florent-le-Viel. En 2019, il a comptabilisé 36 735 passages de roues. En 2022 on était à 45 000.
Des touristes qui consultent les agents d’Ôsez Mauges pour en savoir plus sur les équipements, les services, et les sites qui valent le détour sur cette étape du parcours. Et le service est maintenant rodé.

En 2022, 45 000 passages de roues de vélos ont été comptabilisés au niveau de Saint-Florent-le-Vieil. archives CO - Josselin CLAIR
Des lieux d’hébergements dans le sillage
Quand le concept a démarré, en 2005, le circuit était loin d’être aussi bien aménagé. Puis des itinéraires ont commencé à être balisés
, se souvient Karine Legendre. Les lieux d’hébergement se sont développés, et adaptés, en proposant des services propres aux besoins des cyclistes : local sécurisé pour les vélos, atelier de réparation, laverie,…. Un label spécifique a été créé. Ces touristes sont la plupart du temps à la recherche de campings, pour rester proches de l’esprit nature de leur voyage. On a ainsi vu s’étendre l’offre, avec des cabanes, et des tentes déjà montées.
La Promenade à Montjean, Eco Loire à Saint-Florent, ou encore Les Babins à Bouzillé, font ainsi régulièrement le plein de même que les chambres d’hôtes qui ont fleuri à proximité des berges. À titre d’exemple, l’Auberge de la Loire, située sur les quais, fait 25 % de son chiffre d’affaires grâce à la Loire à vélo.

Le Camping Ecoloire, à Saint-Florent-le-Vieil, répond à la demande des cyclotouristes avec des tentes prémontées. Dominique DROUET
Les belles heures des guinguettes
S’il faut loger les touristes, il est également nécessaire de les nourrir. De quoi faire les belles heures d’épiceries comme à Saint-Florent-le-Vieil. De nombreux producteurs locaux en bénéficient aussi, avec des voyageurs en recherche d’authenticité
Cette dynamique s’exprime également par la multiplication des guinguettes sur le parcours de la Loire à vélo. Fish & Sheep à Saint-Florent-le-Vieil, La Drain’Guette au Marillais, Les Folies d’Orée à Champtoceaux, viennent compléter l’offre de restauration proposée tout au long de l’année dans ces communes. Là encore, ils ont envie de pouvoir se poser les pieds dans l’herbe, sans chichi.
Une porte ouverte sur des sites culturels
À cet impact économique non négligeable s’ajoute une porte ouverte sur les atouts patrimoniaux du territoire. Sur le chemin, ils pourront passer la porte de la Maison Julien-Gracq, s’aventurer dans les ruines de la citadelle de Champtoceaux, découvrir le musée Du-Bellay à Liré ou s’arrêter devant des sculptures installées sur les quais de Montjean dans le cadre du Symposium. Dans cette commune, ils peuvent aussi visiter le musée Cap Loire, qui présente la culture ligérienne et le patrimoine fluvial
, précise encore Karine Legendre.

A Champtoceaux les restes de la citadelle, comme l’emblématique site du Cul du moulin (ici sur la photo) sont incontournables. archives CO - Laurent COMBET
Un tourisme météosensible
Adossé aux richesses naturelles du territoire, le tourisme lié à la Loire à un revers : Nous sommes soumis aux aléas du climat, reconnaît Karine Legendre
. Pluies, incendies, cyanobactérie, sécheresse, peuvent venir compromettre une saison. Et venir bouleverser la belle dynamique irriguée par le fleuve au cours des dernières années.
 Un patrimoine naturel reconnu
Inscrite au patrimoine mondial par l’Unesco au titre de ses paysages culturels vivants
, la Loire attire aussi des cyclistes mus par l’envie de découvrir sa biodiversité. Des loueurs de kayak, ou d’embarcation, invitent à l’explorer sous un autre angle, de même que des navires spécialisés dans des petites croisières. Et Il y a de quoi se régaler, en témoigne la procédure de classement du Verrou du Val-de-Loire (Orée-d’Anjou) et du promontoire du Mont-Glonne. Il vise à faire reconnaître la valeur patrimoniale remarquable de ces portions du fleuve, à l’échelle nationale. Et à les préserver.

Les touristes peuvent louer des kayaks pour s’offrir une balade sur la Loire. Dominique Drouet