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Sur les traces du peintre romantique William Turner, cette artiste publiera un ouvrage sur les peintres et la Loire... |
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Dans son prochain ouvrage sur les peintres et la Loire, Christine Tribot La Spière, artiste peintre, évoque le passage de William Turner sur la Loire en 1826. © Ouest-France
Missionné par des éditeurs anglais pour illustrer les premiers catalogues touristiques, le peintre William Turner, un des plus grands maîtres de paysages à l’aquarelle, naviguait sur la Loire en 1826. Presque 200 ans plus tard, Christine Tribot La Spière, artiste peintre, décrypte les vues du peintre des lumières, au Cellier, Oudon et Ancenis-Saint-Géréon.
Depuis le château de la Colinière à Champtoceaux, Orée-d’Anjou, où elle vit depuis treize ans, Christine Tribot La Spière, peintre professionnelle, conférencière et ancienne copiste du Louvre, observe la Loire tout en préparant son deuxième ouvrage sur les peintres et le fleuve.
Il célèbrera le bicentenaire du passage de William Turner sur le fleuve : Je m’intéresserai en particulier aux vues d’Ancenis, Saint-Florent-le-Vieil et Montjean-sur-Loire.
Parmi de nombreux peintres, quelques aquarelles de William Turner y figureront. Artiste itinérant, il s’intéresse à tout ce qui est pittoresque et littéralement digne d’être peint
, raconte la passionnée de peinture. Alors âgé de 51 ans, l’artiste remplira 52 pages de minuscules carnets de croquis, entre Nantes et Angers, depuis un bateau à vapeur.  Tous les détails y figurent ! Ce n’est que de retour dans son atelier qu’il peindra d’après ses croquis.
La précision est presque topographique et il semble difficile de croire qu’il avait une très mauvaise vue. »
Y a-t-il eu une tourelle aux Folies Siffait ?
Deux cents ans plus tard, celui qui, selon les critiques d’art, fut le précurseur de l’impressionnisme, laisse des vues inédites du pays d’Ancenis.
Après Nantes et Mauves-sur-Loire, le peintre a abordé, en octobre 1826, Le Cellier et le site des Folies Siffait. La tourelle qui apparaît sur le croquis de l’artiste a-t-elle existé ? Si aucune trace archéologique ne le laisse présager, Christine Tribot la Spière peine à imaginer que William Turner l’ait inventée. Il y a eu tellement de transformations avec la création de la ligne de chemin de fer
 », détaille-t-elle.
Fasciné par la lumière, le peintre qui savait magnifier le paysage en construisant ses tableaux avec une perspective augmentée, tout en mettant en avant les tourments du climat
continue alors sa navigation vers Oudon. Pas de ciel d’orage pour autant… La météo d’octobre 1826 semble plus linéaire ! Le point de vue n’existe plus aujourd’hui, puisque William Turner passe devant Oudon avant la construction de la ligne de chemin de fer en 1851. On avait donc comme un immense point d’eau devant la tour
, détaille Christine Tribot la Spière.
Enfin, la vue d’Ancenis, dont l’exposition semi-permanente du château de la ville propose une reproduction numérique, offre aussi un point de vue méconnaissable. Le rempart est totalement dégagé ! Ses ombres portées permettent de deviner qu’il a sûrement dessiné Ancenis en fin de matinée. William Turner fait partie de ces artistes qui savent nous faire apprécier le paysage !