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Sur les voies SNCF entre Nantes et Ancenis, fausses alertes mais vrai risque de chutes de pierres... |
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Tout au long des voies ferrées entre Mauves-sur-Loire et Le Cellier, en Loire-Atlantique, des filets empêchent les chutes de pierres sur les rails. En cas de détachement d’un rocher, tous les feux passent au rouge et les trains sont contraints de s’arrêter. © Ouest-France
Quels sont ces détecteurs de chute de pierres présents le long des voies SNCF, entre Nantes et Ancenis (Loire-Atlantique) ? Jeudi 9 octobre, l’un d’eux s’est déclenché. Le trafic des trains a été interrompu plusieurs heures. Explications.
Difficile de se croire à la montagne lorsque l’on traverse en train les très plats Pays de la Loire. Pourtant, il existe un secteur dans la région où la SNCF doit faire face aux mêmes contraintes que dans les Pyrénées ou les Alpes : c’est entre Nantes et Ancenis (Loire-Atlantique). Plus précisément entre Mauves-sur-Loire et Le Cellier. Là, la voie ferrée reliant Nantes à Angers est, depuis sa construction au XIXe siècle, prise en étau entre la Loire et un massif rocheux. Pour venir à bout de ce relief, plusieurs tunnels ont dû être creusés. À certains endroits, les trains sont véritablement à flanc de falaise.
Des filets avec détecteurs
Des falaises qui, « comme toute paroi rocheuse, peuvent présenter des risques », précise SNCF Réseau. À tout moment, des blocs de pierres pourraient se détacher et chuter sur les rails, ou sur un train en marche. Pour éviter tout incident, la filiale SNCF a équipé « de filets avec détecteurs » différents morceaux de falaise, le long des rails entre Le Cellier et Mauves-sur-Loire. En cas de chute de rocher, le filet bouge et le détecteur envoie un signal qui, directement, sans intervention humaine, fait passer au rouge tous les feux de signalisation de la voie ferrée. Obligation pour tous les trains de s’arrêter jusqu’à nouvel ordre.
C’est ce qu’il s’est produit ce jeudi 9 octobre 2025. Peu avant 17 h 30, les services régionaux de la SNCF ont fait savoir qu’un « détecteur de chute de pierres » s’était « déclenché au niveau du Cellier ». Même chose il y a quatre mois, le 11 juin. À chaque fois, les perturbations ont duré plusieurs heures. C’est qu’une procédure bien rodée s’était enclenchée une fois l’alerte donnée. Jeudi soir, un premier train sur zone est passé « à vitesse très faible, pour observer s’il y avait des pierres sur les voies », indique SNCF Réseau. Par la suite, des équipes de maintenance se sont rendues sur les lieux, pour effectuer une nouvelle levée de doute. Puis il a fallu relancer le trafic des trains sur un tronçon qui, même en temps normal, à l’heure de pointe, est saturé.
Une technologie « fiable »
Fausse alerte ce jeudi 9 octobre. Idem le 11 juin dernier. Mais SNCF Réseau l’assure : « Les filets avec capteurs sont fiables. » La technologie est également utilisée dans les régions montagneuses, où elle a fait ses preuves.
En parallèle, « d’autres mesures de précaution sont prises » entre Le Cellier et Mauves-sur-Loire, comme le « retrait des végétations et rochers qui pourraient être amenés à tomber sur les voies ou les caténaires » , ou encore « la maintenance des filets, ré-ancrés régulièrement sur les rochers ». Ces interventions – la dernière sur le secteur remonte à l’automne 2024 – sont menées de nuit, lorsque la circulation des trains est interrompue, par des cordistes suspendus au-dessus des voies. Comme au beau milieu des Alpes ou des Pyrénées. Sauf que là, ça se passe sur les bords de Loire.