|
Sortie à Angers : 4 bonnes raisons de venir découvrir l’exposition Rotulus... |
2
De la gauche vers la droite, Paul-Henri Lécuyer, chef du service des publics ; Pascale Verdier, directrice des Archives départementales de Maine-et-Loire; Françoise Damas, vice-présidente du conseil départemental; et Guénaëlle Barbot, responsable de l’action culturelle et des expositions. © Ouest-France
Les archives départementales du Maine-et-Loire exposent cet été, du 10 juillet au 27 septembre 2023, les gigantesques cartulaires rouleaux datant du Moyen-Âge. L’occasion de découvrir ce patrimoine médiéval en famille.
Au Moyen Âge, jusqu’au XIIe siècle, le monopole de l’écrit est détenu par l’Église et plus particulièrement par les moines. Aujourd’hui, 160 cartulaires rouleaux sont recensés au niveau national et douze d’entre eux sont conservés, ici, aux Archives départementales du Maine-et-Loire, à Angers. « Il est d’ailleurs avéré qu’une peau de parchemin de plus d’un mètre de hauteur, partie manquante d’un cartulaire rouleau du XIIe siècle, était détenue par un particulier depuis plusieurs années », précise Pascale Verdier, directrice des Archives départementales de Maine-et-Loire. Le manuscrit perdu a été restitué et est présenté dans le cadre de l’exposition Rotulus, un patrimoine médiéval à dérouler. Voici les quatre bonnes raisons de venir l’admirer.
1- L’ancienneté des rouleaux
« À partir du Ve siècle, les moines ont commencé à écrire des parchemins. Avant, il y avait le papyrus. Ils auront le monopole de l’écrit jusqu’au XIIe siècle », témoigne Guénaëlle Barbot, responsable de l’action culturelle et des expositions. Aujourd’hui, certains rouleaux ont presque mille ans.
2- Les dimensions exceptionnelles
Le rotulus est un assemblage de plusieurs peaux cousues ou collées les unes aux autres et enroulées. Certains mesurent une vingtaine de centimètres et d’autres, s’étendent sur plusieurs mètres. Beaucoup de rouleaux sont construits autour d’un axe en bois qui s’appelle l’ombilic. Ils pouvaient donc être transportés et manipulés facilement. « Pour ce qui est du rangement, les rouleaux étaient principalement stockés dans des coffres ou dans des sacs. Ils étaient donc souvent écrasés », explique Guénaëlle Barbot. Dans des cas plus rares, « les rotulus pouvaient être suspendus grâce à des anneaux qui étaient fixés sur l’ombilic. Ils n’étaient donc pas écrasés dans des coffres et donc mieux conservés », ajoute-t-elle.

L’exposition est à découvrir aux Archives départementales de Maine-et-Loire jusqu’au 27 septembre 2023. Ouest-France
3- Le support d’écriture
Le support d’écriture le plus répandu à l’époque est le parchemin. Ce parchemin est réalisé avec de la peau animale. « Pour les plus petits rotulus, c’est la peau de mouton et la peau de chèvre qui est la plus utilisée. En revanche, pour les plus grands, la peau de bovin était plus appréciée », précise Paul-Henri Lécuyer, chef du service des publics. Les parchemins sont donc plus robustes. Ils peuvent être pliés ou confrontés à l’humidité sans trop s’abîmer. « Les moines étaient donc capables d’écrire des deux côtés de la peau », ajoute Pascale Verdier, directrice des Archives départementales de Maine-et-Loire.
C’est le latin, écrit sur les peaux, qui constitue le rotulus. La paléographie (études des écritures anciennes) permet donc de comprendre à quel usage était dédié le rouleau.
4- Les différents types d’usages
Le rotulus sert à des usages bien précis. Ils consignent des chartes, des listes de biens et de revenus fonciers, des comptes, des enquêtes judiciaires ou encore, des poésies. « D’autres sont figurés avec des généalogies ou encore avec des dessins et des cartes », précise Guénaëlle Barbot.
Infos pratiques : Ouvert au public de 9 h à 18 h, du lundi au vendredi. Entrée gratuite.